Rapport scandale : les banques ont-elles manipulé le prix du pétrole ?


Des banques qui achètent du pétrole et qui font tourner les bateaux inlassablement jusqu'à ce que le cout de l'or noir leur convienne pour la vente... Quoiqu'on en dise, cela remue pas mal du côté des banques en ce moment, et pas à leur avantage du tout...
 
Un rapport réalisé pour le G20 révèle que le prix du pétrole brut aurait pu être manipulé par les banques, les traders et les compagnies pétrolières. Comme cela a été le cas avec le Libor, taux de référence pour les prêts entre banques.
 
Nouveau scandale ?
 
Nouveau scandale pour les banques ? Après l'affaire du Libor (lire LIBOR : Le scandale financier du siècle), certains s'interrogent sur les établissements bancaires qui auraient pu également manipuler le prix de l'essence. C'est en tout cas ce qu'affirme un rapport préparé pour le G20 et publié en juin par l'Organisation internationale des commissions de valeurs irrévocables (OICVI).
 
Le rapport explique ainsi que le marché du brut est sujet à « manipulation et falsification », ajoutant que les traders, les banques mais aussi les compagnies pétrolières ont des « motivations » pour manipuler le marché, et qu'il existe donc de grandes chances pour qu'ils donnent des prix erronés.
 
Les hommes politiques anglais ont déjà pris les devants. En effet, Robert Halfon, à la tête d'un groupe de 100 parlementaires britanniques réclamant une baisse des prix à la pompe, a déclaré que le problème « doit être étudié par la Banque d'Angleterre de toute urgence », ajoutant qu' « il est crucial de savoir si les prix de l'essence ont été manipulés comme ça a été le cas pour le Libor, puisque cela a un impact sur des millions de personnes ».
 
Si les cours du pétrole ont chuté ces dernières semaines, ils avaient atteint des sommets il y a deux mois, à 127 dollars le prix du Brent.
 
Mais comment les banques, traders et autres compagnies pétrolières auraient pu manipuler le prix de l'essence ? En pratique, le taux est calculé via des données fournies par diverses entreprises. Celles-ci fondent leurs informations sur celles provenant de sociétés qui gèrent le commerce du pétrole quotidiennement. Parmi elles : les banques, ou les compagnies pétrolières.
 
Ce processus pose problème. En effet, le marché n'est pas vraiment régulé et dépend de l'honnêteté des entreprises à fournir des données précises, et surtout réelles, sur leurs transactions. Selon le rapport de l'OICVI, ce mode de fonctionnement « donne la possibilité aux traders de montrer une vision partiale dans le but d'influencer le prix à leurs propres avantages ». Des experts, comme Raymond Learsy, ajoutent par ailleurs que « le prix du brut n'est pas vraiment une réflexion de l'offre et de la demande », et que « les prix se prêtent donc à la manipulation ».
 
Les agences de cotation du prix du brut, Platts et Argus, restent toutefois sceptiques vis-à-vis de ce rapport. Elles rappellent en effet qu'elles emploient des journalistes, justement pour éliminer les fausses données que pourraient soumettre les négociants.
 
Platts ajoute par ailleurs qu'il existe des différences importantes entre les prix du brut et le Libor : la qualité des données, l'indépendance, et la compétition entre les agences de cotation et la transparence sur les méthodes.
 
Des justifications qui n'empêchent toutefois pas les Britanniques, mais aussi les Américains, de s'inquiéter et de demander d'enquêter plus grandement sur le prix du brut et ses possibles manipulations.



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