Scandale du Libor : l'enquête suspecte quatre banques européennes


Les régulateurs bancaires enquêtant sur le scandale du Libor se penchent sur les liens entre les traders de la banque britannique Barclays, à l'origine du scandale, et ceux de quatre autres banques européennes, dont deux françaises, selon le Financial Times (lien).
 
Il s'agirait d'employés des banques françaises Société générale et Crédit agricole, de l'allemande Deutsche Bank (lien) et de la britannique HSBC, selon le site Internet du journal britannique qui cite des sources proches du dossier, et qui précise que ces personnes ne travaillent plus pour les banques en question. Selon le journal économique, un des traders de Barclays impliqué dans le scandale aurait pu tisser des liens avec des homologues de ces banques.
 
Concernant l'implication éventuelle de banques françaises, le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer (lien), a déclaré mercredi qu'« elles ont été interrogées par les autorités compétentes et les réponses, apparemment, ont été satisfaisantes puisqu'à ce stade, il n'y a aucune suite ». « Pour l'instant, personne n'a dit, n'a émis l'idée qu'elles avaient participé », a-t-il martelé.
 
STATUT DE « TÉMOIN REPENTI »
 
Selon les informations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel (lien) publiées dimanche, la Deutsche Bank a proposé aux autorités européennes et suisses de coopérer totalement avec les enquêteurs, afin d'éviter une condamnation trop lourde, en bénéficiant d'un statut de « témoin repenti ».
 
Le taux interbancaire Libor fait aujourd'hui l'objet d'un scandale retentissant au Royaume-Uni (lien), après la mise au jour de manipulations effectuées par la banque britannique Barclays entre 2005 et 2009. Les révélations concernant Barclays ont entraîné la démission du président et du directeur général de l'établissement qui devra payer environ 360 millions d'euros (lien) pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain (lien).
 
La Chambre des communes britannique va constituer une commission d'enquête parlementaire sur le sujet (lien) et l'office britannique de lutte contre la délinquance financière (SFO) s'apprête à ouvrir une enquête pénale (lien). La Commission européenne a également lancé une enquête sur l'ensemble des principaux taux du marché interbancaire (lien).
 
Pénalisées par leur éventuelle implication dans cette affaire, les titres des banques françaises étaient en recul jeudi matin sur le marché parisien. Vers 9 h 20, le titre Société Générale perdait 2 % à 17,05 euros et Crédit Agricole lâchait 1,27 % à 3,34 euros, dans un marché en hausse de 0,38 %.
 
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