Russie : Après l'alliance avec la Chine, Poutine confirme l'alliance avec l'Amérique latine


Dans la continuité de l'alliance sino-russe qui a défrayé la chronique récemment, la Russie continue sa politique d'un monde multipolaire dans une alliance avec l'Amérique latine. Dans ces alliances, Poutine assure non seulement la pérennité économique de la nation qu'il représente, mais opère également au rapprochement des pays dont la politique s'oppose à la domination américaine.
 
Inutile de préciser que l'alliance de ces pays avec la Russie, dans le cadre d'échanges économiques non liés à l'utilisation du dollar, va porter un coup supplémentaire à la suprématie de ce dernier, et les Etats-Unis qui profitaient jusqu'ici de leur statut dominant feront tout pour maintenir cette situation, ou dans tous les cas feront tout pour freiner ce mouvement vers le changement. Nous avons vu précédemment que le Président de la Banque de France menaçait de tourner le dos au dollar, et le 10 juillet, nous apprenons suite à l'affaire des écoutes de la NSA que les autorités allemandes ont officiellement notifié à l'officier à l'ambassade US à Berlin, qu'il était expulsé du pays. Cette décision est sans précédent dans les relations entre les USA et l'Allemagne, et ce au moins depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale...
 
Dans un commentaire lors d'un interview avec l'économiste français Jacques Sapir en juin 2014, ce dernier précise son point de vue, ou plutôt l'élargit en le portant au niveau de la politique et des relations internationales. Il écrit notamment :
 
« Ainsi donc le bouleversement dans le monde de la haute finance préparé de longue date par les financiers chinois et russes va torpiller la capacité américaine de projeter ses forces armées à l'étranger. Et comme on vit à l'époque de la Bourse mondiale, on ne donnerait pas cher pour la devise d'un état dont l'économie souffre des carences de stagnation (à ne citer que Detroit) et qui ne peut plus faire peur. Bref les Etats-Unis n'auront plus les moyens de rançonner le monde et de porter la guerre en Ukraine, en Irak, en Afghanistan et au Proche-Orient. A partir de ce moment-là l'histoire reprendra son cours naturel mais sans Washington qui sera relégué au rang des puissances régionales... »
Le veilleur
 
Difficile à dire si ceux qui avaient parlé encore tout récemment d'isoler la Russie sur la scène internationale se sentent ridicules ou non (après tout ils sont bien habitués à l'être ces derniers temps), mais vraisemblablement ils le devraient...
 
La tournée de Vladimir Poutine en Amérique latine est un succès. Un grand succès. Et une nouvelle grande victoire géopolitique. De la même manière que celle qui a suivi la visite du président russe en Chine, en mai dernier. Cette dernière avait alors définitivement confirmé l'alliance entre la Russie et la Chine, en dépit des « efforts » occidentaux à saper cette alliance. Cette visite a pour rappel permis non seulement d'obtenir une nouvelle grande victoire géopolitique à la Russie mais également et sur le plan économique, a confirmé la diversification majeure de ses relations dans le domaine économique, notamment en ce qui concerne les livraisons de gaz, et qui a résulté en la signature d'un contrat gazier historique, prévoyant l'approvisionnement en gaz russe de l'Empire du Milieu pour les 30 prochaines années.
 
La meilleure réponse qui soit à l'Union européenne qui d'une manière infatigable (et comme toujours sous pression étasunienne) parlait de la nécessité d'une plus grande « indépendance énergétique » de l'UE vis-à-vis de la Russie (sans avoir véritablement de plan B). La Russie, elle, a préféré prendre les devants et l'initiative, et en signant ledit accord historique avec la Chine, a diversifié, et de quelle manière, son portefeuille clientèle. Après tout, les affaires sont les affaires. Mais en général, et étant quelqu'un pour qui l'entreprenariat n'est pas étranger, je peux dire qu'il est toujours préférable de faire des affaires avec quelqu'un dont on partage une vision commune et des valeurs proches. Justement, la Russie et la Chine (sans oublier les autres pays des BRICS) partagent largement une vision commune sur l'avenir du monde et les relations internationales.
 
Pour revenir à l'Amérique latine, cette visite du leader russe fait déjà grand bruit dans le monde entier, l'Occident ne faisant pas exception. Avant d'arriver à Cuba, première étape de cette tournée latino-américaine, Vladimir Poutine a signé le décret annulant 90% de la dette de Cuba (datant de l'époque soviétique) d'un montant total de 35 milliards de dollars. Les 10% restant vont être remboursés par Cuba sur une période de dix ans, pour ensuite être réinvestis par la Russie à Cuba, dans bon nombre de projets communs. L'un de ces projets concerne la coopération dans le domaine pétrolier, en l'occurrence la recherche et l'exploitation pétrolière dans le golfe du Mexique.
 
L'autre aspect de la coopération bilatérale concernera la création d'une base de ravitaillement à Cuba pour les navires russes. Comme l'a souligné le président russe à l'agence de presse internationale cubaine Prensa Latina, la coopération entre la Russie et Cuba revêt un caractère stratégique et est orientée sur le long terme. Vladimir Poutine a par ailleurs rencontré le Comandante et leader charismatique de la révolution cubaine, Fidel Castro, avec lequel il a eu un long entretien privé, qui a porté sur les questions internationales et l'état de l'économie mondiale.
 
La prochaine escale devait être l'Argentine, autre partenaire stratégique de la Russie dans la région, mais le président russe a décidé de modifier légèrement le plan de sa tournée, afin de passer d'abord par le Nicaragua, pays ami et allié de longue date de la Russie. Le président nicaraguayen Daniel Ortega a personnellement rencontré Vladimir Poutine à l'aéroport. Les discussions ont porté sur grand nombre de projets communs, dont la livraison de matériels agricoles russes, le déploiement des stations au sol du système russe de positionnement par satellites GLONASS (ndv : le remplacement du système GPS américain faisant suite aux sanctions américaines envers la Russie) sur le territoire du Nicaragua, la coopération dans le domaine de la pharmacologie, ainsi que la création d'une base d'approvisionnement de navires russes.
 
Après donc le Nicaragua, le président russe se rendra comme prévu en Argentine où il rencontrera la présidente du pays Cristina Fernandez de Kirchner. Les relations russo-argentines actuelles sur le plan politique, économique, commercial et culturel battent leur plein et ne cessent d'aller de l'avant. Après l'Argentine, Poutine se rendra au Brésil, leader de la région, également partenaire stratégique de la Russie et membre des BRICS. Au Brésil, plusieurs rencontres sont prévues, les deux pays ayant d'importants projets économiques communs et une vision très proche sur l'actualité internationale. Par ailleurs, le président russe assistera à la finale de la Coupe du monde de football au Stade Maracana, à Rio de Janeiro. Le Brésil passera alors le relais à la Russie, qui accueillera la prochaine Coupe du monde de 2018.
 
Pour finir, revenons à ce que nous avons dit au début. Certains n'ont toujours pas froid aux yeux de se ridiculiser constamment. C'est leur droit. Mais franchement et après cette tournée latino-américaine du leader russe, on a vraiment de quoi à se poser des questions sur l'état mental de certains leaders occidentaux et plus globalement de l'élite politique occidentale, ainsi que de leurs marionnettes.
 
Quant aux amis de la Russie, ils ne manquent pas : Cuba, le Nicaragua, l'Argentine, le Brésil, sans oublier bien sûr les autres alliés de la Russie que sont le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur ou encore l'Uruguay, et le tout uniquement dans le cadre d'une région, en l'occurrence l'Amérique latine. Cela sans parler des alliés et partenaires stratégiques de la Russie au niveau de l'Union eurasienne avec les pays issus de l'Empire russe et l'ex-URSS. Sans parler des poids lourds que sont la Chine et l'Inde, ainsi que les autres pays des BRICS. Sans parler des amis de la Russie en Afrique et dans le monde arabe.
 
Et quelqu'un parle encore « d'isoler » la Russie ? A ce rythme, ceux qui parlent constamment et d'une manière hystérique, d'isoler tout le monde (tout en restant une minorité) finiront très rapidement eux-mêmes isolés. Et c'est leur choix. La dure réalité, pour cette même minorité, du nouveau monde. Un nouveau monde qu'ils finiront par accepter, qu'ils le veuillent ou non...
 
Par La Voix de la Russie

Lire également « L'avenir des relations entre l'Europe et la Russie se joue peut-être en ce moment » par Jean-Paul Baquiast sur The French Saker



Commentaires 3

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Intéressant mais tout aussi inquiétant ! Certes, comme je l'ai déjà dit il faut que l'Amérique redevienne un pays comme les autres mais pas que nous ayons un nouveau champion en remplacement. Or la man?uvre de Poutine, pour toute pertinente soit-elle ne risque-t-elle pas d'amener la Russie à faire valoir son droit de regard sur les politiques des autres pays, refaisant (peut-être en moins pire) ce que les États-Unis ont mis en place depuis des décennies. Remplaçant un système de fonctionnement des monnaies déficient par un autre mais toujours aux mains des banquiers et financiers donc n'apportant aucune amélioration pour les peuples. Et c'est sans compter sur les américains qui foutu pour foutu risquent fort de ne pas hésiter à faire tomber le reste du monde, histoire de gâcher le plaisir de l'alliance Russe. Certes le plan Poutine prévoit une guerre sans morts juste pour contrer l'hégémonie des U.S.A et du dollar, mais c'est sans compter sur d'autres volontés qui agissent pour entraîner le monde à sa perte. L'histoire n'est pas finie et demande donc la plus grande prudence de la part des observateurs et acteurs car le terrain me semble bien miné.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Il faut que l'hégémonie américaine cesse, point ! La crainte d'un « remplacement » par la Russie est en grande partie fabriquée, et entretenue par les mémoires de l'ex urss. Je ne veux pas être fiché comme un fanatique de Poutine, mais quand a il pour la dernière fois envoyé des troupes armées dans un conflit ? Quand s'est il pour la dernière fois ingéré dans les affaires d'un pays au prétexte « d'amener la démocratie » ? Quand a il participé au renversement organisé d'un gouvernement à des fins géostratégiques ? Je pourrais continuer encore longtemps dans les comparaisons, et cela ne fait pas de Poutine un ange pour autant, mais à choisir entre USA et Russie, mon choix est fait

avatar de PH7
  • PH7 a répondu 0 0
  • Pour moi aussi mon choix est fait ! Quitte à choisir je prendrai soit le dalaï-lama, soit un simple quidam plein de bon sens et laisserai tous ces politiques à la porte. Mais mon vécu m'a peut-être aussi laissé un goût amer sur l'ex-Urss, même si je suis d'accord avec toi sur le fait que Poutine n'a agressé aucun pays pour le libérer du joug de l'impérialisme américain. Toutefois, de nombreuses armes Russes servent dans les conflits. Là comme presque partout dans le monde il existe un cartel politico-financier prêt à tout pour obtenir le pouvoir et c'est de cela dont je me méfie. De plus, d'un point de vue purement humain, dès que tu commences a avoir du pouvoir, tu commets fatalement des injustices pour conserver ce pouvoir.

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