Ukraine : le Parlement russe autorise l'armée à intervenir en Ukraine


La chambre haute du parlement russe a autorisé ce samedi le recours aux forces armées sur le territoire de l'Ukraine suite à la proposition de loi soumise par Vladimir Poutine. Celle dernière permet d'utiliser les forces armées russes sur le territoire de l'Ukraine afin de normaliser la situation politique et sociale dans ce pays. Barack Obama va-t-il une fois de plus se coucher face à un Vladimir Poutine déterminé à en découdre ?
 
Si Washington - reconnaissons le - est assez doué pour s'ingérer dans les affaires de certains pays et y organiser des coups d'état avec l'appui des médias mainstream, va il oser aller à l'affrontement face à la Russie, fermement épaulée par la Chine ? A quand remonte le dernier conflit remporté par le géant américain ?
 
Ce qui est inquiétant pour nous, au delà d'un hypothétique conflit nucléaire qui n'aura pas lieu, c'est la décision que pourrait prendre Hollande d'envoyer des troupes en soutien aux Etats unis, si ces derniers choisissaient d'aller au contact... Le veilleur
 
Le recours à l'armée russe en Ukraine a été approuvé ce samedi 1 mars à l'unanimité par le Conseil de la Fédération réuni à Moscou, à la suite d'une demande en ce sens du président Vladimir Poutine. Réuni en session extraordinaire, le Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement), a approuvé, à l'unanimité, la demande présentée peu auparavant par Vladimir Poutine d'autoriser
 
« le recours aux forces armées russes sur le territoire de l'Ukraine, jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays »
La formule employée laisse entendre que la Russie peut aussi bien utiliser sa flotte de la mer Noire, qui se trouvent déjà en Crimée aux termes d'un accord bilatéral signé entre Moscou et Kiev, qu'envoyer d'autres troupes, venant elles de Russie. Les Russes disposent d'une force armée non négligeable en Crimée (sud de l'Ukraine).
 
« Barack Obama a humilié le peuple russe »
 
Les autorités ukrainiennes ont accusé la Russie d'avoir déjà déployé des milliers d'hommes supplémentaires dans la péninsule pro-russe de Crimée, depuis plusieurs jours en proie à de vives tensions séparatistes. « La Russie a accru (le nombre de) ses troupes de 6.000 hommes » en Crimée, a affirmé ce samedi le ministre de la Défense Igor Tenioukh. Près de 30 blindés ont aussi été déployés, a-t-il ajouté, dénonçant une « violation grossière » des accords régulant la présence de la flotte russe de la mer Noire en Crimée.
 
Par ailleurs, le Sénat russe a demandé au président Vladimir Poutine le rappel de l'ambassadeur de Russie aux États-Unis. Le vice-président du Sénat, Iouri Vorobev, a estimé que le président Obama avait franchi une « ligne rouge » et « humilié le peuple russe » en déclarant vendredi que toute intervention militaire en Ukraine aurait « un coût ».
 
« Vendredi, nous avons entendu dans différents médias qu'Obama avait dit que la Russie « payerait cher pour sa politique » (...). J'estime qu'il faut s'adresser au président et rappeler l'ambassadeur de Russie aux États-Unis »
, a ajouté Iouri Vorobev. Barack Obama avait déclaré vendredi depuis la Maison Blanche que les États-Unis étaient
 
« profondément inquiets au sujet d'informations sur des mouvements de troupes entrepris par la fédération russe en Ukraine »
Récapitulatif des évènements de la journée
 
18:41 : le drapeau russe hissé sur le bâtiment du gouvernement à Kharkiv
 
Plus de 20 000 personnes sont descendues dans les rues de cette ville de l'est de l'Ukraine pour proclamer leur attachement à la Russie.
 
« Nous voulons réintégrer l'URSS ! (...) Ceux qui se battent contre la Russie se battent contre Dieu », « Russie, aide-nous », « Ne touchez pas à Kharkiv... »
Près de 20 000 manifestants pro-russes ont défilé samedi 1er mars à Kharkiv (Ukraine), drapeau russe à la main. Des violences, avec jets de pierres, de grenades assourdissantes et de tirs, ont éclaté en marge du rassemblement. Quelques 300 manifestants ont en effet lancé l'assaut contre le siège de l'administration régionale où se seraient barricadés des partisans des nouvelles autorités pro-européennes.
 
Les assaillants ont pris le contrôle du bâtiment et ont hissé un drapeau russe à côté du drapeau ukrainien. Des applaudissements ont accueilli la manoeuvre. Cette démonstration de force intervient alors que la Russie envisage très sérieusement d'envoyer des troupes en Ukraine. Source francetvinfo
 
18h05 : Londres dénonce « une menace potentiellement grave » après la décision du Sénat russe
 
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a jugé que la décision du Parlement russe d'autoriser « une action militaire sur le sol ukrainien » constitue « une menace potentiellement grave pour la souveraineté » du pays.
 
« Je suis très préoccupé par l'escalade des tensions en Ukraine et la décision du parlement russe d'autoriser une action militaire sur le sol ukrainien contre la volonté du gouvernement ukrainien » a-t-i également indiqué dans un communiqué.
17h15 : Réunion ce samedi du Conseil de sécurité de l'ONU
 
A la demande du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir de nouvelles consultations à huis clos ce samedi après-midi à New York sur la situation en Ukraine et en Crimée, ont indiqué des diplomates. Cette réunion, est la deuxième convoquée en urgence en deux jours sur ce dossier et se tiendra à 14H00 locales (19H00 GMT).
 
16h57 : les ministres européens des Affaires étrangères se réuniront lundi
 
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) tiendront lundi une réunion d'urgence à Bruxelles afin d'évoquer la situation en Ukraine, a annoncé samedi un diplomate européen. « Il y aura une réunion extraordinaire lundi sur l'Ukraine », a dit le diplomate européen. « Plus probablement après 13h00. »
 
16h40 : le Conseil de la Fédération russe vote le recours à la force
 
Le Conseil de la Fédération russe a voté à l'unanimité, en session extraordinaire, du recours à l'armée russe en Ukraine, à la suite d'une demande en ce sens du président Vladimir Poutine. Celui-ci souhaite se voir autoriser « le recours aux forces armées russes sur le territoire de l'Ukraine, jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays », selon un communiqué du Kremlin
 
Selon des télévisions russes, la chambre haute a en outre demandé à Vladimir Poutine de rappeler à Moscou l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, alors que le président Barack Obama a mis vendredi soir en garde sur les « coûts » de toute intervention militaire en Ukraine.
 
16h30. Vitali Klitschko appelle à la mobilisation générale de l'armée face à « l'agression russe »
 
L'ancien champion du monde de boxe Vitali Klitschko, leader de la contestation à Kiev, appelle le parlement à « demander au commandant en chef des armées de déclarer la mobilisation générale après le début de l'agression russe contre l'Ukraine ». Il demande également une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
 
16h20 : L'émissaire de l'ONU annule sa visite en Crimée
 
L'émissaire de l'ONU en Ukraine a indiqué samedi qu'il annulait à sa mission en Crimée en raison des tensions rendant impossible toute visite de cette région, comme demandée par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
 
« J'ai été en contact avec les autorités de la République autonome de Crimée et j'en suis venu à la conclusion qu'une visite en Crimée aujourd'hui n'était pas possible »
, a souligné Robert Serry dans un communiqué depuis Kiev.
 
15h30 : réunion d'urgence de la Douma russe dans l'après-midi
 
Selon les agences de presse russes, la Chambre haute du Parlement russe devrait tenir une réunion d'urgence dans la journée. Et ce alors que Vladimir Poutine vient de leur transmettre pour approbation un texte l'autorisant à utiliser l'armée russe sur le sol ukrainien.
 
14h50 : Poutine soumet une proposition de loi sur l'emploi des forces armées russes en Crimée
 
Selon un communiqué du Kremlin, le Président Vladimir Pourine a décidé de soumettre ce samedi au Parlement pour approbation, une proposition de loi permettant « d'utiliser les forces armées russes sur le territoire de l'Ukraine afin de normaliser la situation politique et sociale dans ce pays ». Et ce
 
« en raison de la situation extraordinaire en Ukraine et de la menace pesant sur la vie des citoyens russes, de nos compatriotes, des forces armées russes déployées en Ukraine ».
14h00 : la désignation du Premier ministre de Crimée jugée illégale par Kiev
 
Le Président unkrainien par intérim a signé un décret par lequel il déclare que la désignation du Premier ministre pro-russe de Crimée, Sergei Aksyonov, violait la Constitution ukrainienne.
 
« Le gouvernement ukrainien et les autres organes du pouvoir ne doivent pas considérer Serguiï Axionov comme représentant légitime du pouvoir en Crimée », a affirmé le président par intérim.
13h40 : les gardes-côte ukrainiens en état d'alerte
 
Par ailleurs, selon l'agence Interfax, plusieurs bâtiments des garde-côtes ukrainien basés à Sébastopol auraient pris la mer et seraient désormais en état d'alerte. Une décision prise après que quelques 400 membres d'un commando pro-russe ait tenté d'assiéger le QG des gardes-côtes ukrainiens à Sebastopol.
 
13h10 : des drapeaux russes dans plusieurs villes ukrainiennes
 
Selon les agences de presse russes, des drapeaux russes ont été hissés sur les bâtiments de plusieurs villes d'Ukraines dont Melitopol, Yevpatoria et Mariupol. Mais aussi Donestk et Odessa. A Kharkov, la deuxième plus grande ville d'Ukraine, un milliers de manifestants au moins auraient protestés contre le pouvoir installé à Kiev et essayé d'occuper l'immeuble abritant les bureaux du gouverneur.
 
13h00 : la Douma demande à Poutine de protéger la population de Crimée
 
La chambre basse du Parlement russe, la Douma, a demandé ce samedi au président Vladimir Poutine de « protéger par tous les moyens » la population de Crimée « contre l'arbitraire et la violence », a déclaré son président, Sergueï Narychkine.
 
« Les députés appellent le président à prendre des mesures pour stabiliser la situation et protéger par tous les moyens la population contre l'arbitraire et la violence en Crimée »
Selon l'agence ukrainienne UNIAN, les manifestants pro-russes se sont finalement emparés de l'administration régionale de Kharkov.
 
12h41 : Le gouvernement de Crimée et la flotte russe de Mer noire s'accordent pour protéger les installations navales
 
La flotte russe de la mer Noire et les autorités de la république autonome ukrainienne de Crimée protègent ensemble les sites de la flotte en Crimée, a annoncé samedi le service de presse de la flotte.
 
« Nous nous sommes entendus avec les autorités de Crimée sur la protection conjointe des sites de la flotte russe de la mer Noire ».
12h16 : le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague s'est entretenu avec son homologue russe et le président par intérim ukrainien
 
« Je vient de m'exprimer auprès du Président intérimaire Turchynov. Je me rendrai à Kiev dimanche pour des entretiens avec le nouveau gouvernement. (...) J'ai parlé au ministre des affaires étrangères Lavrov en demandant l'appel à la désescalade en Crimée, et le respect de la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine » WilliamJHague - twitter
11H00 : La Crimée bouscule le calendrier de son référendum
 
Selon l'agence russe Ria-Novosti, qui cite le porte-parole du Conseil des ministres de Crimée, le référendum sur l'avenir de cette région autonome pro-russe aura en fait lieu le 30 mars, soit de mois avant le calendrier initialement prévu. Ce référendum qui doit notamment porter sur une plus grande autonomie de la Crimée devait initialement se tenir le 25 mai, jour où doit se tenir également une présidentielle anticipée en Ukraine.
 
« Compte tenu de la situation actuelle et du fait que ce conflit est allé au-delà des limites du raisonnable, nous avons pris la décision d'accélérer avec le référendum » a-t-i expliqué.
10h50 : le ministre britannique des affaires étrangères, dimanche à Kiev
 
Le Foreign Office annonce que le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague se rendra à Kiev dimanche pour mener des discussions avec le nouveau gouvernement ukrainien. « Je viens de parler avec le président en exercice Tourtchinov. Je vais me rendre dimanche à Kiev pour des discussions avec le nouveau gouvernement », avait également écrit sur son compte twitter William Hague dans la nuit de vendredi à samedi.
 
10H50 : Varsovie appelle à l'arrêt de tout « mouvement provocateur » des forces armées
 
« Nous appelons à l'arrêt de mouvements provocateurs de forces armées en péninsule de Crimée », lit-on dans un communiqué publié sur le site du ministère polonais des Affaires étrangères. « Toutes décisions prises dans l'immédiat, dont celles de caractère militaire, risquent d'avoir des conséquences irréparables pour l'ordre international »
, a insisté Varsovie. De son côté, le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, a annoncé samedi à Téhéran qu'il écourtait sa visite en Iran à cause de la situation en Crimée.
 
« Je dois écourter ma visite en Iran à cause du développement de la situation en Ukraine et je dois retourner en Pologne (...) La situation est devenue plus critique en Crimée »
, a déclaré M. Sikorski qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse avec son homologue Mohammad Javad Zarif, selon la télévision d'Etat iranienne.
 
« Nous sommes le seul pays dont le consulat fonctionne encore en Crimée, et malheureusement ils ont confirmé que les forces russes sont présentes sur place »
, a encore affirmé le ministre polonais à Téhéran.
 
10h37 : Moscou se dit « extrêmement préoccupée » par l'évolution en Crimée
 
La Russie est « extrêmement préoccupée » par l'évolution de la situation en Crimée, région autonome du sud de l'Ukraine, a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. Les récents événements dans la péninsule à majorité russe confirment « le désir de cercles politiques influents à Kiev » de déstabiliser la situation dans la région indique encore le ministère.
 
« Nous pensons qu'il est extrêmement irresponsable d'accentuer encore la pression dans une situation déjà tendue en Crimée. »
Selon le ministère russe
 
« Des hommes armés envoyés de Kiev ont essayé de s'emparer du siège du ministère criméen de l'Intérieur dans la nuit du 28 février au 1er mars. Plusieurs personnes ont été blessées suite à cette provocation. Les actions décisives des forces d'autodéfense ont permis de déjouer la tentative de prendre le contrôle du bâtiment »
9h50 : des hommes armés sont toujours autour du Parlement de Simféropol
 
Des dizaines d'hommes armés de kalachnikovs et cagoulés patrouillent dans le centre de Simféropol et ont pris position aux abords du Parlement de Crimée à Simféropol, ont constaté des journalistes - dont celui de l'AFP - et des personnes sur place. Selon l'agence Itar-Tass, le centre de la ville qui abrite le Parlement est désormais bouclé. Toujours selon cette agence une manifestation est prévue en début d'après-midi.
 
9h25 : Kiev accuse Moscou d'avoir déployé 6.000 hommes
 
A l'occasion d'un premier conseil des ministres du nouveau gouvernement ukrainien, Igor Peniouk, ministre ukrainien de la Défense a estimé que Moscou avait récemment envoyé 6.000 hommes en renforts en Ukraine. De son côté, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a rappelé que
 
« la présence inadéquate des militaires russes en Crimée est une provocation », mais que « les tentatives de faire réagir l'Ukraine par la force ont échoué »
9h22 : des passeports russes pour les citoyens de Crimée
 
le Consul général de Russie en Crimée évoque la possibilité de donner des passeports russes aux citoyens de Crimée qui le désirent et pas uniquement aux ex-membres de la police anti-émeute ukrainienne.
 
8h50 : Moscou n'ignorera pas la demande de la Crimée
 
« La Russie ne va pas ignorer cette demande », a déclaré un responsable de l'administration présidentielle russe à l'agence Ria Novosti, sans autre précision, suite à la demande du Premier ministre de Crimée.
 
8h20 : le Premier ministre de Crimée en appelle à Poutine
 
Le nouveau et pro-russe Premier ministre de la péninsule de Crimée, Sergueï Aksionov, a demandé l'aide de la Russie et appelé Vladimir Poutine à aider à restaurer « la paix et le calme » Sergueï Aksionova également annoncé avoir a pris ce samedi le commandement temporaire de toutes les unités militaires et forces de sécurité locales.
 
Dans la nuit, le Parlement de Crimée a voté la création d'une unité spéciale de sécurité afin de protéger les habitants de la région et qui n'obéira qu'à l'autorité régionale. Celle-ci a été créé sur la base des hommes qui ont été exclus par Kiev de l'unité délite de la police anti-émeute (la Berkut) pour leur comportement violent lors du mouvement de protestation qui a conduit à la déchéance du président Viktor Ianoukovitch.
 
La décision a notamment été diffusée par le vice-premier ministre de Crimée sur sa page Facebook qui précise que le Parlement a d'ores et déjà pris les dispositions nécessaires pour cette création. Parallèlement, Moscou se dit prêt à se dit prêt à fournir des passeports russes aux officiers et membre des cette unité dissoutes s'ils le souhaitent.
 
Par Claude Fouquet - lesechos.fr



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