Tasmanie : 74.000 hectares d'une réserve naturelle menacés par le gouvernement australien


Le gouvernement australien veut amputer de 74.000 hectares une réserve naturelle protégée par l'UNESCO en Tasmanie, ses paysages et sites archéologiques uniques, ses forêts aux arbres parmi les plus hauts de la planète... 
 
La Tasmanie possède des paysages divers et majestueux allant des côtes accidentées aux forêts luxuriantes en passant par des montagnes escarpées. La période glaciaire a contribué à la formation de vallées, gorges et autres montagnes alpines spectaculaires. Les régions karstiques sont truffées de grottes. Les vastes forêts pluviales tempérées sont peuplées de nombreuses variétés d'eucalyptus. Certains d'entre eux, les eucalyptus géants, atteignent plus de 80 mètres et comptent parmi les feuillus les plus hauts de la planète.
 
Séparée du continent australien depuis plusieurs millénaires, l'île de Tasmanie abrite une profusion d'espèces endémiques dont beaucoup sont inscrites à la liste rouge de l'UICN qui recense les espèces menacées d'extinction. Parmi celles-ci des libellules, des vautours, des écrevisses, sans oublier le célèbre diable de Tasmanie.
 
Des sites archéologiques attestent une présence et un établissement humain vieux de 30 à 40.000 ans. Les Aborigènes de Tasmanie ont vécu pendant  environ 500 générations sans aucune influence externe. Ils sont ainsi le groupe étant demeuré le plus isolé au monde...
 
En 1982, l'UNESCO a classé environ 20% du territoire de la Tasmanie au patrimoine mondial. À ce jour, 981 sites naturels ou culturels sont inscrits à la liste du patrimoine de l'humanité. La Zone de nature sauvage de Tasmanie est l'un des rares sites appartenant aux deux catégories à la fois.
 
À de multiples reprises, le statut de patrimoine mondial a préservé la nature  d'activités nocives. Il a empêché la construction de deux barrages fluviaux en 1983 et fait stopper le déboisement dans deux vallées en 1988 et 1989. L'Unesco a réclamé plusieurs fois l'élargissement de la zone protégée, en particulier pour intégrer certaines forêts d'eucalyptus que l'organisation onusienne considérait menacées.
 
La Zone de nature sauvage de Tasmanie s'étend sur 1,58 millions d'hectares à ce jour. Cela s'est fait en plusieurs étapes dont la dernière remonte à 2013 avec une extension de  170.000 hectares. Parmi ceux-ci, 46.000 hectares étaient déjà protégés comme Parc national, le reste bénéficiait de l'Accord sur les forêts régionales tasmaniennes (en original : Tasmanian Forest Agreement), une sorte de « traité de paix » conclu entre les organisations écologistes et l'industrie forestière.
 
Grâce à l'élargissement de 2013, un corridor de 180 km de forêts d'eucalyptus est dorénavant sous la protection de l'Unesco. Celui-ci abrite 58 des 100 plus grands arbres du site.
 
Mais le nouveau gouvernement australien veut déclasser 74.000 hectares de la réserve naturelle protégée inscrite au patrimoine mondial. Il justifie sa demande en affirmant que les zones concernées ne valent pas la peine d'être protégées. Ces terres ne compteraient pas de forêts vierges et seraient même cultivées dans certains cas.
 
Mais les écologistes australiens, à l'image de Bob Brown, contestent l'affirmation du gouvernement de Tony Abbott. Selon eux, 90% des 74.000 hectares sont composés de forêts vierges intactes, les zones utilisées par l'homme lors des 50 dernières années ne s'élevant qu'à seulement 5% ou 6%. Même les plantations forestières, qui représentent 218 hectares, ne doivent en aucun cas perdre leur statut de patrimoine mondial.
 
La demande de « Modification potentielle des limites du bien du patrimoine mondial de la Zone de nature sauvage de Tasmanie » déposée par le gouvernement australien sera examinée lors de la 38ème session du Comité du patrimoine mondial qui aura lieu du 15 au 25 juin 2014 à Doha au Qatar.
 
Informations complémentaires
 
 • UNESCO : Zone de nature sauvage de Tasmanie
 • Présentation générale
 • Vidéo
 • Carte de la zone protégée  Tasmanian Wilderness National Heritage Area
 • Article de Libération  Le Premier ministre australien en a assez des forêts protégées
 • Article de ABC - Radio Australia  Tasmanie: permis d'abattre
 
en anglais
 
 • Présentation du dernier élargissement de la Zone de nature sauvage de Tasmanie  Fact Sheet on the  Australian  Government's  proposal  to  extend  the Tasmanian Wilderness World Heritage Area
 • Article de Liberty voice  The World Leader Who Wants to Cut Down More Forests
 • Rapport de The Bob Brown Foundation  Submission guide - How you can help save Tasmania's World Heritage forests from going back on the chopping block
 
Destinataires de la pétition
 
En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :
 
 • M. Tony Abbott, Premier Ministre du gouvernement fédéral d'Australie
 • M. Greg Hunt , Ministre de l'Environnement d'Australie
 
Ambassade d'Australie
4, rue Jean Rey
75015 Paris
Tél : +33 (0)1 40 59 33 00
Fax : +33 (0)1 40 59 33 10
Courriel : info.paris@dfat.gov.au




Commentaires 3

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Si je suis pour la protection de la nature et l'intégration de l'homme dans la nature et son environnement, je ne vois pas de contradiction entre exploiter la forêt intelligemment et le devenir de l'homme. Que vaut une forêt inexploitée ? Peu de choses en vérité car c'est dans une exploitation raisonnée et raisonnable que la forêt perdurera, grandira et s'adaptera. Quand l'homme a besoin d'un morceau de bois, doit-il couper l'arbre en entier ou ne peut-il se contenter de la branche qui l'intéresse ? Toute vie a son cycle, les arbres n'en sont pas exclus et le renouvellement de la forêt passe par la vie et la mort, le tout étant de préserver le couvert général. En de nombreux endroits, l'homme a fait reculer l'orée des bois en appauvrissant donc les sols par suppression du renouvellement de la couche d'humus. La nouvelle manière d'exploiter la forêt consiste justement à conserver les lisières et le couvert tout en permettant aux nouvelles pousses de croître rapidement en éclaircissant sans déboiser. Avant donc d'émettre un avis sur cette décision, il me semble que l'on devrait discuter de la manière d'exploiter cette zone de manière à conserver à la fois le couvert et l'habitat naturel animalier. Enfin , pour ce que j'en dis, je ne suis pas l'exploitant ni l'organisme qui prend les décisions.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Je suis d'accord avec ton raisonnement Philippe, tout comme les anciens trappeurs entretenaient l'équilibre de la faune qui les entouraient, mais nous savons tous deux que dans la société dans laquelle nous vivons, il en sera certainement tout autrement ici. Une fois cette zone déprotégée, commencera surement une déforestation, peut être de premiers forages, etc. Il n'y a qu'à regarder au Brésil ou en Amazonie pour avoir un aperçu. Après je me trompe peut être, nous seront fixés d'ici quelques années, peut être même avant.

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • J'entends bien tes craintes, mais tout n'est pas perdu. Je ferai une proposition moratoire d'exploitation à l'ambassade de manière à pouvoir exploiter la zone sans la détruire mais aussi en lui permettant de se régénérer sans nuire aux nécessités financières. Je t'en enverrai une copie en messagerie privée. Amicalement - PH7

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