Un drone hacké par « GPS Spoofing » lors d'une démonstration


Le 19 juin, une petite équipe de chercheurs de l'université du Texas a réussi à détourner un drone civil lors d'une démonstration organisée devant des cadres du département américain de la sécurité intérieure. Une performance largement relayée par les médias américains, comme ici par la chaîne conservatrice Fox News (lien), qui ont très vite assuré qu'un tel savoir-faire pouvait facilement être utilisé par des groupes terroristes.
 
Comme l'explique Danger Room, un blog spécialisé sur les questions de défense, le drone, un « Adaptative flight mini hornet » (lien) volait à 60 pieds avec une trajectoire préalablement définie sur son GPS. Puis, à l'aide d'un dispositif qui ne coûte pas plus de 1.000 dollars et un logiciel qu'ils ont mis 4 ans à concevoir, les chercheurs ont envoyé un signal radio depuis une colline située à 1 km de là qui a trompé le GPS de l'appareil. Une technique qu'ils ont nommée le « GPS Spoofing » soit l'usurpation de GPS. Celui-ci a alors cru qu'il s'était élevé dans le ciel trop rapidement et a immédiatement répondu aux nouvelles informations qu'il venait de recevoir en tombant comme une pierre.

L'année dernière rappelle Danger Room, l'armée américaine a perdu un drone au-dessus de l'Iran. Plusieurs hypothèses ont alors circulé sur la possibilité d'une attaque de ce type lancée par Téhéran. De même en septembre 2011, les forces nord-coréennes auraient forcé un drone américain à atterrir (lien).
 
Alors que l'administration fédérale de l'aviation américaine s'apprête à assouplir ses règles sur l'utilisation des drones civils, le débat sur la menace terroriste ressurgit. L'administration a estimé qu'il pourrait y avoir 30.000 de ces objets volants dans les airs d'ici à 2015.
 
Un consultant spécialisé explique à Danger Room : « Le problème est que le système GPS repose sur une architecture des années 70. C'est comme utiliser un ordinateur sans Firewall ».  Interrogé par Business Week (lien), Todd Humphreys, l'un des responsables du détournement, plutôt content du succès de sa démonstration, ajoute : « Le problème, c'est que le GPS civil n'est pas crypté ». Et d'encourager les autorités à remédier au problème.
 
Les drones pourraient enfin servir directement à des gens mal intentionnés. Ainsi, bien qu'il ne s'agissait pas d'un piratage à distance, un Américain, diplômé de physique, a reconnu le 10 juillet qu'il voulait attaquer le Pentagone et le Congrès à Washington avec des modèles réduits d'avions téléguidés bourrés d'explosifs (lien).

Note : Aux Etats-unis, un nombre important de drônes est utilisé par les forces militaires ainsi que la police, ces derniers ayant peut être bientôt le pouvoir de les armer, je vous laisse imaginer ce qui pourrait arriver si des hackers mal intentionnés en prenaient le contrôle. Pour vous en faire une idée, vous pouvez voir les deux articles ci-dessous :
 
Etats-unis : 30.000 drones espions dans le ciel avant 2020
Barack Obama : «le seigneur des drones»
 
Dans un passé récent, la sécurité des drones a déjà été mise à mal à plusieurs reprises, voir aussi sur zataz.com:
 
Piratage d'un drone américain
Un logiciel espion dans des drones militaires américains


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