Réalités parallèles : Univers parallèles ou... impasse de la physique matérialiste ?


Les physiciens ont aujourd'hui plusieurs raisons de croire en l'existence d'univers parallèles. Il ne s'agit plus de science-fiction mais de théories physiques concrètes qui font officiellement l'objet d'expérimentations au LHC (Large Hadron Collisionneur de Genève).
 
Ce genre de recherche a pour objectif la compréhension des grands mystères résiduels de la physique et de la cosmologie, parmi lesquels les dimensions supplémentaires imposées par des théories telles que la théorie des cordes, les formes inconnues de matière et d'énergie imposées par l'expérience... Sur ce dernier point, pour que la physique soit en accord avec les observations, il faudrait admettre que l'univers soit composé de 96% de formes de matière et d'énergie invisibles et non identifiées, dont un quart serait imputable à la matière noire.
 
Les deux raisons principales qui rendent crédible la possibilité d'univers parallèles sont les suivantes :
 
 • Le principe anthropique : les constantes fondamentales de la physique semblent réglées avec une précision incroyablement fine pour que nous existions. Il n'en a pas fallu plus pour que les physiciens qui refusent toute finalité imaginent que tous les autres univers possibles avec d'autres réglages des constantes existent également.
 
 • Les dimensions supplémentaires : elles émergent des modèles et certaines peuvent être considérées comme des conséquences de l'indéterminisme quantique: à constantes fixes il subsiste une infinité de variantes d'évolution d'un même univers que les physiciens déterministes préfèrent séparer en autant d'univers distincts.
 
On remarque ainsi que les théories d'univers parallèles ont une origine essentiellement matérialiste, elles sont proposées pour éviter de faire sortir la physique du cadre déterministe dans lequel elle est née. Dans le premier cas il s'agit de résoudre la difficulté qui provient du fait qu'il semble impossible que la vie et notre espèce humaine soient apparues « par hasard ». Dans le second cas il s'agit de rétablir une évolution déterministe dans le cadre indéterministe - pour ne pas dire libre - qui est imposé par les nouveaux modèles. Par exemple, à constantes fixes de la physique, la théorie des cordes introduit un nombre considérable de degrés de liberté qui rendent possibles une quantité extravagante d'évolutions possibles d'un seul univers. Il importait donc de bien séparer ces différentes évolutions.
 
Rajoutons à cela la question de savoir où se trouvent ces univers :
 
 • Sont ils superposés au notre, comme c'est le cas des particules en mécanique quantique où différentes superpositions d'états ou d'évolution peuvent coexister simultanément dans le même espace ?
 
 • Ou sont-ils déployés derrière les confins de notre univers, ce qui amène à l'idée des bulles d'univers - illustration ci-dessus - où tout ce qui est possible arrive quelque part dans un univers bulle ?
 
A partir de ces différentes variantes on peut alors concevoir quatre types d'univers parallèles. Dans les types I et II les univers sont séparés alors qu'ils coexistent dans le même espace dans les types III et IV. Dans les types I et III on conserve les mêmes constantes fondamentales de la physique, alors qu'on les fait varier dans les types II et IV, ce qui donne :
 
 • Les univers parallèles de type I seraient des bulles d'univers où nous aurions des myriades de doubles infiniment éloignés qui font des choix différents !
 
 • Les univers parallèles de type II seraient des bulles d'univers où la nature testerait toute forme d'existence possible en faisant varier les constantes de la physique.
 
 • Les univers parallèles de type III seraient des variantes superposées de toutes les autres vies que nous pourrions avoir depuis notre naissance, qui existeraient réellement au point que nous pourrions envisager des sauts quantiques de l'un à l'autre !
 
 • Les univers parallèles de type IV seraient des variantes superposées de tout ce que la nature pourrait engendrer en faisant varier les constantes de la physique, or ceci dépasse l'imagination.
 
Rappelons que ce bestiaire d'univers imaginaires est construit en maintenant l'idée que nous resterions prisonniers à l'intérieur d'un seul univers dans lequel notre évolution serait déterministe, c'est à dire déterminée d'avance.
 
On constate cependant dans ce film qu'il est permis d'envisager des sauts quantiques pour lesquels la conscience pourrait jouer un rôle. Si l'on achève de retirer cette soupape de sécurité déterministe pour améliorer la communication entre univers, autant dire que c'est purement et simplement la persistance des physiciens « mainstream » à ignorer totalement le phénomène de la conscience - considérée comme un pur produit de notre cerveau en dehors du champ d'étude de la physique - qui les a amenés à proposer ces quatre théories indigestes du Multivers.
 
Il est ainsi édifiant de constater que le refus d'abandonner une vision purement matérialiste de l'univers a conduit les physiciens à des interprétations totalement contre-intuitives - pour ne pas dire extravagantes - des résultats de la physique moderne. On ne peut toutefois écarter, même dans le cas où la compréhension du phénomène de la conscience apporterait un éclairage qui fournirait une alternative beaucoup plus crédible que les types I à IV, la possibilité de leur existence car après tout, il est fort possible que tout ce qui est possible arrive. Néanmoins, il convient de relativiser la chose en répondant à la question :
 
Pourquoi ces théories des univers parallèles sont-elles si indigestes ?
 
Réponse : parce qu'elles nous expliquent sans vergogne, avec juste la pointe d'humour ou de poésie qui va bien pour qu'on ne prenne pas trop au sérieux ces explications, que nous pourrions avoir des milliards de milliards... (toute la page)... de milliards de doubles dans des univers parallèles et qui seraient tout aussi conscients que nous-mêmes : voilà le problème.
 
Par exemple, si tout à l'heure je prend ma voiture pour me rendre à mon travail, il pourrait exister un univers parallèle où j'ai un double qui a eu exactement la même vie que moi mais jusqu'à aujourd'hui seulement, car dans cet univers ma (sa) voiture ne démarrerait pas ! Dans le modèle de multivers de type I, on pourrait même essayer de faire un calcul d'estimation de la distance la plus probable où pourrait se trouver cet univers où la voiture de mon double ne démarrerait pas : cela pourrait être quelque chose comme 1.5 milliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards de trilliards d'années lumière... estimation à la louche.
 
D'où vient une telle dérive de la part de physiciens pourtant très respectables ?
 
En effet, le premier d'entre eux à avoir popularisé ce genre de théorie (types II et IV) dans son dernier livre n'est autre que l'illustre Stephen Hawking, rapidement suivi par Brian Greene qui a privilégié les types I et III dans ses dernières vidéos et par bien d'autres dans des livres ou annonces officielles d'objectifs de recherche faites à des journalistes. Car aujourd'hui en effet, la recherche des dimensions supplémentaires de l'espace qui pourrait justifier les multivers de type III et IV est elle-même devenue un sujet respectable de recherche et de publication...
 
Point n'est besoin de chercher très loin l'explication de cette dérive : la séparation pure et simple des univers dans lesquels nous pourrions avoir des vies différentes et notamment faire des choix différents a pour intérêt de supprimer le libre arbitre, lequel porte en lui le spectre de la finalité. Et c'est la la négation de la finalité qui a fondé la science moderne par opposition à la religion: admettre l'existence du libre arbitre poserait ainsi des problèmes épistémologiques à la science qui l'amènerait à cautionner les religions.
 
Il en résulte que les scientifiques matérialistes préfèrent le choix suivant : une fois installé dans un multivers vous y êtes emprisonné et votre avenir est parfaitement tracé, sachant que pour qu'il en soit autrement dans l'univers de type I, par exemple, il vous faudrait faire un saut de trilliards de trilliards... d'années lumière, mais ce n'est même pas possible car vous prendriez la place d'un autre vous-même !
 
Ces quatre théories du Multivers sont également décrites dans un livre écrit par deux journalistes scientifiques allemands « Les Univers parallèles » qui a été traduit en français pour le compte des éditions du CNRS en 2012.
 
Considérons maintenant une interprétation plus sage de la possibilité d'univers parallèles.
 
Les physiciens ont jusqu'à présent ignoré le phénomène de la conscience, alors qu'il s'agit d'une réalité encore plus réelle que la réalité physique elle-même. Cette dernière réalité physique n'est qu'apparente puisqu'elle nous parvient par le filtre de la conscience et d'une construction du cerveau.
 
On peut ainsi s'interroger sur la question de savoir, si l'idée inverse selon laquelle la conscience émergerait spontanément d'une organisation complexe de la matière ne résulterait pas d'une vision magique entretenue par notre vision simpliste du réel et le coté magique des technologies de l'information. Il suffit en effet de bien connaître ces technologies pour abandonner cette idée candide.
 
Rappelons que nos travaux tendent à montrer que n'importe quel système physique isolé tend à perdre son information au point de ne pas savoir comment évoluer sans apport d'informations externes (= hors de l'espace-temps 4D, voir également Antoine Suarez), ce qui explique au passage la nécessité du Multivers qui est une conséquence de l'indéterminisme des lois de la physique. Ce qui est valable pour un système isolé étant valable pour un univers, il faut en déduire que sans apport d'informations externes l'univers ne sait pas comment évoluer.
 
Nous proposons donc l'idée suivante: sans apport d'informations externes, un univers se tranforme en une infinité d'univers virtuels (Multivers) qui représentent autant de possibilités d'évolutions potentielles d'un seul univers. Par contre, avec un apport d'informations externes, le nombre de possibilités peut parfaitement se réduire à quelque chose de concevable qui peut se résumer à un ensemble réduit de possibilités d'évolution dégagées par notre libre arbitre, par l'intermédiaire de notre conscience.
 
Le phénomène de la conscience apparaîtrait ainsi clairement comme étant la fonction d'interface qui ferait entrer dans notre univers ou bloc d'espace-temps 4D des informations issues de l'extérieur, ce qui peut être décrit mathématiquement au moyen de dimensions supplémentaires. Une cinquième dimension pouvant suffire, il convient bien de qualifier le Multivers que nous proposons ainsi de Multivers de type V, à la suite des quatre premiers.
 
Cela reste bien un Multivers dans la mesure où le nombre de possibilités d'évolution dégagées par le libre arbitre de notre collectif de conscience peut être énorme, à moins que nous autres terriens soyons tous complètement conditionnés. Il est alors intéressant de remarquer que la différence entre les Multivers de type III et V est que dans le V nous n'aurions pas de milliards de milliards... de doubles conscients et que nous n'en aurions même aucun, puisqu'un seul univers accueillerait la conscience : celui que nous avons construit tous ensemble en passant sans cesse collectivement d'un univers à l'autre.
 
Il importe ainsi de bien différencier la notion de vécu et la notion de réalité physique (un seul vécu contre un grand nombre de réalités potentiellement à vivre), ce que nous apprend déjà la mécanique quantique avec ses superpositions d'états. La physique décrit ainsi déjà la co-existence de possibilités virtuelles qui n'attendent que notre observation - notre vécu - pour passer à l'état réel.
 
Pourquoi des physiciens se retrouvent-ils donc dans les impasses des multivers I, II, III et IV sans exploiter le distinguo classique / quantique entre deux types d'existence réel / virtuel et par conséquent proposer un type V où l'observation réduirait les possibles en un seul réel ? Il faut avouer que c'est surprenant. Le multivers de type V est pourtant, principe du rasoir d'Ockham oblige, certainement le plus rationnel. Ma réponse est que la réduction d'état par l'observation n'échappe pas à l'interprétation selon laquelle il ne s'agit pas d'observation mais de conscience, or au même titre qu'il faut éliminer le libre arbitre pour chasser la finalité il faut également éliminer la conscience qui remettrait à nouveau la finalité sur le tapis...
 
En conclusion, le Multivers de type V - le plus rationnel à mon sens - n'est donc rien d'autre qu'un Multivers de libre arbitre dans lequel un seul univers est vécu par la conscience... ce qui ne veut pas dire, toutefois, que d'autres univers n'existeraient pas, mais ceci est un autre débat.
 
Par Philippe Guillemant



Commentaires 4

avatar de Rinzler
  • Par Rinzler 0 0
  • Moi qui vient de finir la série Fringe je me régale avec cet article :
    Merci Le Veilleur !

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Hé hé, excellente série Fringe :- De mon coté je viens de commencer « Under the dôme », ca à l'air pas mal non plus.

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Les mondes parallèles, vaste sujet dont on parle depuis la nuit des temps et que l'on retrouve dans certains écrits anciens avec les moyens d'y accéder. Je n'ai pas une culture cinématographique mais certains livres de Science-fiction de l'auteur Jimmy Guieu traitent de ces phénomènes avec une précision sur l'intérêt que portent les états sur ces lieux mythiques. La conquête du Tibet par la Chine est une résultante de cette quête aux mondes parallèles. Lecture à découvrir donc !

avatar de Kaes
  • Par Kaes 0 0
  • Cette vision s'applique à un refus du déterminisme, à un refus de voir qu'on est pas maître de sa vie. A mes yeux, elle reflète d'une certaine arrogance et, au final, du refus d'une puissance créatrice de toute chose.

    Par mis les scientifiques, on trouve les deux : des déterministes, des non-déterministes. M. Guillemant tente de s'approprier le monopole du non-déterministe, mais il faut savoir que ces deux théories sont vraiment partagées à 50/50 chez les scientifiques. Et pour une raison toute simple : il y a la physique quantique et la physique atomique. Ces deux modèles sont souvent en totale en oppositions dans leurs conclusions et observations bien qu'un physicien atomique puisse tout à fait être déterministe. En revanche, tout dans la physique quantique tant à prouver l'existence d'un déterminisme évident là où la physique atomique ne prouve en fait rien du tout. C'est, quelque part, refuser sa condition de « simple humain » que de réfuter d'un simple revers de la mains ces théorie, et se persuader qu'on est maître de son destin.

    Est-ce que les types d'univers cités sont justes ? C'est une autre question. Je ne suis pas physicien, et peut-être que je me goure totalement ? Allez savoir bien que je ne pense pas me planter, ce qui est normal.Toutefois, je crois en la possibilité de quelque chose ressemblant aux types III et/ou IV associés.

    Vous l'aurez compris, je suis un déterministe, et je crois que nous sommes maître de nos choix à l'échelle humaine, mais qu'au final, tout est tracé d'avance et pour une raison simple : si on avait connaissance de l'emplacement, la vitesse, la masse, la densité, et le sens de direction de chacune des particule de l'univers ce qui inclus aussi ce qui révèle de la conscience et donc de l'invisible on serait donc en mesure de dire ce qui va se passer. La physique quantique prend en compte l'invisible et ne croit pas au hasard, là ou la physique atomique associe souvent l'effet de conscience au hasard.

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