Massacre à Nice : Un tueur diagnostiqué psychotique traité par neuroleptique


Après ma récente publication sur la tragédie survenue à Nice le soir du 14 juillet, celle-ci étant à mes yeux suffisamment complète et éloquente, je ne désirais pas revenir sur ce sujet, mais des éclaircissements importants découverts sur Le club des médecins blogueurs m’amène à penser que la thèse d’un déséquilibré mental se confirme.

Très loin de moi l’idée de déresponsabiliser cet ignoble personnage de ses actes, mais plutôt de mettre du plomb dans l’aile à la théorie officielle d’une « radicalisation expresse », ou encore d’un « djihad minute », et qui tente maladroitement de justifier des mesures inefficaces et couvrir la responsabilité de nos dirigeants. J’ai mentionné dans mon dernier article le témoignage d’un psychologue qui avait diagnostiqué en 2004 un début de psychose chez Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, mais il semble que la situation était plus avancée que cela.

C’est sur le blog de Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, qu’apparaissent des détails révélateurs sur le tueur, sa grave instabilité mentale mal soignée, qui en empirant avec le temps et accompagnée de facteurs aggravants aurait probablement poussé cet individu à « péter un plomb » en s’inspirant des techniques et de la rhétorique radicale terroriste.

Tuerie de Nice : diagnostiqué psychotique, Lahouaiej-Bouhlel avait été traité par Haldol

Ainsi donc, nous dit-on en haut lieu, ce fut « un « basculement récent vers l’islam radical ». Une sorte de radicalisation express que rien ne vient éclairer. A l’inverse les éléments convergent qui commencent à donner une idée assez précise du parcours de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel mort un 14 juillet et qui restera, dans l’histoire, comme l’auteur d’une tuerie sans précédent ? Une tuerie dans cet écrin symbolique qu’est la Promenade des Anglais de Nice, fraction ensanglantée de la Baie des Anges.

Radicalisation récente et accélérée ? Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur le dit avec des précautions : le meurtrier chauffeur-livreur « semble s’être radicalisé très rapidement ». Il s’agirait là d’« un attentat d’un type nouveau » commis par « des individus sensibles au message de Daech qui s’engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés ».

Troisième degré

Inconnu des services de renseignement, jamais signalé pour radicalisation, Lahouaiej-Bouhlel était « en relation avec des personnes elles-mêmes en contact avec des islamistes radicaux » a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. « Mais à ce stade des investigations, cela ne prouve rien » quant à d’éventuelles complicités, a aussitôt ajouté cette même source. Une radicalisation par contamination virale au troisième degré … ? Aucun document de propagande jihadiste n’a été retrouvé à l’intérieur du camion. L’exploitation du matériel informatique saisi aux deux adresses du chauffeur, et du téléphone retrouvé dans le véhicule, est en cours. Attendons.

Pour l’heure, c’est « l’intrigante personnalité » du meurtrier qui est au cœur du sujet. « Fou de Dieu ou fou tout court ? » osent certaines gazettes. Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi sur ordre ?

Il a pu décider de passer à l’acte tout seul, de se suicider en faisant le plus de mal possible. Un coup de folie inspiré par la propagande de l’EI, qui a appelé à plusieurs reprises les soldats du califat à commettre des attaques, notamment en France avec tous les moyens disponibles, par exemple des voitures

, relève une source proche de l’enquête interrogée, là encore, par l’AFP. Résumons.

Inconnu des services de renseignements, jamais été signalé pour radicalisation Mohamed Lahouaiej Bouhlel est né le 31 janvier 1985 à M’saken, dans la banlieue de Sousse, en Tunisie. Il avait épousé une Niçoise franco-tunisienne, dont il était séparé, et était père de trois enfants, dont un bébé. Le couple affichait des tenues vestimentaires occidentales, selon tous les témoignages recueillis par l’AFP. L’homme était connu de la justice pour des faits de violence. Il est décrit par ses anciens voisins comme taciturne et violent envers son ex-femme. Il ne fréquentait jamais la petite mosquée en contrebas de la cité où il vivait avec son épouse avant leur séparation et il « buvait des bières », selon les dires de plusieurs membres de l’Association cultuelle de Nice Nord. D’autres témoignages font état d’imprégnations alcooliques récurrentes. Que dira, sur ce point, la biologie ?

Nounours trucidé

L’homme souffrait à l’évidence de « problèmes psychologiques ». L’AFP et la BBC ont recueilli le témoignage de son père.

De 2002 à 2004, il a eu des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu’il trouvait devant lui

, raconte Mohamed Mondher Lahouaiej Bouhlel devant son domicile en Tunisie. Il raconte aussi que la famille avait alors emmené Mohamed Lahouaiej Bouhlel chez un médecin, qui lui avait prescrit des médicaments pour lutter contre ces crises nerveuses. Le père décrit son fils comme un homme « toujours seul, toujours déprimé », et qui ne voulait pas parler.

Il faisait des crises. Quand il s’est séparé de sa femme, il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coups de poignard et lacéré les matelas

, a témoigné un habitant de son ancienne barre d’immeuble Le Bretagne, où le tueur vivait au 12e étage. Quel « médecin » ? Il s’agit du Dr. Chemceddine Hamouda qui exerce à Sousse et que l’on peut voir sur YouTube traiter de l’autisme. Dans un entretien accordé à L’Express il donne de précieux éléments, les voici :

Je ne l’ai vu qu’une seule fois, en août 2004 [Il avait alors 19 ans]. Il était venu avec son papa parce qu’il avait des problèmes scolaires et d’adaptation familiale. C’est son père qui l’a forcé à venir me voir. Il ne comprenait pas pourquoi son fils, qui était jusqu’ici brillant, était devenu violent avec lui et n’arrivait plus à travailler à l’école. Il était en première classe préparatoire pour des études d’ingénieur. Mes souvenirs sont flous après 12 ans, mais je me rappelle qu’il était plutôt calme lors de la consultation (…) Il souffrait d’une altération de la réalité, du discernement et de troubles du comportement. Un début de psychose donc. J’avais remarqué qu’il était dur avec son père, il devenait parfois violent avec lui. En plus d’avoir décroché scolairement, il avait des problèmes avec son corps, il ne se sentait pas très beau et ressentait le besoin de faire de la musculation.

Il n’est pas courant de poser un diagnostic de troubles psychotiques dès la première consultation. En général, il faut plutôt attendre deux ou trois entretiens. Je lui ai prescrit un traitement, un petit tranquillisant et un anti psychotique. Comme je ne l’ai plus jamais revu après, je me suis dit que j’étais peut-être à côté de la plaque: les signes étaient insidieux (…) Il n’y avait rien dans son comportement qui laissait présager un tel massacre. De tels troubles non soignés pendant des années peuvent conduire à une schizophrénie. Mais je refuse catégoriquement l’idée qu’il puisse être irresponsable de son acte. Une telle violence nécessite forcément un endoctrinement, un délire de radicalisation en parallèle de ses problèmes psychologiques. Ce n’est pas l’acte d’un fou, c’est un acte prémédité et exécuté. Il y a forcément eu une préparation mentale.

Dans le Journal du Dimanche de ce 17 juillet on apprend que la nature de la première prescription, datée du 20 août 2004 : Haldol ®. L’ordonnance est établie au nom de Salmane Boublel, « un second prénom qu’il utilisait souvent ». Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi sur ordre ? Si oui d’où venaient-ils, ces ordres ?

Par Jean-Yves Nau

C’est quoi le Haldol ?

Selon wikipédia, le Haldol, ou halopéridol, est un médicament antipsychotique typique de la classe des neuroleptiques. Ce médicament est utilisé pour le contrôle des symptômes des psychoses aiguës, de la schizophrénie aiguë, des phases maniaques chez les bipolaires (maniaco-dépressifs), de l’hyperactivité, et pour contrôler l’agressivité, l’agitation extrême, et les pensées psychotiques, qui peuvent être induites par l’usage illégal des amphétamines, du LSD et de la PCP.

Un médicament donc puissant utilisé dans des cas de forts désordres mentaux, dont les indications sont les suivantes chez l’adulte :

  • États psychotiques aigus ;
  • États psychotiques chroniques (schizophrénies, délires chroniques non schizophréniques: délires paranoïaques, psychoses hallucinatoires chroniques) ;
  • Vomissements lors de traitements antimitotiques post-radiothérapiques ;
  • Traitement symptomatique de courte durée de l’anxiété de l’adulte en cas d’échec des thérapeutiques habituelles ;
  • Chorées (mouvements anormaux), maladie des tics de Gilles de la Tourette.

Ce médicament agit sur les récepteurs de la dopamine dans le cerveau, mais aussi sur les récepteurs adrénergiques et muscariniques, ce qui explique des effets secondaires indésirables, tels que dépression, trouble psychotique, hypersensibilité, Agitation, Insomnie, État confusionnel, Indifférence, anxiété, trouble de l’humeur et bien d’autres.

Un état mental gravement altéré dont les effets auraient pu être diminués si la prise suivie de l'antipsychotique n'avait été interrompu, d'autant plus quand on sait que Lahouaiej Bouhlel avait frappé en janvier 2016 un automobiliste sur la tête avec une planche munie de clous, incident d’une grande violence lui avait valu une condamnation à six mois de prison avec sursis le 24 mars dernier avant d’être relâché par les services de justice...

Souvenez-vous, le 22 juillet 2011, ou pendant près d'une heure trente Behring Breivik abattait méticuleusement avec une arme lourde 77 personnes près d'Oslo en Norvège. Il n'était pourtant pas identifié comme islamiste radical de Daesh.

Maintenant que vous savez cela, croyez vous toujours en la version officielle du djihadiste radicalisé ?

Note

En février 2002, on apprenait qu'une mère de famille atteinte de maladie mentale avait noyé ses cinq enfants. On apprend alors plus tard qu'un psychiatre, quinze jours avant le drame, avait décidé de ne plus prescrire à la jeune femme un médicament puissant, le neuroleptique Haldol, censé calmer les épisodes psychotiques. Nul doute qu'en cherchant encore, on doit pouvoir trouver d'autres exemples similaires.



Commentaires 8

avatar de Emilio
  • Par Emilio 0 0
  • il y a le captagon qui est utilise pour traiter les depressions , des dizaines de millions de pastilles , produits dans le moyen orient , des tonnes en fait saisies ou pas ,e t beaucoup moins cher que la cocaine par exemple . parfait donc pour motiver une armee de nature depressive a la daesh ..ailleurs ou la . et les effets sont connus .. alors un depressif du monde sous captagon , et ça explose ou cartonne la et ailleurs .. parfait pour creer un chaos .. c est le jeu recherche .. et ensuite viennent les solutions .. a usage medical mondial , vu les resultats encourageants ..

    je me demande meme , si la drogue de sarko family qui est la coke , si , pour montrer son opposition , les valls cazeneuve ne prennent pas eux aussi de captagon ... vu que cette drogue est aussi promotionnee pour ses effets d ugmenter la puissance sexuelle ... une drogue de ministres et autre fromage president .. qui ont beoisn de remontants dans leurs actions autoritaires d elus

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • De mémoire, le captagon a surtout les propriétés d'inhiber la douleur et la peur

avatar de Emilio
  • Par Emilio 1 0
  • Bon , ces interrogations restent evenementielles .. parce que c est quoi le futur de la France ?
    Tu penses quoi de cet article Le- veilleur , de speculations certes , mais qui va quand meme plus en profondeur ..

    http://www.enquete-debat.fr/arch...

    comment desamorcer cette bombe , right now , a l echelle d un pays , voire de l Europe ?
    Faut-il interdire la pratique de l islam en France ? ou bien c est deja trop tard ?
    pas certain que ce soit possible , puisque cette pente savonneuse a deja ete bien mise en place .. en sachant tres bien le conflit qu il engendrerait .. et je crois qu on est est loin d avoir encore vu le pire .. faut-il attendre ce possible pire , pour faire et contrer - ou essayer ?

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Merci pour le lien, excellent article que je vais peut être reprendre. Par les temps qui courent, on peut aussi ajouter les conséquences que pourraient provoquer un effondrement financier, que ce soit aux usa, en europe ou encore global.

avatar de Emilio
  • Par Emilio 0 0
  • oui , j ai trouve cette interrogation interessante , mais attention , ce Jean Robin , dans d autres articles est visiblement d extreme droite . Ses solutions a lui , sont drastiques et centrees sur son sujet .. Hors si probleme il y a , evidence , comme tu fais bien de le remarquer , ils sont a inclure dans un contexe social , qui est valable pour tous les citoyens d un pays et bien au dela . Ce qui n arrange pas des reglements possibles en compliquant le tout .

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • De toutes manières, vu que tout semble s'accélérer, nous devrions être fixés dans un futur assez proche.

avatar de Emilio
  • Par Emilio 0 0
  • ça tombe bien , pour le moins, mon potager est pret et commence a etre productif . Meme s il sera vaporise , si j en rechappe , je sais comment en refaire ailleurs . Et si je suis vaporise avec le tout , ben comme il aura ete materialise en pensees , un jour ou l autre , il y a aura toujours un autre humain - ou androide prefabrique- qui saura retrouver la cle .. de la bonne humeur qui se voudrait contagieuse ...

avatar de Emilio
  • Par Emilio 0 0
  • petit partage avec les amis , avant la vaporisation totale.
    http://www.hostingpics.net/album...
    l idee de depart etait de faire un selfy ou le « je » disparaitrait devant le « tout » .. taoiste un jour , taoiste toujours , du moment que ça baigne

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Evènements sociaux Terrorisme »