Québec : étudiants et politiques refusent la loi 78


L'adoption vendredi de la loi spéciale par le gouvernement Charest, censée calmer le mouvement étudiant québécois, a provoqué de nouvelles tensions...
 
Le mouvement prend de l'ampleur. Dimanche, la 27e manifestation nocturne des étudiants québécois a tourné au grabuge, à Montréal. Plus de 300 arrestations, une dizaine de blessés légers dont quatre policiers selon le quotidien québécois La Presse.
 
Lire le témoignage de Damien, internaute de 20 Minutes expatrié au Québec: «Depuis le vote de la loi, il y a un vrai clivage au sein de la province» (lien)

Le feu aux poudres
 
En cause, l'adoption du projet de loi 78, qui vient s'ajouter aux revendications concernant l'augmentation des frais de scolarité dans les universités, à l'origine de la grève qui dure depuis trois mois.
 
Adoptée vendredi dernier à 68 voix contre 48, après 20 heures de débat, cette loi dite «spéciale» a mis le feu aux poudres alors qu'elle était censée apaiser les esprits et porter un coup d'arrêt au «printemps érable». Derrière la volonté affichée de reprise des cours, les manifestants dénoncent des dispositions liberticides.
 
Jusqu'à 125.000 dollars d'amende

La loi prévoit des mesures drastiques: dans les établissements concernés par la grève, les sessions sont suspendues jusqu'au mois d'août et les manifestations y sont interdites dans un rayon de 50 mètres. La loi restreint également les manifestations, puisque tout rassemblement de plus de 50 personnes (à l'origine, 10 personnes) doit être signalé au moins huit heures à l'avance à la police, avec moult détails sur le lieu, l'heure, et le parcours prévu.
 
Les amendes sont salées pour les contrevenants et organisateurs de piquets de grève: de 1.000 à 5.000 dollars pour un individu, de 7.000 à 35.000 dollars par jour pour tout organisateur, employé ou porte-parole d'association, et de 25.000 à 125.000 dollars par jour pour les associations étudiantes. Des amendes qui seront doublées en cas de récidive.
 
La Loi-matraque
 
En regard de cette loi, la manifestation de dimanche a été déclarée «illégale» par les forces de l'ordre dix minutes après le départ, l'itinéraire n'ayant pas été communiqué comme prévu dans l'article 16.
 
Outre les associations étudiantes, de nombreux politiques à l'instar du député de Québec solidaire, Amir Khadir, s'élèvent contre ce que la chef de l'opposition et du Parti Québécois Pauline Marois appelle une «loi-matraque pour faire taire les Québécois».

Via le réseau social Facebook, la Concordia University Television (CUTV) relaie l'appel à manifester de membres des mouvements Occupy Wall Street et Strike Everywhere prévu mardi 22 mai à New York, ce qui correspondra au 100e jour de grève. Un rassemblement de solidarité aux étudiants québécois se tiendra à 14h devant la Délégation générale du Québec. A 20h aura lieu au Washington Square Park une marche contre la loi 78 qualifiée de «répressive».



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