Quand les géants énergétiques menacent les ressources en eau de la planète


Les menaces et dangers liés à l'industrialisation sont nombreux, et plus particulièrement dans le secteur énergétique ou une demande croissante semble devoir justifier des techniques d'extraction de plus en plus polluantes et destructrices pour l'environnement, mais pas seulement...

Car il est en effet important de devoir rappeler que nous sommes dépendants de cet environnement, et que parmi les ressources affectées par les pollutions industrielles, certaines nous sont vitales, à commencer par l'air que nous respirons, mais aussi l'eau dont notre corps est constitué à 60% et sans laquelle la vie n'est pas envisageable.

Cet « or bleu » qui nous est vital, et que certains estiment à tort inépuisable, est maintenant réellement menacé, et si les multinationales en sont les auteurs et que leur course au profit explique ce mépris de l'environnement, n'oublions cependant pas que nous en sommes aussi les acteurs de par notre consommation effrénée.

Alors que les violations des droits humains concernant les techniques de main d’œuvre et d'accaparement employées par ces lobbies énergétiques sont scandaleuses, les dangers liés à ces pollutions et les nouveaux profits que pourraient en tirer les industriels sont quant à eux alarmants. Un malheur n'arrivant jamais seul, le traité de libre échange qui nous pend au nez finira de donner tous les droits aux entreprises qui seront alors libérées de tout risque d'entrave.

Une fois encore, si nous ne faisons rien pour stopper ce processus, nous assisteront aux privatisations de ces ressources auxquelles viendront ensuite s'ajouter de nouveaux impôts. Les anciennes prophéties selon lesquelles il nous faudra payer pour accéder à l'air et l'eau que les industriels auront pollués se seront alors réalisées et la boucle sera bouclée...

Le veilleur

Rapport — Comment les géants des mines et du pétrole menacent les ressources en eau

De l’Australie aux Andes, en passant par la France, les projets miniers, pétroliers ou gaziers représentent une menace majeure pour les ressources en eau. Un nouveau rapport de l’Observatoire des multinationales met en lumière l’ampleur de ces risques, l’inadéquation des réponses apportées par les entreprises ou les autorités, et la multiplication des résistances.

Dans les pays andins, des paysans et des indigènes se battent contre des projets miniers géants au sommet de leurs montagnes. En Australie, une alliance inhabituelle se noue entre agriculteurs et écologistes contre l’exploitation du « gaz de couche », qui nécessite de recourir à la fracturation hydraulique.

Au Brésil et au Canada, riverains et autorités accusent l’incurie des entreprises minières après la rupture de barrages miniers retenant des eaux usées toxiques. En Algérie, la population du sud saharien se révolte contre l’arrivée du gaz de schiste. En France même, des collectifs citoyens dénoncent des projets d’ouvrir de nouvelles mines, alors que les anciens sites abandonnés continuent à ce jour à polluer leur environnement. Tous ces combats ont un point commun : l’eau.

Le rapport Eau et industries extractives : la responsabilité des multinationales, publié ce lundi 30 mai par l’Observatoire des multinationales avec le soutien de France Libertés, est issu d’un travail d’enquête de plusieurs mois. Il est basé notamment sur des reportages de terrain relatifs à des projets extractifs portés par des multinationales (parmi lesquelles de nombreuses firmes françaises) et aux conflits qu’ils suscitent.

Ce rapport met en lumière non seulement les multiples manières dont le secteur extractif affecte les ressources en eau (pollution, surexploitation, destruction de zones humides ou de glaciers), mais aussi l’insuffisance des réglementations en vigueur dans ce domaine et de leur application, le manque de connaissances scientifiques, et l’inadéquation des réponses caritatives ou technologiques apportées par les entreprises concernées.

Des menaces qui s’aggravent

Les développements miniers, pétroliers et gaziers ont connu une nette accélération dans le monde depuis le début des années 2000, sous l’effet de la croissance de la Chine et des pays émergents, mais aussi parce que les économies occidentales, prétendument de plus en plus « immatérielles », continuent en réalité à faire une utilisation massive de minerais et d’énergie. Derrière les beaux discours verts des entreprises, les mines et les forages pétroliers restent une source majeure de pollution et de dégradation environnementale contre lesquelles riverains et autorités publiques sont généralement démunis.

Les impacts sur l’eau des industries extractives ne tendent pas à s’atténuer grâce à une « modernisation » des techniques, bien au contraire. Les développements récents dans le secteur extractif, comme les hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste, sables bitumineux…), présentent des risques significativement accrus pour les ressources en eau. De même pour les nouveaux projets miniers dans des zones de plus en plus reculées, comme le sommet des montagnes andines, ou impliquant de broyer et traiter toujours plus de roche pour exploiter des filons de plus en plus modestes. Et il y a un risque que la crise que traverse actuellement tout le secteur extractif ne soit un prétexte pour rogner encore sur les régulations sociales et environnementales, déjà bien faibles, dans de nombreux pays.

À l’heure où le gouvernement français et les industriels envisagent l’ouverture de nouvelles mines en France métropolitaine et où certains défendent le développement du gaz de schiste en Europe, ce constat devrait constituer un avertissement, d’autant que les leçons du passé ne semblent pas avoir été tirées. Parmi des dizaines d’autres, l’exemple de Salsigne, dans l’Aude, montre que les anciens sites miniers français continuent aujourd’hui encore à contaminer l’eau et l’environnement.

Or la réforme en cours du code minier, portée par le ministère de l’Économie et des Finances d’Emmanuel Macron, ignore superbement ces enjeux. Le débat, pourtant, doit impérativement être ouvert.

Lire le rapport : Eau et industries extractives : la responsabilité des multinationales (pdf)

Par Olivier Petitjean

Notes

Ce rapport sera présenté le lundi 30 mai dans le cadre d’une table-ronde intitulée "Impacts sociaux et environnementaux du modèle extractiviste" organisée par le CRID, France Libertés et Ingénieurs Sans Frontières.

Intervenants : Sylvie Paquerot, de l’Ecole d’Etudes Politiques de l’Université d’Ottawa (Canada), Olivier Petitjean, de l’Observatoire des multinationales, Alice Richomme, de France Libertés, Thibaud Saint-Aubin et Théo Roche d’Ingénieurs Sans Frontières.

Infos pratiques : le lundi 30 mai à 19h à la Maison des Associations du 10ème, 206 Quai de Valmy, 75010 Paris. Entrée libre.



Commentaires 1

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Désolé mais je n'ai pas lu l'article dans son intégralité, mais c'est un problème récurent dont les industriels n'on rien à faire. Ils te diront qu'il y a de l'eau en bouteille ! Eux ce qui les intéresse, c'est de faire du fric, rien que du fric. Et cela risque de pousser les gouvernements à rajouter des taxes sur l'eau et l'air auxquelles personne ne saura échapper. Je discutais récemment avec un ingénieur en IA et politicien qui ne voyait pas l'intérêt d'arrêter ou diminuer la production puisque pour lui sans production il n'y a plus de développement et sans développement c'est tous les pays qui s'effondrent. Prendre soin de l'environnement consiste juste à faire des investissement inutiles qui réduisent les marges et font augmenter les coûts (SIC) De plus si les hommes meurent, on mettra des robots à la place.

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