Taxe sur les propriétaires : « Ça » est revenu !


Tremblez braves propriétaires, vous qui pensiez vous préserver de difficultés financières futures en acquérant votre petit nid douillet bien à vous, investissant pour l'avenir au prix d'interminables remboursements et privations. Tout cela pourrait bien prendre fin.

On la croyait morte et enterrée, d'autres affirmaient qu'elle n'était qu'une légende, mais tel un épouvantable fantôme ressurgi de nulle part, la taxe sur les propriétaires, appelée aussi taxe sur les « loyers implicites » est de nouveau à l'ordre du jour. « Ça » est revenu !

Déjà à l'ordre du jour il y a quelques temps, puis rapidement mis à la trappe face à une levée de boucliers de citoyens scandalisés à l'idée de se voir déposséder de leurs biens durement acquis, voici donc revenir dans les cartons l'idée de cette taxe faussement sensée remettre propriétaires et locataires sur un pied d'égalité. Vous l'aurez compris, il n'est question pour l'état que de promulguer de nouvelles taxes, encore et encore, contre vents et marées.

Évidemment, périodes électorales aidant, cette monstrueuse idée sera médiatiquement rejetée par les prétendants au titre, conscients de l'impopularité légitime d'une telle mesure. Ce ne sera que dans les mois qui suivront l'élection probable (et regrettable) d'un Macron ou d'un Fillon obéissant au dictat de Bruxelles et aux banquiers lorgnant sur les bénéfices d'une nouvelle gabelle, que cette nouvelle taxe se concrétisera, à l'image d'un droit de cuissage financier.

Pour reprendre quelques railleries du pur crû de Charles Sannat qui traite le sujet avec humour sur son blog :

Si vous cultivez des tomates dans votre jardin, vous devez être taxé par rapport à celui qui doit les acheter, et si vous passez le balai chez vous, vous devez être taxé par rapport à celui qui emploie une femme de ménage… Ou encore : À celles et ceux qui vivent en couple, accepteriez-vous de payer une taxe à chacun de vos exploits sous l’édredon au motif que cela coûte beaucoup plus cher aux célibataires ?

Oui, « Ça » est revenu, et « Ça » commence à bien faire !

Le Veilleur

Le scandale à venir de la taxe sur les « loyers implicites »

Les politiques français sont doués d’une ingéniosité fiscale qui pourrait faire figure de modèle à l’international si elle ne marchait pas sur la tête. De droite ou de gauche, ils sont tous shootés à l’impôt, la taxe et même la surtaxe. Celle sur les « loyers implicites » qui revient sur le devant de la scène est une progéniture de la gauche qui ne devrait pas (encore) voir le jour, mais qui illustre bien l’idéologie mortifère qui gouverne les « progressistes de gôche ».

Il était une fois un couple marié d’une soixantaine d’années, heureux parents de deux enfants déjà grands et indépendants. Après avoir patiemment remboursé le crédit immobilier qu’ils ont contracté à la banque il y a trente ans, ils arrivent enfin à échéance et peuvent enfin songer à respirer un peu financièrement. Une bouffée d’air bien méritée après les derniers coups de matraquage fiscal d’un quinquennat Hollande complètement ubuesque. L’histoire aurait pu et aurait dû bien finir, mais il en sera tout autrement lorsque les « loyers implicites » seront taxés.

Mais qu’est-ce qu’un « loyer implicite » au fait ? Un propriétaire qui loge dans son propre bien ne paye pas de loyer – c’est logique. Sauf que cela ne plaît pas à tout le monde, surtout au fisc sauce PS qui estime qu’il s’agit là d’un avantage en nature qu’il est nécessaire de taxer. Autrement dit, une fois le crédit entièrement remboursé, le propriétaire devra payer ad vitam aeternam un impôt sur ce « loyer implicite ». Ainsi, notre bon couple qui aura économisé pendant plusieurs décennies gagnera le droit (et le devoir) de payer un nouvel impôt. Où comment ne jamais sortir du matraquage fiscal…

Les penseurs de gauche et… l’OFCE à fond derrière cette mesure

Évoquée à plusieurs reprises lors du quinquennat Hollande, cette taxe n’a finalement pas été retenue. Peut-être trop impopulaire à quelques encablures d’élections présidentielle et législatives déjà bien mal engagées. Les 60 % de propriétaires en France sont une force hostile redoutable surtout dans cette période trouble électoralement. Les « loyers implicites » ne seront donc pas de mise cette fois-ci, mais la gauche prépare l’avenir avec plusieurs coups de boutoir portés par l’OFCE qui s’est perdu dans les méandres du loyer implicite il y a trois semaines et désormais un rapport de France Stratégie qui prétend démontrer les avantages d’un tel système. Organisme de réflexion rattaché au Premier ministre, France Stratégie est aux ordres du Gouvernement et ne fait que suivre les inflexions de Valls (et son successeur Cazeneuve).

Côté think tank, c’est Terra Nova qui est en pointe sur le sujet avec plusieurs prises de position qui vont dans le sens de l’instauration de cette taxe. L’économiste Thomas Piketty, prix Lyssenko 2016 pour sa contribution théorique à la destruction de l’économie française, un déçu du hollandisme, est lui aussi un fervent promoteur de la taxe sur les « loyers implicites ». Tout ce beau monde suffit à discréditer le principe même de cette taxe, mais allons plus loin et regardons en quoi elle relève d’une idéologie mortifère.

Le système actuel ne fonctionne pas assez bien. C’est vrai, il est difficile de devenir propriétaire. Les banques ne prêtent pas facilement même si les taux d’emprunt ont baissé sensiblement au cours des deux dernières années. Le pouvoir d’achat des Français est aux abonnés absents et les loyers occupent une place toujours plus importante de leur budget. Il est ainsi devenu extrêmement compliqué de devenir propriétaire et c’est pour lutter contre ce problème qu’on incite les gens à ne plus devenir propriétaires avec cette taxe. Pourquoi se serrer la ceinture pendant des décennies pour payer plus d’impôts (notamment de succession pour les héritiers) ? Quel est l’intérêt d’acquérir un bien immobilier lentement et consciencieusement si l’on ne peut plus en jouir pleinement ?

En plus d’une idéologie qui pousse à ne pas vouloir s’élever économiquement sous peine d’être ratiboisé par l’État, la taxe sur les « loyers implicites » est un non sens économique au moment où les efforts portent sur l’investissement dans l’immobilier en centre-ville. Les différents dispositifs du type Pinel qui sont régulièrement introduits visent à soutenir un marché locatif si tendu que les prix à Paris sont ridiculement élevés (et bien souvent inaccessibles). Tout nouvel impôt ou menace d’impôt refroidit pour plusieurs mois les propriétaires potentiels qui ont la hantise du matraquage et de l’incertitude fiscale.

France Stratégie reconnaît en conclusion de son rapport que cette idée

suscite beaucoup d’incompréhension, voire d’hostilité dans l’opinion, même si la taxation des loyers implicites existe ailleurs et a existé en France jusqu’en 1965

L’argument du « ça a déjà existé » est si puéril qu’il s’annule de lui-même. Quant à « l’hostilité » elle est naturelle à l’endroit d’une nouvelle taxe injuste sur le plan de la morale et qui ne règle aucun problème de fond.

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