Océan Arctique : Un brise-glace de Greenpeace défie un navire pétrolier russe


Le navire de Greenpeace a approché un navire du géant pétrolier russe Rosneft dans l'Arctique pour protester contre la production de pétrole dans la mer de Barents.
 
Ce navire, l'Arctic Sunrise, fait face à un navire de tests sismiques du géant pétrolier Rosneft (wiki),dans la mer de Barents. L'industriel russe se prépare à forer en Arctique. Rosneft a en effet récemment signé un contrat de forage en Arctique avec de grandes multinationales du pétrole comme ExxonMobil, BP et Statoil.

« Tôt ce matin, alors que le Akademic Lazarev, un navire affrété par Rosneft, commençait à tirer des coups de canons sonores à 250 decibels sous la surface de l'eau, l'Arctic Sunrise (le brise glace de Greenpeace ndlr) s'en est approché, en lui demandant de stopper immédiatement » 
, raconte l'association écologiste dans un communiqué. En effet, l'industriel russe conduit actuellement des missions de repérage en Arctique où il prépare de futurs forages. Pour effectuer sa prospection, le navire russe est en effet équipé d'un sismographe. Cet appareil émet une série de puissantes ondes sonores sous l'eau grâce à des dispositifs explosifs, des canons, ou des systèmes de vibration. Les ondes se propagent alors rapidement vers le fond. L'analyse des ondes réfléchies et recueillies par des « géophones » renseignent alors sur la profondeur mais aussi la composition et le type de roches traversées par les ondes sonores.
 
Pollution sonore
 
« Ces tests ont des impacts significatifs sur la vie marine, et notamment sur les baleines. Or, la mer de Barents est dotée d'un éco-système composé de narvals, de baleines boréales, de morses, ainsi que d'ours blancs »
, s'insurge Greenpeace.En effet, ces bruits répétés et intenses qui se propagent très loin autour de la source d'émission sont suspectés de désorienter et de perturber bon nombre d'animaux marins.
 
« Si une baleine se trouve à 500 mètres de la source du signal, elle perd l'ouïe, et à 150 mètres elle risque de mourir » 
, assure Greenpeace. Aucune étude ne permet toutefois d'étayer ces chiffres. Toutefois, cette pollution sonore pourrait très vraisemblablement être à l'origine de plusieurs échouages mortels de dauphins sur des plages. De fait, les émissions de bruit dans les océans sont un problème qui commence à être pris au sérieux par la Communauté Européenne. Il devrait être considéré comme un « polluant » d'ici 2014, dans le cadre de la mise à jour d'une directive appelée Marine Strategy Framework votée en 2008.
 
Contact radio
 
Aussi, les membres de l'équipe de Greenpeace sont entrés en contact radio avec le capitaine.
 
« Le navire russe a confirmé agir sur commande de Rosneft, et a démenti le risque de ses activités pour la biodiversité environnante » raconte l'association. « Mais les 250 decibels de leurs canons nous disent le contraire... Le capitaine du bateau a refusé de poursuivre sur le sujet et a rapidement mis fin à la communication. »
Symboliquement, les militants ont ensuite approché le bateau russe dans des canots pneumatiques à une centaine de mètres et on exhibé « des panneaux de protestation » et ont pris « note des activités » du navire, a déclaré à l'AFP Aaron Gray-Block, porte-parole de Greenpeace. Ce dernier a assuré que des actions de protestation allaient se poursuivre dans les jours à venir.
 
Le pétrolier dément toute pollution
 
Interrogé par l'AFP, Rosneft a rejeté les accusations des écologistes.
 
« Rosneft mène ses programmes d'exploration en conformité avec les normes environnementales russes et en respectant les licences », a indiqué le groupe. « Lors de tests sismiques, un programme de surveillance écologique et des contrôles de sécurité des opérations sont mis en place », selon la même source.
« Rosneft détient le (bien triste) record absolu des déversements de pétrole sur la terre ferme en régions nordiques. Cette société d'État russe possède un bilan catastrophique en matière d'environnement, et ses ravages gâchent la vie de milliers de personnes » 
, accuse l'association sur son site.
 
« L'Arctique est en première ligne du dérèglement climatique : l'augmentation des températures y est deux fois plus rapide qu'ailleurs. La fonte des glaces qui en résulte fait de l'Arctique la cible des industriels qui convoitent son sous-sol riche en pétrole, l'une des énergies les plus polluantes et responsable des dérèglements climatique » conclut Greenpeace.
E.L. avec AFP, Sciences et Avenir, 13/09/2013



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