Wood Wide Web : Quand le film Avatar s'inspire de la réalité


Ceux qui parmi vous ont vu le film Avatar ont sans doute étés fascinés par le réseau intelligent et complexe de communication développé par les végétaux sur la planète « imaginaire » Pandora. Eh bien sachez que de plus en plus de découvertes tendent à démontrer que cette fiction ressemble etonament à la réalité !

Il a déjà été démontré que les végétaux sont en interaction les uns avec les autres et communiquent, et ce de différentes manières. Les plantes sont par exemple capables de communiquer entre elles par leurs racines, ainsi que par des récepteurs sensibles aux composés organiques volatiles émis par d’autres plantes.

Les végétaux sont aussi capables de reconnaître les longueurs d’ondes renvoyées par d’autres plantes qui les côtoient, et ainsi recueillir des informations sur leur environnement à l’aide de récepteurs de lumière assez perfectionnés.

En 1966, Cleve Backster, qui n’était pas botaniste, mais possesseur d’un doctorat en médecine, fit des recherches très controversées concernant les perceptions et sensations chez les végétaux. Il est allé jusqu’à affirmer qu’il détenait des preuves scientifiques du fait que ces derniers éprouvent une vaste gamme d’émotions et de pensées, bien que dépourvus de système nerveux et d’organes sensoriels.

Mais bien que Charles Darwin pensait en son temps que les plantes étaient en compétition pour leur survie, de plus en plus d’études scientifiques permettent de constater qu’une entraide communautaire existe, comme par exemple en cas d’attaque par des herbivores, ou certains végétaux envoient des signaux chimiques qui, une fois captés par leurs voisins, les aident à mettre en place des stratégies de défense.

La nouvelle découverte dont il est question ici, nous révèle une nouvelle facette de cette entraide communautaire des plantes, puisqu’elle avance que celles-ci sont aussi adeptes du partage !

Le Veilleur

Les arbres partagent en sous-sol leurs ressources alimentaires

Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, s’avertir mutuellement de danger en envoyant des signaux électriques à travers un réseau fongique connu sous le nom « Wood Wide Web » et, pour des raisons inconnues, gardent les anciennes souches de compagnons abattus, vivantes pendant des siècles en les nourrissant d’une solution de sucre par leurs racines.

Grâce à un réseau de minuscules poils absorbants et de partenaires (symbiose) fongiques filiformes appelés mycélium, les arbres dans une forêt sont connectés, en échangeant des nutriments et de l’information. Les biologistes le savent depuis des années et une nouvelle recherche suggère également qu’une fraction significative de l’approvisionnement alimentaire d’un arbre peut provenir d’autres arbres.

Tamir Klein et ses collègues de l’université de Bâle, en Suisse, ont fait cette découverte presque par accident. Ils ont mené des expériences dans une forêt Suisse pour savoir comment les épicéas se comporteraient avec des concentrations plus élevées de CO2 dans l’atmosphère. Pour ce faire, ils ont pulvérisé du CO2 avec un mélange très spécifique d’isotopes du carbone dans la canopée de la forêt, leur permettant de suivre son devenir sur une période de 5 ans.

Comme prévu, une partie du carbone supplémentaire a été collecté par les épicéas via la photosynthèse. Mais environ 40 % de celui-ci s’est retrouvé dans les racines d’arbres voisins : des hêtres, des mélèzes et des pins.

Les implications de cette découverte sont énormes. On sait que les plantes poussent à partir de l’air, d’un mélange de dioxyde de carbone, de la lumière du soleil et d’eau. Mais, les arbres produisent également leur propre carbone qu’ils partagent avec leurs voisins. Les chercheurs ont calculé que, dans un seul hectare de forêt, quelque 280 kilogrammes de carbone, 4% de celui absorbé par la forêt, est transmis à travers le sol chaque année.

Pour l’instant, l’étude ne porte que sur une forêt, dans une partie du monde. Mais maintenant que des preuves de ce processus ont été révélées, d’autres écologistes sont susceptibles de vouloir approfondir le sujet.

Source gurumed - L’étude publiée dans Science : Belowground carbon trade among tall trees in a temperate forest.



Commentaires 3

avatar de Golden Awaken
  • Par Golden Awaken | site 0 0
  • Salut Le Veilleur, il est vrai que ce film est remarquable en tous points. En ce qui concerne Darwin, je préfère m'abstenir tant ce courant de pensée m'indispose. Faisant des recherches sur l'évolution du monde végétal à titre personnel (je ne fait pas une thèse ), je te remercie pour avoir sorti cet article que je vais, de ce pas, partager et certainement reprendre sur le forum. Que ce soient les insectes, les microbes et/ou les champignons, tous contribuent à nourrir les plantes tout en créant une symbiose entre leurs racines et la vie du sol. Donc rien d'étonnant à ce que ce monde communique en son sein. « La notion de sol vivant, synonyme à nos yeux de sol fertile, s’exprime bien là car toutes ces relations servent à la plante, à sa nutrition comme à sa protection. » (Racines et sol : un monde de communications et d'équilibres (Cécile Waligora, Agriculture de Conservation)(Mars-Avril 2010) http://agriculture-de-conservati...
    Mes Amitiés

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 1 0
  • Salut Golden. Hasard ou synchronicité ? En tous les cas je suis heureux d'avoir pu te rendre service, même involontairement. Il est vrai que le sujet abordé ici pourrait nous réserver encore beaucoup de surprises à l'avenir. Merci à toi pour ce lien, je vais l'ajouter à la liste des sources

avatar de PH7
  • Par PH7 2 0
  • Rien à ajouter si ce n'est qu'il y a plusieurs années que je prétends que la terre est un tout et même au niveau de l'univers. Dans quelques années, décénies voire quelques siècles on apprendra que la terre est en communication avec d'autres planètes et galaxies et que ce qui s'y passe influe sur l'univers tout comme des évènements spaciaux influent sur notre terre. C'est comme dans un corps humain, tout est lié et un organe mal en point influe sur d'autres parties du corps apparemment sans rapport.

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Etat de la planète Science »