Projet Mars One : Un aller simple pour la mort sous forme de télé-réalité


« Voir Naples et mourir » (« Vedi Napoli e poi muori »), cette expression est connue dans le monde entier, mais connaissez-vous « Voir Mars et mourir » ? Il semble qu'une société privée se soit mise en tête d'en faire son crédo. Comme vous allez le découvrir en lisant cet article, de riches lobbyistes ont l'intention de nous présenter la « télé-réalité » du siècle, ou les candidats vont... mourir à 55.758 millions de kilomètres de chez eux sans le moindre espoir de retour ! Le veilleur
 
Sont-ils de grands malades ou simplement de grands rêveurs ? 1058 candidats à un aller simple pour la planète Mars viennent en tout cas d'être pré-sélectionnés par la direction du projet Mars One, qui prévoit d'installer en 2025 la première colonie humaine sur la planète rouge. 200.000 personnes au total avaient posé leur candidature pour ce projet aussi fou que fascinant, financé par une société privée hollandaise. Au final, seuls 24 pionniers seront du voyage. Si voyage il y a.
 
Il n'y aura que 24 heureux élus
 
La direction du projet a ainsi écarté 99,5% des candidatures pour ne garder que 586 hommes et 472 femmes venus en majorité des Etats-Unis (297 candidatures retenues) mais aussi des quatre coins de la planète. 385 candidats ont actuellement moins de 25 ans, 415 entre 26 et 35 ans et seuls 286 ont plus de 36 ans. Le doyen aura 90 ans au moment du départ, note le site internet des Echos. Pour être parmi les heureux élus, ces 1058 candidats vont devoir participer à une nouvelle phase d'écrémage.
 
« Les prochaines phases de sélection en 2014 et 2015 comprendront des simulations rigoureuses, souvent réalisées en équipe, et permettant de tester les capacités physiques et émotionnelles des candidats »
, prévient Mars One dans un communiqué. Au final, seuls six groupes de quatre personnes seront sélectionnées pour un aller-simple d'une durée de 7 mois à destination de Mars, grâce à... un vote du public.
 
Un aller-simple financé par la télé-réalité
 
Mobiliser le public, voilà bien l'objectif des organisateurs de ce voyage à 6 milliards de dollars qui sera en partie financé par une émission de télé-réalité : la société néerlandaise prévoit en effet de filmer en permanence les voyageurs pendant le voyage et durant leur installation sur mars. «On s'attend évidemment à ce que nos candidats deviennent des célébrités dans leur villes et leur pays», peut-on lire sur un communiqué de presse publié ce mardi sur le site de la mission.
 
Projet scientifique ou lubie ?
 
Seul hic - et de taille - dans ce qui n'est pour l'instant qu'une opération de communication : on ne sait toujours pas si la planète rouge, explorée par la sonde américaine Curiosity, est habitable. Et on sait encore moins comment y faire atterrir de façon 100% sécurisée un engin habité. Peu importe pour Mars One, qui s'est procurée les services de scientifiques reconnus et est en contact avec des sociétés bien réelles comme Thales, Lockheed Martin ou Astrobotic. (ndv : lockheed Martin, le père du lockheed sr 71 blackbird, vous connaissez ? Le premier black project qui a vu le jour dans l'enceinte de la zone 51)
 
Le néerlandais Bas Lansdorp n'est d'ailleurs pas le seul à se lancer dans la conquête de Mars : Richard Branson, patron de Virgin, est sur le coup, tout comme Elon Musk, patron de SpaceX. L'organisation internationale « Mars Society » est également en train de plancher sur le sujet, tout comme, dans une moindre mesure, la Nasa, qui se cantonne pour l'instant à y chercher des preuves de vie. Source LeParisien.fr
 
Après cet article décrivant de manière simpliste ce projet, voici un peu plus de détails en provenance du site France24 mettant un peu plus en évidence les risques d'une telle mission :
 
Avec le soutien du créateur de « Big Brother »
 
(...) Le processus de sélection devrait durer environ deux ans. Après cette phase, ces nouveaux voyageurs de l'espace recevront leur aller simple pour la Planète rouge. Mais pourront-ils l'utiliser ? Depuis que Mars One a dévoilé, en mars 2012, son projet de créer la première colonie humaine sur Mars, les sceptiques se bousculent au portillon. Le fait que le prix Nobel de physique 1999 Gerard 't Hooft fasse parti des « ambassadeurs » de ce projet ou que plusieurs anciens membres de la Nasa ont rejoint l'équipe n'a pas suffi à faire taire les critiques.
 
Premier doute : le modèle économique. Mars One juge que six milliards de dollars seront suffisant pour envoyer une première équipe de six personnes sur Mars. Pour rassembler cette somme, la fondation compte certes sur les dons et le merchandising (vente de T-shirt notamment). Mais, surtout, elle veut transformer la sélection, l'entraînement et le lancement de la première mission en immense émission de télé-réalité. Ce n'est pas un hasard si Paul Römer, l'un des co-créateurs du premier « Big Brother », est associé à ce projet.
 
Si tout se déroule comme prévu, les téléspectateurs du monde entier pourront suivre 24h/24 les aventures des candidats à ce voyage inédit vers Mars.
 
« Est-ce que des gens vont vraiment regarder un tel programme pendant plusieurs années ? Et est-ce que des chaînes vont réellement dépenser des fortunes pour en acquérir les droits ? »
, se demandait déjà en juin 2012 Marion Anderson, chercheuse en géosciences à l'université de Monash, la plus importante université australienne. Pour l'heure, Mars One est restée très discrète sur l'état des discussions avec des chaînes de télévision.
 
« Nous sommes en train de négocier les droits de diffusion du processus de sélection »
, affirme seulement la fondation dans son communiqué du 30 décembre. La question est d'autant plus critique que le budget de six milliards de dollars ne couvre que l'envoi des six premiers colons. Chacune des missions suivantes coûterait, en fait, la bagatelle de quatre milliards de dollars supplémentaires, affirme le site Space.com.
 
Risques cardiaques et rayonnements solaires
 
Au-delà même des enjeux financiers, il y a aussi les défis scientifiques. Les responsables de Mars One assurent que les technologies pour établir une base humaine permanente sur la planète rouge existent déjà. La fondation a conclu, en décembre 2013, un accord avec le géant américain Lockheed Martin pour mettre en place une sonde qui doit être envoyée en 2018 sur Mars pour préparer le terrain. Elle espère aussi pouvoir utiliser des versions modifiées de la navette spatiale que la société californienne SpaceX a mis au point pour ses propres projets d'exploration spatiale.
 
Reste qu'il demeure, pour plusieurs spécialistes de l'exploration spatiale, beaucoup de facteurs qui rendent un périple vers Mars très risqué en l'état actuel des connaissances scientifiques. Le voyage, qui dure environ un an, peut avoir des effets très violents sur le corps. Perte de densité osseuse, gonflement du visage et des mains et multiplication des risques cardiaques sont les principales conséquences de la microgravité qui règne dans un astronef.
 
Et une fois arrivé sain et sauf sur Mars, les problèmes continuent. Pour le correspondant scientifique de la BBC, Jonathan Amos, le principal danger vient du rayonnement solaire contre lequel l'atmosphère de Mars ne procure aucune protection.
 
« Sans des habitats renforcés, ils succomberaient tous au cancer en moins d'un an », assure-t-il.
Autant de raisons qui font que la Nasa n'envisage pas d'envoyer une équipe d'astronautes chevronnés sur Mars avant 2030 au plus tôt. On attend maintenant de savoir quels atouts Mars One a dans sa manche pour affirmer ainsi pouvoir réaliser l'ambition d'un vol habité vers Mars cinq ans avant la célèbre agence spatiale américaine. Source france24.com
 
Le site metronews nous dévoile quelques réactions de responsables du Centre national d'études spatiales français :
 
« Dans la gamme du surréaliste »
 
(...) « On est totalement dans la gamme du surréaliste », s'amuse Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales français (Cnes). Car, si ce projet fait fantasmer les astronomes en herbe de tout poil, il laisse sceptique et incrédule la communauté scientifique. Et pour cause : aucune des grandes agences spatiales internationales, la Nasa et l'Agence spatiale européenne (Esa) en premier lieu, ne participe à cette mission.
 
La Nasa qui explore depuis un an le sol martien grâce au petit robot Curiosity, envisage régulièrement ce genre de projets, mais n'a pour l'instant ni les moyens techniques, ni économiques d'envisager un vol habité.
 
« Tout cela est très mystérieux. Je ne connais pas de précédent où un organisme est allé se procurer une fusée et tout le matériel nécessaire à un tel voyage », s'étonne Francis Rocard, qui affirme par ailleurs qu' « aucun véhicule capable d'aller sur Mars en transportant des hommes n'existe à ce jour dans le monde ».
Un Nobel de physique soutient le projet
 
La question du financement et des compétences se posent également : la fondation Mars One affirme qu'ils ont besoin de six milliards de dollars pour financer les différentes phases de la mission.
 
« Je veux bien croire que les fonds de la télé-réalité financent la partie de la mission sur Terre, mais de là à payer un voyage de dix mois et l'installation sur Mars... cela me semble très peu crédible »
, répond Francis Rocard. Le scientifique s'étonne par ailleurs d'un soutien d'un lauréat néerlandais du Nobel de physique 1999, Gerard't Hooft. L'homme a été intégré à l'équipe de la fondation Mars One, composée de sept membres, scientifiques, logisticiens, un psychologue et professionnels du marketing et de la communication.
 
« Je ne comprends pas », lâche-t-il. « Quant aux quelque 200.000 volontaires au suicide, je trouve ça juste triste ». (...) Source metronews
Sur le site atlantico, nous trouvons des explications qui ôtent tout doute quant au retour possible :
 
(...) Les participants à cette mission ne pourront en effet jamais revenir sur Terre.
 
« Ils vont perdre de la masse osseuse et de la masse musculaire à un point tel qu'il leur sera extrêmement difficile de survivre à un voyage de retour vers la Terre puis à la ré-entrée dans l'atmosphère de la Terre »
, a expliqué Bas Lansdorp... Source Atlantico

Vous trouverez d'autres détails sur le site en francais mars-one.fr , mais en attendant, posez vous la question, cette mission est elle dédiée à la science, ou bien aux profits engendrée par ce nouveau genre de télé réalité ?


Vidéos :



Commentaires 1

avatar de Magn3tik
  • Par Magn3tik 0 0
  • C'est assez hallucinant, aussi bien ces sociètés qui claquent des milliards dans ce projet alors qu'une bonne partie du monde crève de faim.
    Mais aussi des gens qui se lancent la dedans, sans savoir déjà si ils vont arriver à destination, et ensuite combien de temps ils vont tenir sur cette planète hostile ? Quand ils seront seul la bas ces malades qui financent vont se régaler ça va être un massacre quand ils vont se rendre compte de leur connerie.
    J'hallucine en lisant cet article...
    Jp Dck

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Evènements sociaux Espace »