Votre remplacement par un robot n'est qu'une question de temps...


Expressions du visage, autonomie, mobilité et fluidité des mouvements, intelligence artificielle... Autant de domaines dans lesquels la robotique actuelle montre des avancées spectaculaires. Si il apparaît évident que ces progrès feront dans un futur très proche les bénéfices des forces armées en aidant, voir même en remplacant les soldats, la seconde phase, et qui a déjà commencée, ne laisse aucun doute sur les intentions finales des élites : le remplacement de l'humain par la machine... Le veilleur
 
Marc Andreessen, investisseur de la Silicon Valley, sur ABC News : « le marché du travail va se scinder en deux parties : Les gens qui donnent des ordres aux ordinateurs, et ceux à qui les ordinateurs donnent des ordres »
 
« C'est peut-être difficile à croire, mais avant la fin de ce siècle, 70 % des emplois d'aujourd'hui sera remplacé par l'automatisation. Oui, cher lecteur, même votre travail vous sera enlevé par des machines. En d'autres termes, votre remplacement par un robot n'est qu'une question de temps »
, affirme Kevin Kelly dans un passionnant article pour Wired intitulé : « meilleurs que les humains : pourquoi les robots vont (et doivent) prendre votre job ».
 
Les travailleurs routiniers de l'économie tertiaire (« routine cognitive jobs ») risquent d'être les grands perdants de la transformation. Alors que 60% des emplois américains sont liés au traitement de l'information, que plus d'un million de secrétaires ont été remplacées par des services en ligne entre 2001 et 2010 (calendrier, agences de voyage, etc.), c'est une énorme masse de travailleurs aux niveaux de diplôme intermédiaires qui est menacée par le progrès technologique.
 
C'est le principe du winner takes all, ou comme l'écrit l'auteur de Race Against the machine, Erik Brynjolfsson, le biais de compétence du changement technologique. Si vous êtes super diplômé, vous en profitez. Si vous faites partie des travailleurs de routine de l'économie de la connaissance... Au revoir. Ou alors, si vous restez dans la course, ce sera l'enfer. Exemple dans le Financial Times avec les entrepôts Amazon, où les ordinateurs indiquent non seulement à l'employé où aller chercher les produits à envoyer, mais le parcours optimal à emprunter pour s'y rendre !
 
Ce qui fait dire à l'investisseur de la Silicon Valley Marc Andreessen, sur ABC News, que le marché du travail va se scinder en deux parties :
 
« Les gens qui donnent des ordres aux ordinateurs, et ceux à qui les ordinateurs donnent des ordres. » (source)
Votre remplacement par un robot n'est qu'une question de temps ...

img_baxters_capabilities.jpgCe bouleversement est induit par une deuxième vague dans l'automatisation, estime Kevin Kelly : une vague centrée sur la cognition artificielle, les capteurs bon marché, l'apprentissage automatique et l'intelligence distribuée. Et cette automatisation profonde va toucher tous les emplois, du travail manuel au travail intellectuel.
 
Après avoir remplacé les travailleurs à la chaîne, les robots vont remplacer les travailleurs dans les entrepôts. Ils seront capables de récupérer les colis, les trier et charger les commandes dans les camions. Le ramassage des fruits et légumes continuera à être robotisé, jusqu'à ce qu'aucun être humain n'y participe plus, hormis dans quelques fermes spécialisées.
 
Dans les pharmacies, les robots distribueront les médicaments tandis que les pharmaciens se concentreront sur le conseil au patient. Le nettoyage des bureaux ou des écoles sera pris en charge par des robots nocturnes qui commenceront par faire des choses faciles à faire comme nettoyer les planchers ou les fenêtres avant finalement d'être capables de nettoyer les toilettes. Nos camions et voitures seront demain pilotés par des robots...
 
Alors que les robots ne vont cesser d'être intégrés aux tâches manuelles, ils vont également affecter le travail en col blanc. Narrative Science sait écrire des articles sur le sport à partir de statistiques et de résultats sportifs ou générer des résumés de performance boursière d'une entreprise à partir de textes trouvés sur le web.
 
« Tout travail de paperasserie sera pris en charge par les robots, y compris une grande partie de la médecine. Même les domaines de la médecine qui ne sont pas définis par la paperasserie, comme la chirurgie, seront de plus en plus robotisés. Les tâches de routines de tout travaux à forte intensité d'information pourront être automatisées. (...) La prise de contrôle par les robots sera épique... Et elle a déjà commencé. »
Si nous sommes à un point d'inflexion, estime Kelly, c'est parce que les machines ont acquis de l'intelligence.
 
« Nous avons des idées préconçues sur la façon dont un robot intelligent devrait regarder et agir, et celles-ci peuvent nous faire oublier ce qui se passe déjà autour de nous. Nous pensons que l'intelligence artificielle doit être proche de celle de l'homme. Mais c'est là faire la même erreur que de croire que le vol artificiel devrait ressembler au vol des oiseaux et battre des ailes. Les robots vont penser différemment. Pour comprendre à quel point l'intelligence artificielle a déjà pénétré nos existences, nous devons nous débarrasser de l'idée que celle-ci sera la même que celle des hommes. »
Dans leur livre Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee soutiennent que des histoires similaires se jouent dans de nombreux domaines, y compris dans de plus en plus d'industrie de services tels que la traduction ou la recherche juridique. La plupart des emplois déplacés sont hautement qualifiés et à hauts salaires : les inconvénients de la technologie ne frappent plus seulement les travailleurs manuels, souligne Krugman.
 
« Barry Lynn et Phillip Longman de la New America Foundation soutiennent, de façon convaincante, à mon avis, que l'augmentation de la concentration des entreprises pourrait être un facteur important dans la stagnation de la demande de main-d'oeuvre : les sociétés utilisant leurs monopoles grandissants pour augmenter les prix sans verser de gains proportionnels à leurs employés. Je ne sais pas qui du monopole ou de la technologie explique le plus la dévaluation du travail »
, confesse Krugman, mais il est plus que temps d'y réfléchir vraiment.
 
Par Hubert Guillaud



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