Sixième sens : L'Homme percevrait-il les champs magnétiques ?


Bien que la nouvelle ne soit pour le moment pas encore prouvée, cette nouvelle étude démontre une réaction neuronale au stimuli magnétique, et si réponse il y a, c'est qu'une perception est donc bien établie par notre cerveau.

Si l'hypothèse se vérifie, cela signifie-t-il que nos ancêtres hominidés bénéficiaient d'un sens de l'orientation bien plus développé que celui que nous possédons aujourd'hui, et si oui, à quel moment de l'évolution s'est il estompé ?

Toujours en se basant sur la théorie de l'évolution (controversée) prônée par Charles Darwin, s'agirait il sinon d'une capacité laissé en héritage par nos ancêtres mammifères dans nos gênes, et qui s'est « désactivée » à un moment donné ?

L'article ne dit pas quelles pourraient être les répercussions sur notre quotidien des changements perçus par notre cerveau, ni de quelle manière elles se manifesteraient. Une autre étude précédente (2008) relayée par Science et Vie (réservé aux abonnés) reste assez controversée, et la lecture d'un avis critique pertinent est lisible sur un blog du site Le Monde. D'autres se veulent plus affirmatifs et avancent que « Nous Avons un Sixième Sens Magnétique ».

Si pour le moment rien n'est sûr, de prochaines expériences à venir devraient nous en dire plus à ce sujet et lever le voile...

Le Veilleur

L'Homme percevrait les champs magnétiques, affirme un scientifique

D’après Joe Kirschvink, du Caltech, l'être humain possède un sixième sens qui lui permet de détecter le champ magnétique terrestre. Une telle capacité a déjà été repérée chez des oiseaux et est suspectée chez des mammifères. Chez l'Homme, l'hypothèse a été évoquée mais sans preuve tangible.

1467196353_MagnetoGlobes.jpg Oiseaux, insectes, mammifères… De nombreux animaux semblent posséder un sens magnétique. Alors pourquoi pas l’Homme ? Les oiseaux, bien sûr, l’utilisent pour s’orienter lors de leurs migrations.

Mais il a aussi été mis en évidence chez des mammifères : ainsi, des souris des bois et des rats taupes utilisent les lignes de champ magnétique pour construire leurs nids ; dans les pâtures, le bétail a semblé, lors d'une étude, s'orienter le long de ces lignes et les chiens se placent peut-être en position nord-sud quand ils font leurs besoins.

Deux hypothèses peuvent expliquer la magnétoréception chez les animaux. La première est que le champ magnétique terrestre influence des protéines appelées cryptochromes, trouvées dans la rétine d’oiseaux, de chiens et même d’humains. La seconde hypothèse est qu’il existe dans l’organisme des cellules réceptrices contenant de minuscules boussoles formées d’un minéral magnétique : la magnétite. Elles s’orienteraient en fonction du champ magnétique terrestre. La magnétite a été trouvée dans des cellules du bec des oiseaux.

C’est cette hypothèse que privilégie Joe Kirschvink, du Caltech (Institut californien de technologie), un spécialiste du biomagnétisme mais aussi du paléomagnétisme. Ce chercheur est célèbre en tant qu'inventeur de l’hypothèse de la « Terre boule de neige ». En 1992, en effet, il affirmait que les glaciers recouvraient la totalité du globe terrestre il y a plus de 650 millions d’années. Leur fonte aurait favorisé l’explosion cambrienne il y a 540 millions d’années.

Un champ magnétique dans une cage de Faraday

Des travaux précédents ont déjà essayé de mettre en évidence un sens magnétique chez l’Homme, mais ils n’étaient pas reproductibles. Ceux de Joe Kirshvink, en revanche, le sont, affirme-t-il. En avril dernier, il présentait ses résultats au congrès du Royal Institute of Navigation, au Royaume-Uni. Il affirme que « les humains ont des magnétorécepteurs fonctionnels ». Cette découverte est également décrite dans la revue Science Magazine.

1467196144_Final_explainer.jpg L’étude en question a porté sur 24 personnes et a seulement fait l’objet d’une communication ; elle n’est pas publiée dans une revue à comité de lecture. L’expérience, commencée en 2014 avec Joe Kirschvink lui-même, a utilisé une grande cage de Faraday, une boîte en aluminium faisant écran à l’environnement électromagnétique.

Les « cobayes » s’assoient dans la cage, dans le noir, et sont exposés à un champ magnétique pur, uniforme, sans aucune autre interférence, ni stimulus. Les participants portaient des capteurs sur le crâne pour réaliser un électro-encéphalogramme, afin de suivre leur activité cérébrale. Les chercheurs peuvent modifier l’orientation du champ magnétique.

Durant cette étude, différents tests ont été réalisés ; dans certains, un champ magnétique aussi fort que celui de la Terre tournait lentement autour de la tête des participants. Quand le champ magnétique tournait à l’inverse des aiguilles d’une montre, les ondes alpha des participants chutaient. Des neurones semblaient donc répondre au champ magnétique. De plus, la réponse neurale avait lieu après un petit délai (quelques centaines de millisecondes), ce qui suggère une réponse cérébrale active, d’après le chercheur. Pour l'instant, les résultats s'arrêtent là mais le chercheur promet que d'autres laboratoires, au Japon et en Nouvelle-Zélande, tenteront de confirmer ses résultats.

Par Marie-Céline Jacquier - Futura-Sciences



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