Suisse : le chef de l'Armée considère la crise de la dette en Europe comme la menace principale


Lors d'une conférence à la Chambre de commerce belgo-suisse à Bruxelles, le commandant de corps suisse André Blattmann, chef de l'Armée, a déclaré que la crise de la dette en Europe et le chômage élevé qui l'accompagne constituaient, pour la Suisse, la plus grande menace en matière de politique de sécurité.
 
Ce jugement n'a pas particulièrement attiré l'attention, jusqu'à ce que l'hebdomadaire belge, La Libre Belgique, reprenne les déclarations du chef de l'Armée suisse, ce qui a mis la puce à l'oreille de la Commission européenne. Agacée, la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde, a déclaré vendredi dernier que Bruxelles ne comprenait pas les peurs de la Suisse. Que la Commission européenne n'avait aucune intention de commenter de pareils « scénario-catastrophe ». Selon elle, l'Union européenne est et demeure un projet de paix.

« C'est en tant que telle qu'elle a récemment aussi été honorée du prix Nobel de la paix » (ben voyons...)
Hors caméra, le ton employé était encore plus strident : on verserait de l'huile sur le feu, on attiserait la peur de l'UE et de toute manière, de pareilles fantaisies étaient risibles. Ah bon : ces gens de Bruxelles n'ont vraiment pas beaucoup de raisons de rigoler.
 
Le chef de l'Armée regrette la « colère de Bruxelles », mais il affirme qu'il maintient son point de vue. Il dit que le but de n'importe quelle organisation de sécurité était de se préparer à des cas difficiles. Qu'il avait parlé des risques pour la sécurité en relation avec la crise de la dette. Si des cohortes de réfugiés débordaient sur la Suisse, l'armée devait protéger l'infrastructure nationale sensible, même s'il ne désirait pas voir ce scénario.
 
L'armée a exercé ce cas en septembre. Au cours de l'exercice « Stabilo Due », une pareille situation a été envisagée.

L'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt craint lui aussi une révolution en Europe
 
Le mercredi 7 novembre, lors du forum économique de l'hebdomadaire de Hambourg Die Zeit, l'ancien chancelier Helmut Schmidt a déclaré, devant 600 invités de l'économie et de la politique, qu'avec la crise de surendettement en arrière-plan, il n'est pas impensable qu'il y aura de profonds changements politiques et économiques.
 
« Nous nous trouvons à la veille d'une possible révolution en Europe »
, prévient Schmidt. Il pressent que dans toute l'Europe la confiance dans les institutions européennes a diminué. La situation en Chine et aux Etats-Unis est également caractérisée par des incertitudes.

L'Europe, un projet pacifique ?
 
Il faut analyser plus en détail les raisonnements de Bruxelles. La circonstance curieuse que « l'UE a reçu un prix Nobel de la paix » (lequel a été remis au cours des dernières années à plusieurs criminels de guerre), est interprétée par la porte-parole de la Commission européenne comme s'il était impossible qu'il y ait des troubles.
 
Mais soyons un peu plus provocants : qu'est-ce que le projet pacifique entreprend pour combattre le chômage ? Par exemple en Grèce, en Espagne et de plus en plus dans tous les pays de la ceinture méridionale et occidentale de l'UE ? L'ancien chancelier Schmidt mentionne des révolutions qui dé­stabilisent. Dans ce domaine, André Blattmann et d'autres attendent une réponse. Au lieu d'instaurer une formation professionnelle pour la jeune génération, l'UE choisit de toutes autres solutions : il y a bien longtemps qu'on instaure de vastes appareils policiers pour combattre les révoltes. C'est pourquoi la déclaration de vendredi de la porte-parole de la Commission européenne est pleine d'hypocrisie.

Un chef de l'Armée lucide
 
Il y a un an et demi, au printemps 2010, le commandant de corps André Blattmann avait montré la même « carte des risques » comme celle qu'il vient de présenter à Bruxelles, et il avait désigné cinq pays comme étant « en danger »: la Grèce, l'Espagne, l'Italie, la France et le Portugal. Bien des collaborateurs des médias et d'autres personnes un peu entravées dans leur pensée par le ton dominant, des « experts en sécurité » et des parlementaires ont alors fait la moue. Avant tout en Suisse alémanique. André Blattmann a même dû entendre au Parlement :
 
« Mais tu n'as pas le droit de dire ça ». 
Ces gens n'ont pas voulu reconnaître qu'une armée qui ne peut plus appeler une menace par son nom, a un assez gros problème. Comment pourra-t-elle s'exercer alors ?
 
Comme dit l'adage: « La réalité n'est jamais polémique, elle est tout au plus désagréable. »



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