Synchronicités : Et si le réel cherchait à communiquer avec nous ?


La synchronicité est la chose la plus mystérieuse au monde. Le terme de synchronicité est celui utilisé par les para-psychologues pour désigner une « coïncidence signifiante ». Chacun en fait l'expérience, plus souvent qu'on ne le pense. Mais les synchronicités ne sont pas de « simples » coïncidences, des accidents de hasard sans signification.
 
Feuilletant une collection à moitié oubliée de vieilles photos, vous êtes surpris de trouver le cliché d'un ami avec lequel vous avez perdu contact il y a des années. Le téléphone sonne juste après et la voix à l'autre bout appartient à la personne sur la photo.
 
Vous désespérez de trouver une place de parking parce que vous voulez être à l'heure pour un rendez-vous très important. Pas une seule place aussi loin que l'oeil se porte. Soudain, une voiture démarre devant vous, vous laissant une place juste devant l'adresse où vous êtes attendu.
 
Vous venez de finir un livre sur les oiseaux rares, quand le premier colibri que vous voyez dans votre jardin vient boire le nectar d'une fleur.
 
Ce sont des incidents typiques de synchronicité. Et alors que la plupart des gens les balayent comme des hasards sans signification, certains parmi les plus grands esprits de l'histoire se sont mesurés à cette énigme universelle. Le mot « synchronicité » a été inventé par un psychologue de renom du siècle dernier, Carl Gustav Jung (wiki). Malgré sa fascination à ce sujet, même Einstein n'a pu comprendre comment elle fonctionnait.
 
Une synchronicité qui m'est personnellement arrivée en 1991 m'a incité finalement à interviewer, les six années suivantes, une centaine de personnes sur ce qu'elles ressentaient concernant cette insaisissable énigme. Les coïncidences signifiantes que ces gens me confièrent m'ont plus éclairé que tout ce que j'avais jamais lu sur ce sujet.
 
Tout en les recueillant sans ordre particulier, je fus quelque peu stupéfait de voir que ces événements de synchronicité vécus par mes amis et relations se classaient dans des catégories répétitives. Bien que de nombreuses personnes interviewées différaient largement en âge, croyances spirituelles ou éducation, les coïncidences signifiantes qu'elles racontaient appartenaient toutes à des groupes particuliers d'expérience commune.
 
Élargissant ma recherche, je découvris que les personnes appartenant à d'autres cultures, parfois disparues depuis longtemps, il y a souvent plusieurs centaines d'années, tombaient dans les mêmes dix-sept catégories qui se dégageaient des hommes et des femmes qui me parlaient de leurs circonstances fortuites. Leurs témoignages souvent spectaculaires, occasionnellement drôles, toujours mystérieux, ont formé la base d'un livre, La synchronicité et vous, comprendre le rôle des coïncidences signifiantes dans votre vie. Une synchronicité est fondamentalement une forme de guidage qui entre dans la vie personnelle de tout être humain. Même si nous la rejetons consciemment, une part au moins de son influence pénètre notre subconscient.
 
Certaines « synchronicités-guides » forment une catégorie décrite au mieux comme des « avertissements ». Un cas représentatif de synchronicité servant d'avertissement qui n'apparaît pas dans mon livre a été raconté par la poète californienne Miriam Hohf :
 
« Il y a de nombreuses années, quand j'étais une petite fille vivant dans la campagne de Pennsylvanie, je faisais de longues promenades toute seule dans les champs et dans la forêt, écoutant les oiseaux et parlant aux lapins et aux écureuils. Je n'ai jamais ressenti de peur et j'adorais tous les arbres et les animaux. Mais lors d'une belle journée ensoleillée, j'ai capté un environnement un peu différent.
 
Tout était absolument calme et immobile. Au moment où je m'approchais de l'orée de la forêt, une rafale de vent s'éleva tout d'un coup, agitant fortement les feuilles. Je m'arrêtai et les écoutai, parce que je sentais qu'elles me parlaient. Elles semblaient dire, « Va-t-en ! Ne viens pas dans les bois aujourd'hui ! Il y a du danger ! Danger ! Pas en sécurité pour jouer ici aujourd'hui ! Va-t-en ! » Pour la première fois, le froid de la peur s'infiltra en moi et je m'enfuis, presque en pleurs. Je ne suis pas retournée dans la forêt après, j'avais trop peur.
 
Une semaine environ après mon expérience, ma mère me parla d'une horrible histoire qui venait d'être publiée dans le journal local. Il semble que le jour même où les feuilles me parlaient, le corps d'une nouvelle petite fille était découvert par la police. Elle avait été violée avant d'être assassinée. Les esprits de la forêt m'ont-ils prévenue par le bruissement de leurs feuilles ? »

Une autre remarquable catégorie de synchronicité tombe dans la rubrique des nombres, se rapprochant presque d'une expérience mystique de l'homme, souvent avec des résultats surprenants. Le nombre 57, par exemple, est intimement lié à la Révolution américaine, comme le démontre abondamment le chercheur Arthur Finnessey dans un de ses livres.
 
Parmi les exemples exceptionnels qu'il cite, il y a la dernière fois que la Liberty Bell (« cloche de la liberté », symbole de l'indépendance américaine, située en Pennsylvanie), sonna, en hommage à George Washington, avant de se fendre le 22 février 1846 ? 57 ans après son 57ème anniversaire. En comptant les titres et signatures, le paragraphe final de la Constitution américaine, à la suite de ses sept articles comprend 57 mots. Elle a été ratifiée par 57 votes favorables, et toute loi constitutionnelle commence avec le 57ème mot de la Constitution - ce mot est « tout ». Le 6 février 1777, 57 semaines après la Bataille cruciale de Princeton, un autre tournant se produisit quand les français se joignirent à la cause américaine. Ils repoussèrent 19 navires de guerre britanniques, rendant possible la victoire de Washington sur Cornwallis le 19 octobre 1781, dans une guerre qui commença le 19 avril 1775 - 57 étant la somme de ces trois significatifs 19.
 
Les deux seules victoires de Washington sur le commandant britannique Cornwallis se déroulèrent à 57 jours d'intervalle. 57 jours ont aussi séparé d'autres batailles décisives de la guerre. L'anniversaire final des batailles de Lexington et Concord célébré pendant la guerre de la révolution était précisément de 57 mois, 57 semaines et 57 jours après qu'elles se soient déroulées. Le 57ème mois de la révolution se termina le 19 janvier 1780.
 
Un autre exemple étonnant a été la catastrophe du Titanic (heurté par un iceberg le 14 avril 1912, il coule le 15, mais en réalité, ce n'est pas le Titanic qui aurait sombré mais son « frère jumeau, l'Olympic, voir article BBB. De plus le logo de cette compagnie maritime est un pentagramme blanc sur fond rouge - lien) . Presque aucune autre événement du 20ème siècle n'a donné une aussi grande collection d'exemples impressionnants. En fait beaucoup firent partie des 17 catégories de synchronicité. Certains nombres particuliers ont joué également un rôle significatif dans le désastre du Titanic - entre autres le nombre 13, symbole de malchance.
 
Que ce nombre traditionnellement réputé malchanceux soit associé, en s'appuyant sur des faits, au paquebot le plus tristement célèbre ne devrait pas être une surprise. Deux exemples distincts vont servir à l'illustrer. Un journaliste britannique, W.T. Stead a démontré son mépris pour la superstition en terminant délibérément un récit le 13 avril 1912. Tentant le sort, sa narration décrivait la découverte d'un ancien sarcophage égyptien et la série de morts violentes supposées toucher quiconque traduisait verbalement son inscription. Le jour suivant, le RMS Titanic allait au devant d'une catastrophe dans laquelle Stead y laissa la vie.
 
Un compatriote qui défia d'un coeur léger le nombre mortel venait de Youngstown, dans l'Ohio. George Wick voyageait en Europe avec sa famille depuis plusieurs mois et il réserva son voyage de retour sur le Titanic. Pendant son transit vers Cherbourg, où le navire condamné devait faire son dernier accostage avec sa traversée transatlantique, il s'arrêta à Paris. Il y acheta un ticket de loterie, choisissant exprès le numéro 13, juste pour prouver à tout le monde qu'il n'était pas superstitieux. « On va voir ce qu'il va faire pour moi ! », déclarait-il. Plusieurs jours plus tard, Wick sombra avec le paquebot.
 
Les « avertissements » cités dans l'expérience d'enfance de Miriam Hohf ont pullulé à bord du Titanic avant qu'il ne parte en mer. Un insigne de la White Star se brisa entre les mains de Mme Arthur Lewis pendant qu'elle l'accrochait à la casquette de son mari. Il allait juste s'embarquer sur le Titanic comme steward. A l'époque elle considéra l'incident comme un mauvais « présage », bien qu'il ne prit pas au sérieux l'anxiété de sa femme, en disant que c'était une stupidité, jusqu'au naufrage du paquebot quelques jours plus tard. Heureusement, M. Lewis survécut.
 
Un autre avertissement en lien avec le Titanic, le colonel John Weir, ingénieur des mines à la réputation mondiale, annula presque son billet de première classe en raison de pressentiments sur le voyage. Résidant au prestigieux Waldorf Astoria de Londres, il s'éveilla la matin du 10 avril en découvrant qu'une carafe d'eau s'était fracassée sans raison dans la garde-robe, trempant ses vêtements. Il exprima ses pressentiments au directeur de l'hôtel, qui dissipa suffisamment les « superstitions » du colonel pour le faire embarquer à reculons sur le grand paquebot. Pendant la traversée, Weir raconta à son secrétaire que l'affaire de la carafe d'eau fracassée ne lui enlevait pas de l'idée que c'était un mauvais augure et il lui dit qu'il devait quitter le Titanic à la prochaine occasion, quand il accosterait à Queenstown en Irlande. De nouveau dissuadé de le faire, il resta à bord, juste pour sombrer avec le navire dont il pressentait le naufrage.
 
Pour décrire l'ampleur des phénomènes de synchronicité associés à la catastrophe, pas moins de 899 personnes qui avaient réservé au départ le voyage inaugural du Titanic refusèrent finalement de monter à bord en raison d'avertissements vécus sous des formes diverses de présages, pressentiments, rêves et événements prémonitoires. 4066 autres passagers potentiels, ou bien manquèrent le bateau ou annulèrent leurs réservations, en général dans des circonstances apparemment normales mais parfois en raison de coïncidences inhabituelles qui les empêchèrent de faire le voyage.
 
Blanche Marshall fit une crise d'hystérie le 10 avril pendant qu'elle et sa famille regardaient le panache de fumée du Titanic qui doublait l'île de Wight du haut du toit de leur maison. En mode de panique virtuelle, elle dit que le paquebot coulerait avant d'atteindre New York et s'insurgea contre son mari, ses filles et les domestiques qui ne partageaient pas sa vision d'une masse de gens en train de se noyer dans les eaux glacées de l'Atlantique nord.
 
Bien que ni Mme Marshall ni quiconque de sa connaissance n'aient navigué sur le Titanic, elle fut empêchée de monter à bord d'un autre paquebot condamné, exactement trois ans plus tard, par une prémonition similaire. En 1915, son mari avait réservé des places pour leur voyage de retour d'Amérique en Angleterre à bord du Lusitania. Elle n'eut aucune idée sur la question jusqu'à ce qu'elle voit la date du 1er mai sur les billets. Convaincue que le navire serait torpillé et coulé pendant ce voyage, Blanche le convainquit de changer leurs réservations.
 
Ce qui est intéressant est qu'elle sentait pouvoir voyager en sécurité sur le Lusitania à n'importe quel autre moment. Ce ne fut que la perspective d'une traversée le 1er mai qui l'alarma. Conformément à sa prémonition, le navire fut torpillé et coula entraînant de grosses pertes humaines pendant le voyage-même qu'elle avait refusé de faire.(D'après un article traduit sur le BBB en septembre 2011, le coulage du Lusitania était un false flag, la date du 1er mai étant symbolique de l'anniversaire de la création des Illuminati, pensez à la prétendue mort de Ben Laden un 1er mai. Ce pourrait être l'égrégore de ce jour symbolique que la femme a capté)
 
Il existe une sous-catégorie de « prémonitions », celle de la littérature en synchronicité. Publié en 1892, le livre De l'ancien monde au nouveau, décrivait le naufrage d'un paquebot de ligne après sa collision avec un iceberg dans l'Atlantique nord. Le nom fictif de son capitaine, E.J. Smith, était le même que celui de l'homme qui commanda 20 ans plus tard le RMS Titanic. Curieusement, l'auteur de ce livre, W.T. Stead, laissa sa propre vie sur un navire du même genre. (Wiki dit que ce journaliste et écrivain était « spiritualiste » et qu'il créa un journal militant avec Annie Besant, qui dirigea la société théosophique. Ce fut W.T. Stead qui y initia Besant en lui faisant lire un des livres de H.P. Blavatsky, la Doctrine Secrète. De là à dire que l'histoire naufrage du Titanic fut un coup fourré, il n'y a qu'un pas cheveu. Il est dit qu'il y a une histoire de banquiers à la clé.)
 
Pendant que le Titanic se préparait à son voyage inaugural, le numéro de mai du magazine Popular sortait des presses avec l'histoire fictive de l'Amiral, un paquebot de 243 mètres de long croisant dans l'Atlantique nord par mer calme à 22 noeuds. Il heurte un iceberg et coule, laissant des survivants parmi son millier de passagers secourus par un bateau à vapeur. Des similitudes avec la tragédie réelle convainquirent les lecteurs que l'histoire était basée sur les détails du Titanic. Mais on dit que l'auteur Mayn Clew Garnett aurait reçu les détails de sa nouvelle lors d'un rêve qu'il avait fait en naviguant à bord de l'Olympic, le frère du Titanic. Tout en ayant pu être influencé par des ressemblances physiques remarqués pendant son voyage à bord du navire jumeau, le choix de Garnett pour le 43ème degré de latitude nord pour la collision de l'Amiral avec un iceberg correspondait à la position du Titanic quand il rencontra un destin identique.
 
La littérature n'est pas le seul art à figurer dans les événements de synchronicité. Plus par humour noir que par prémonition consciente, un homme d'équipage et sa femme enregistrèrent leurs voix le 7 avril 1912, le mari en chantant « Juste pour revoir ton visage » et la femme « Fidèle jusqu'à la mort », avant de prendre son service sur le plus grand paquebot du monde. Trois jours plus tard, il voguait sur le Titanic, mais ne revint jamais.
 
Une interaction animale dans l'expérience humaine occupe une catégorie distincte de synchronicité et elle fut présente dans l'histoire du Titanic. La croyance des anciens marins que les rats quittent les navires longtemps avant un apparent danger de naufrage fut démontrée à bord du Titanic, lorsque deux mécaniciens de la chaufferie virent des rats pris de panique s'enfuir vers l'arrière du navire, s'éloignant du tribord avant. Le jour suivant, l'iceberg heurta exactement cet endroit. Les deux hommes survécurent à la catastrophe parce que l'apparition soudaine des rats les avait rendus suffisamment mal à l'aise pour qu'ils se retrouvent aussi souvent que possible dans le voisinage immédiat des canots de sauvetage.
 
Un autre incident de synchronicité animale associé au Titanic concerne Bess, une jument pur-sang (pas à bord du Titanic !) appartenant à Isadore Straus, le co-fondateur du magasion Macy. La nuit même où lui et sa femme furent tués dans le naufrage, la jument âgée de 6 ans mourut soudain pour une raison que le vétérinaire fut incapable de déterminer.
 
Les sensations tactiles composent un sous-chapitre sur la « mort » dans les synchronicités. L'inexplicable parfum de fleurs associé à quelqu'un de proche et récemment décédé n'est pas inhabituel. Un autre exemple avec May de Witt Hopkins, qui sentit une odeur de roses dans sa maison de Londres une journée après le naufrage du Titanic. Bien que la nouvelle du désastre s'était répandue à ce moment-là, les noms de ceux qui étaient à bord n'étaient pas encore publiés. Mais avec l'odeur de fleurs remplissant sa chambre sans source apparente, Hopkins sentit soudain que quelqu'un qu'elle connaissait essayait de l'informer de sa mort. Elle apprit plus tard qu'un ami, qui était à l'insu de Hopkins passager à bord du paquebot, avait bien péri pendant le naufrage. Sa propre mère, à la fin du 19ème siècle avait été alertée de manière semblable de la mort d'un être cher par une mystérieuse odeur de fleurs.
 
Des « objets inanimés », comme l'insigne de la White Star qui se désintégra dans les mains de Mme Lewis, se placent dans un groupe largement représenté d'expériences de synchronicité. Le directeur général de la White Star Line, Joseph Bruce Ismay, survécut au Titanic, mais démissionna de son poste ensuite, parce qu'il fut accusé publiquement, quoique de manière injuste, de la tragédie. Il passa les 25 années suivantes dans un quasi-isolement, et mourut le dimanche 17 octobre 1937. Ce dimanche après-midi-là, un miroir ovale qui était accroché dans le bureau d'Ismay pendant sa fonction à la White Star Line se décrocha soudain et se brisa en morceaux sur le sol.
 
Deux semaines après que le Titanic ait coulé, une grosse caisse de bois non réclamée sur le quai 61 du port de New York, fut ouverte par les autorités portuaires. Ils furent surpris de voir qu'elle contenait une maquette méticuleusement détaillée du navire naufragé. Elle avait été envoyée au départ aux US dans des buts promotionnels de la part de la White Star Line et devait retourner dans les bureaux londoniens par le voyage de retour du paquebot. Mais la représentation de 9 mètres de long était exacte par bien plus de détails inexplicables. Bien qu'elle présentait une rangée de 20 bossoirs (dispositif de levage pour hisser les canots de sauvetage), il n'y avait qu'une douzaine de canots de sauvetage miniature. De plus, la proue était en partie défoncée et une longue fissure apparaissait de la quille (partie la plus basse d'un bateau) vers le pont supérieur, mimant les dégâts réels subis par le Titanic.
 
Comme on pourrait s'y attendre, les « rêves » sont une importante catégorie de synchronicités. Pendant un voyage en Europe au printemps de 1912, un avocat de New York, Isaac Frauenthal, rêva qu'il était à bord d'un grand navire qui entrait en collision avec un objet flottant et commençait à couler. Ce fut un long cauchemar détaillé, dont il retint clairement les visions et les bruits. Plusieurs nuits plus tard, le même psychodrame se répéta et il dit à son frère et à sa belle-soeur que ce devait être un avertissement concernant leur futur voyage sur le RMS Titanic.
 
Mais ils se moquèrent de son rêve et purent le convaincre de faire la traversée de retour vers l'Amérique à bord du paquebot de la White Star. Tous trois survécurent au naufrage prédit dans le cauchemar récurrent d'Isaac.
 
Les aspects peut-être les plus inexplicables de la synchronicité sont ceux beaucoup moins fréquents de « vies parallèles ». Quand Lucien P. Smith échappa de peu à la mort pendant le terrible incendie du Viking Princesse en 1966, c'était sa deuxième catastrophe maritime majeure. Survivant du Titanic, il était dans le ventre de sa mère quand le bateau coula, comme Mme Astor, aussi à bord, enceinte de son fils John Jacob. Les deux enfants naquirent huit mois après le naufrage, dans lequel périrent leurs pères. Leurs mères moururent la même année, en1940.
 
Les vies individuelles et les conflits majeurs sont des événements parfois si puissants qu'ils font écho au-delà de leur propre temps et apparaissent se rejouer dans le futur. Un tel cas extraordinaire d'histoire parallèle commença à se dérouler quand William C. Reeves monta à bord d'un bateau à vapeur, le Titanian, en tant que marin ordinaire, en partance de l'Écosse pour New York le 13 avril 1935. Dix jours plus tard, on lui ordonna de faire le guet sur le gaillard d'avant.
 
Bien que la mer soit calme, c'était une nuit noire sans lune. Reeves commença à se sentir de plus en plus mal à l'aise, non seulement à cause de la très mauvaise visibilité qu'il assumait en tant que sentinelle, mais il repensait aussi au roman d'anticipation de Morgan Robertson qu'il lisait dans sa cabine. Reeves était incapable d'empêcher son esprit de dériver vers le moment dramatique du livre quand la sentinelle du Titan échoue à voir à temps l'iceberg afin d'éviter une catastrophe. Il ne pouvait non plus s'empêcher de remarquer l'ironique similitude entre le nom de son bateau, le Titanian, et le Titan de Robertson avec le Titanic.
 
Comme son sens de l'ironie s'alourdissait d'anxiété, il réalisa que l'heure était maintenant 23 h 35, juste cinq minutes avant l'heure à laquelle le Titanic heurta l'iceberg. Reeves savait que les pénalités étaient sévères si on jetait une fausse alarme, l'obscurité devant le navire ne montrait aucun signe de danger, et pendant un moment il hésita à agir. Mais finalement des sensations de collision imminente le submergèrent et il ordonna au pont de stopper les machines, « Iceberg droit devant ! »
 
La vitesse du bateau à peine diminuée, il frappa plusieurs gros blocs de glace, qui tordirent sa proue et mirent son hélice hors service. Ralentissant jusqu'à l'arrêt total, l'équipage du Titanian fut abasourdie d'apercevoir un énorme iceberg se dresser devant eux, sortant de l'obscurité. La montagne flottante apparut à 23 h 40, à la même heure que la collision du Titanic. Si le Titanian n'avait sans nul doute stoppé à temps il aurait suivi son prédécesseur au fond. Un SOS envoyé à Cap Race, Terre-Neuve, ramena des secours à l'équipage bloqué.
 
Les multiples synchronicités de cet événement en parallèle - les noms identiques des navires, la puissante prémonition de Reeves, sa lecture, la même heure précise de la rencontre avec un iceberg mortel ? dépassent de loin toutes les considérations qu'on attribueraient à une pure chance. Elles définissent clairement comme phénomène légitime le principe qui opère dans les coïncidences signifiantes.
 
Par Frank Joseph - Traduction par Hélios (bistrot bar blog)



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