Syrie : Des instructeurs américains, britanniques et français entraînent les terroristes en Jordanie


Les Américains forment une milice syrienne anti-gouvernementale en Jordanie, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel publié dimanche, citant des sources des participants et des organisateurs de cette armée illégale.

Par cette action, les gouvernements américain et Jordanien sont hors-la-loi au vu du droit international. Sans surprise, la CPI ou le TPI n'ouvriront aucune enquête. Barack Obama s'avère un homme extrêmement dangereux pour la paix mondiale qui, derrière son soft-power, est plus nocif que les Bush associés.
 
Der Spiegel a affirmé que ces Américains sur le sol jordanien ne travaillaient pas avec des sociétés privées mais bien avec l'armée américaine, puisqu'ils portaient des uniformes. La formation serait axée sur l'utilisation des armes antichars. Quelque 200 hommes ont déjà reçu cette formation au cours des trois derniers mois et il est prévu à l'avenir d'assurer cette dernière  à 1.200 membres de l'« ASL » (armée syrienne libre) dans deux camps situés dans le sud et l'est de la Jordanie.
 
Des instructeurs français et britanniques ?
 
Le journal britannique The Guardian, citant des sources de sécurité jordanienne, a également signalé que des formateurs américains aidaient les terroristes syriens, toujours en Jordanie. Surprise : des instructeurs britanniques et français ont également participé à cet effort sous commandement américain. Les services de renseignement jordaniens sont impliqués dans le programme, qui vise à construire autour d'une douzaine d'unités totalisant quelque 10.000 combattants, à l'exclusion des islamistes radicaux, a rapporté Der Spiegel.
 
« Les services de renseignement jordaniens veulent empêcher les salafistes qui traversent de leur propre pays pour se rendre en Syrie, et qui sèment des troubles en Jordanie » 
a déclaré l'un des organisateurs  au journal. L'Arabie saoudite et le Qatar sont largement les fournisseurs des armes aux terroristes, et les ministres de la Ligue arabe ont décidé, mercredi dernier, de leur laisser le champ libre. Un porte-parole du ministère américain de la Défense a refusé de commenter immédiatement le rapport de Der Spiegel. Quant aux ministères des Affaires étrangères française et britannique et de la Défense, n'ont pas souhaité faire de commentaire, il en est de même au Foreign Office et au ministère britannique de la défense (MoD) à Londres.
 
Selon Les quotidiens Le monde et Reuters, la position officielle des Etats-Unis consiste à « envoyer des secours médicaux et des vivres directement aux insurgés syriens ». Les Américains « excluent en revanche la fourniture d'armes de crainte qu'elles ne tombent entre les mains de combattants islamistes qui pourraient les utiliser pour commettre des attentats anti-occidentaux ». Les deux principaux pourvoyeurs d'armes présumés aux rebelles syriens sont, croit-on savoir, la riche Arabie saoudite et la « gazo-monarchie » du Qatar. Mercredi, le Conseil ministériel de la Ligue arabe a décidé d'autoriser les Etats membres à armer les adversaires de Bachar al-Assad.
 
L'avis d'un spécialiste
 
Georges Malbrunot, reporter au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient [1] nous apporte quelques détails supplémentaires d'après une source militaire française au Moyen-Orient :
 
« Ils structurent, encadrent et donnent des conseils aux insurgés syriens depuis la fin de l'année dernière »
, poursuit notre source. Cette formation se déroule au « King Abdallah special operation training center » (Kasotec) situé au nord d'Amman, la capitale jordanienne.
 
Les membres des Forces spéciales américaines participent à cette instruction en vue de renforcer la capacité d'action des opposants à Bachar el-Assad. Ceux-ci peinent en effet face à la supériorité aérienne de l'armée syrienne. Des Forces spéciales britanniques et une poignée de Français aident également les rebelles syriens, toujours au Kasotec.
 
Les Forces spéciales américaines déployées en Jordanie font également « des pénétrations en territoire syrien » pour surveiller les armes chimiques du régime. Leur dissémination aux mains des djihadistes ou du Hezbollah libanais pro-iranien suscite la plus grande inquiétude en Israël, aux Etats-Unis mais également chez l'allié russe de Bachar el-Assad.
 
Nous révélions l'autre jour que des unités Delta des Forces spéciales américaines étaient déployées à Harissa au nord de Beyrouth. Officiellement pour la formation de leurs homologues libanaises. Mais en fait, ces unités Delta font également de la pénétration en territoire syrien.
 
Hier à Rome, John Kerry, le nouveau secrétaire d'Etat américain, a annoncé des aides non léthales à la rébellion syrienne (gilets par balles, véhicules blindés et de l'entraînement). Mais comme souvent lors d'un conflit, les Forces spéciales n'ont pas attendu les annonces officielles pour passer à l'action. Dans le plus grand secret, bien sûr...
 
Notes
 
[1] Grand reporter au Figaro, Georges Malbrunot sillonne le Moyen-Orient depuis vingt ans. De 1994 à 2004, il a été correspondant à Jérusalem, puis à Bagdad.
 
Sa connaissance de la région lui a permis de révéler la mort du criminel de guerre Aloïs Brunner en Syrie, les médecins français de Saddam Hussein, et les contacts secrets noués entre la France et le Hamas.
 
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le conflit israélo-palestinien et l'Irak : Des pierres aux fusils, les secrets de l'Intifada ; Les Mémoires de Georges Habache ; et avec Christian Chesnot, L'Irak de Saddam Hussein, Portrait total ; Les années Saddam en collaboration avec le traducteur de Saddam Hussein.
 
Il fut détenu en otage avec C. Chesnot pendant quatre mois en Irak en 2004.



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