Syrie : la Russie montre ses muscles aux Etats unis !


Quelques jours à peine après l'échec cuisant du sommet du G8 à prendre une décision sur la questions syrienne, pour cause de « niet » ferme et définitif de Vladimir Poutine, Moscou a annoncé l'envoi en Syrie de deux navires de guerre transportant 600 marins russes.
 
L'objectif officiel est la « protection des citoyens russes ». Le commandant adjoint de la force aérienne russe, le général Gradusov a ajouté qu'un « parapluie » de l'armée de l'air serait également déployé en appui au corps expéditionnaire russe en cas de besoin. L'agence d'information russe Interfax a identifié les navires se dirigeant vers les côtes syriennes, le Nikolai Filchenkov et le destroyer Kulakov, chacun transportant 300 marins.
 
A bord du Filchenkov ont été embarqués 20 chars et 15 transporteurs de troupes blindés, tandis que le Kulakov est conçu principalement pour la lutte anti-sous-marine. Ils croisent depuis la mi-mai en train Méditerranée ce qui leur permettrait, dès réception de nouvelles consignes, d'atteindre la Syrie en quelques heures.
 
L'intention du président russe Vladimir Poutine, à travers l'envoi de cette force militaire à peine déguisée est de « montrer ses muscles » en réaction à la livraison d'armes aux rebelles syriens par les Occidentaux. Poutine a averti les puissances occidentales que s'ils décidaient d'armer les rebelles, ils devaient s'attendre à un débarquement de troupes russes en Syrie sous la forme d'une « opération d'évacuation » des ressortissants russes sur place, quelque 20.000 personnes.
 
Depuis le début du conflit, les russes basés en Syrie ont reçu des consignes sur les points de regroupement à partir desquels, le cas échéant, ils seront exfiltrés. Cette opération pourrait être en soi le signal de l'expansion du conflit syrien. Aucune information n'a filtré ni sur la date d'arrivée des navires russes au large de la Syrie ni sur l'endroit exact où ils pourraient accoster.
 
Mais leur présence imminente dans la zone de guerre et la possibilité que les armes fournies par l'Ouest aux rebelles syriens puissent causer des pertes russes sont autant de facteurs qui font monter la pression et risquent de faire basculer le conflit syrien dans une autre dimension. Cela pourrait être le prétexte dont a besoin Moscou pour augmenter l'aide militaire russe au régime syrien.
 
De même la force aérienne russe qui pourrait être déployée étouffe dans l'oeuf toute velléité occidentale d'imposer une zone d'exclusion aérienne sous commandement américain en Syrie. La leçon russe pourrait produire l'effet escompté. Il n'est pas sûr que Barak Obama qui a décidé, du bout des lèvres, d'armer les rebelles, pense que le conflit syrien vaille la peine d'envenimer des relations diplomatiques et militaires déjà très tendues entre Washington et Moscou.
 
Par Mylène Sebbah



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