Ukraine : Une centrale nucléaire menacée, un prétexte pour une intervention de l'Otan ?


Des rapports affirment qu'une vingtaine de membres du front armé néonazi Secteur Droit (Pravy sector), a tenté de prendre d'assaut la centrale nucléaire de Zaporizhia, dans la ville de Energodar, située dans la province de Zaporizhia.
 
La voix de la Russie a signalé ces faits dans un article intitulé « Le Secteur Droit tente de saisir la plus grande centrale nucléaire en Ukraine », information reprise par le site rt.com, puis relayée sur le site legrandsoir.info. Si la vue des faits semblent désigner une tentative échouée des néo-nazis au service du pouvoir illégalement en place, la réelle raison de cette action, tout comme sa médiatisation, pourrait être très différente. Tout d'abord, voici ce que dit l'article :
 
Des hommes armés tentent de pénétrer dans la plus grande centrale nucléaire d'Ukraine
 
La police ukrainienne a empêché des hommes armés d'entrer dans la plus grande centrale nucléaire d'Europe dans le sud-est de l'Ukraine. Dans une vidéo où on les voit, semble-t-il, après leur arrestation, ces hommes disent appartenir au Secteur Droit.
 
Des hommes armés ont été arrêtés jeudi à l'entrée de la ville de Energodar, près de la centrale nucléaire de Zaporizhia, a annoncé vendredi le service de presse de la centrale dans un communiqué sur son site Web. Les responsables de la centrale indiquent que cet incident n'a pas affecté le fonctionnement de la centrale. Cependant la sécurité a été renforcée sur le site et dans toute la ville de Energodar.
 
Plusieurs cars pleins d'hommes, disant appartenir au célèbre groupe néo-nazi Secteur Droit, ont été arrêtés à un checkpoint près de Energodar, selon la Komsomolskaya Pravda ukrainienne. Les hommes, qui étaient armés et cagoulés, ont dit qu'ils venaient « protéger la centrale nucléaire et la ville contre une éventuelle attaque », a rapporté le journal.
 
« Nous étions venus protéger la ville mais la police nous a arrêtés et encerclés »
, a dit un membre du Secteur Droit au journal Ukrainien. La police locale a dit qu'elle avait confisqué leurs armes et lancé une enquête criminelle. Dans la vidéo les hommes se présentent comme des membres du Secteur Droit de la région de Zaporizhia (Zaporozhye), et ajoutent qu'ils sont venus protéger la centrale contre les militants qui voudraient « hisser des drapeaux russes » dans la ville.
 
« Le Secteur Droit a appris que des militants pro-russes se préparaient à mettre des drapeaux [ukrainiens] à la place des drapeaux russes au checkpoints de Energodar. Le secteur Droit est venu empêcher cela »
, a déclaré un homme. Dans la vidéo les hommes brandissent des drapeaux ukrainiens et scandent des slogans nationalistes comme « Les héros ne meurent pas ! Gloire à l'Ukraine ! Gloire aux héros ! ». Mais sur son site officiel, Secteur Droit a démenti que ses hommes voulaient investir la centrale.
 
« L'information [dans les médias] selon laquelle ce groupe appartiendrait au secteur Droit est erronée », lit-on sur le site du groupe d'extrême-droite. « Le Secteur Droit dément officiellement avoir tenté d'investir la centrale nucléaire de Zaporizhia. »
La centrale de Zaporizhia est la plus grande centrale nucléaire, non seulement d'Ukraine mais d'Europe, selon la firme en charge des centrales ukrainiennes. Elle est située dans la régions des steppes ukrainiennes au bord du réservoir d'eau de Kakhovka. La centrale fournit 40-42 milliards de kWh par an, ce qui représente un cinquième de la production annuelle de l'Ukraine et presque 47 % de l'électricité produite par toutes les centrales nucléaires ukrainiennes.
 
Dmitry Yarosh, le leader du Secteur Droit a déjà menacé de détruire les pipelines russes qui amènent le gaz en Europe à travers le territoire ukrainien. Moscou a émis un mandat d'arrêt international contre Yarosh pour incitation au terrorisme après que ce dernier ait incité le leader terroriste tchétchène Doku Umarov à attaquer la Russie.
 
Les membres du secteur Droit se sont fait remarquer par leur active participation aux violences qui ont conduit au renversement du Président Viktor Ianoukovitch en février. Les combattants du groupe portaient des insignes nazis et utilisaient des bats de baseball, des cocktails Molotov et des armes à feu contre la police ukrainienne. Le groupe a adopté une position violemment anti-russe et a transféré ses quartiers généraux précédemment installés à Kiev dans la ville de Dnepropetrovsk en avril.
 
Des membres du Secteur Droit ont été identifiés dans les forces de la Garde Nationale qui se sont constituées après le coup et sont loyales aux autorités de Kiev. Les bataillons de la Garde Nationale ont été impliqués dans les opérations punitives lancées contre les militants fédéralistes du sud-est de l'Ukraine au cours desquelles beaucoup de personnes ont été tuées ou blessées.
 
On compte au nombre des dernières violences le massacre perpétré dans la ville d'Odessa, au sud de l'Ukraine, où des heurts ont éclaté entre des militants anti-gouvernement et des radicaux qui soutenaient les autorités imposées par les coup d'état de Kiev. 48 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées quand les nationalistes ont brûlé le camp des protestataires et mis le feu à la Maison des Syndicats où étaient piégés des militants anti-Kiev. Beaucoup de ceux qui ont réussi à échapper aux flammes ont ensuite été battus à mort par les nationalistes, selon des témoins.
 
Source rt.com - Traduction: Dominique Muselet - vu sur legrandsoir.info
 
L'Option nucléaire de l'OTAN
 
Mon scepticisme habituel m'incite à chercher ce qui pourrait se tramer derrière cette information, qui à mon avis dissimule d'autres choses, et une réflexion pertinente sur le site de robinwestenra ouvre une voie possible.
 
En effet, la prise d'assaut de la centrale nucléaire de Zaporizhia par des néo-nazis peut sembler être un acte d'irresponsabilité extrême réalisée par des fous dangereux, mais cette opération pourrait occulter un but bien différent. Dans un article de daté du 7 mai intitulé, « Les experts de l'OTAN conseillent l'Ukraine sur la sécurité de la centrale nucléaire » Reuters a déclaré :
 
« Les experts de l'OTAN ont visité l'Ukraine pour conseiller les autorités sur l'amélioration de la sécurité des centrales nucléaires, des gazoducs et des autres infrastructures essentielles au milieu de la violence croissante et les craintes d'un conflit avec la Russie... »
L'article continuerait en déclarant :
 
« A la question de savoir si l'enquête a été réalisée en raison de craintes de Kiev sur une intervention russe en Ukraine, Dolhov a déclaré que l'une des raisons était une « déstabilisation possible » dans une zone où se trouvait l'infrastructure stratégique. L'Ukraine a dit en mars au conseil de surveillance nucléaire de l'ONU qu'il renforçait la protection de ses centrales nucléaires en raison d'« une grave menace pour la sécurité » du pays posée par les militaires russes. Une rébellion dans l'est a soulevé la possibilité que l'Ukraine, un pays d'environ 45 millions de personnes (la taille de la France), pourrait être déchirée ou sombrer dans la guerre civile. »
Puis l'article ajoute :
 
« L'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN, et l'alliance a dit qu'elle n'allait pas s'impliquer militairement en Ukraine. Mais l'Ukraine et l'OTAN ont renforcé leur coopération et l'Ukraine a demandé aux membres de l'OTAN l'envoi d'équipement militaire, tel que des uniformes. »
En effet, l'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN, et il est presque inconcevable dans ces circonstances que les troupes de l'OTAN puisse entrer officiellement sur le territoire ukrainien... presque inconcevable. Mais il faut savoir qu'une menace concernant une ou plusieurs des 15 réacteurs nucléaires de l'Ukraine pourrait donner à l'OTAN le prétexte nécessaire pour déployer ses troupes en Ukraine, notamment dans l'est du pays où Kiev ne parvient pas à imposer un contrôle.
 
Alors que l'OTAN ne saurait justifier une intervention directe dans la crise politique interne de l'Ukraine, il pourrait prétexter que le risque d'une catastrophe nucléaire menace directement ses membres, alors que l'Ukraine a commémoré récemment le 27ème anniversaire de la pire catastrophe du nucléaire civil, survenue à Tchernobyl le 26 avril 1986.
 
Il se pourrait donc, et cela n'étonnera personne je pense, que la création volontaire d'un « risque nucléaire » soit bel et bien un stratagème des extrémistes ukrainiens pour légitimer une intervention armée sous couvert des lois internationales de l'Otan. Cependant, au vu de leurs échecs répétés, et face à une opinion publique de moins en moins dupe, une intervention des membres de l'Otan serait malvenue, alors qu'une intervention de la Russie serait - elle - bien plus réaliste et justifiée.
 
Le veilleur - Article libre de reproduction à condition de laisser le lien pointant vers cette page.


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