Massacre à Nice : L'état fait pression et demande la falsification du rapport de vidéosurveillance


Nouveau rebondissement dans l'affaire de l'attentat de Nice, et qui fait suite à une publication précédente mentionnant que l'état demande la destruction des vidéos du drame à la mairie, demande que la ville de Nice a refusée. En effet, la cheffe du Centre de Supervision Urbain (CSU) de Nice affirme avoir subi des pressions de la part du ministère de l'Intérieur qui lui aurait ordonné d'indiquer la présence des policiers nationaux sur deux points du dispositif de sécurité, policiers qui n'apparaissent... nulle part à l’écran...

Cet évènement survient alors qu'une polémique oppose depuis plusieurs jours Christian Estrosi, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et maire adjoint de Nice, à Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, sur le nombre de fonctionnaires de police nationale présents (ou pas) ce soir-là et sur le dispositif de sécurité en général.

Cela pourrait bien faire taire certains détracteurs qui voient un délire de « fous complotistes » dans le simple fait d'évoquer une possible tentative de manipulation de la part de l'état dans leur demande d'effacement des vidéos. Ne nous attardons pas plus sur le manque d'ouverture d'esprit de ces esprits étriqués, ce serait s'abaisser à leur niveau et je n'en ferai rien.

On pourrait donc se questionner, à défaut d'en conclure faute de preuves, que ces pressions du gouvernement pour falsifier le rapport de la vidéosurveillance pourraient bien expliquer la récente demande officielle de suppression des vidéos détenues par la ville de Nice. En effet, une fois le rapport officiel (et donc falsifié) paru, et en l'absence de preuves (vidéos) contradictoires, il devient impossible alors de contredire la version de Cazeneuve selon laquelle la police nationale était bien présente : « Circulez, y'a rien à voir »...

Si cette version tient la route, d'autant plus que le ministre de l'Intérieur a déjà été pris en flagrant délit de mensonge (merci Guy Fawkes), je voudrais ajouter les commentaires pertinents de mon ami Jonas sur son groupe Facebook (que je vous recommande) à propos de ce nouveau rebondissement. Selon lui, et la aussi ça se tient

Elle (Sandra Bertin) n'aurait jamais fait cette interview sans recevoir ses ordres d'en haut. Toute cette histoire commence à puer la récupération politico-médiatique. La Ville de Nice veut tirer son épingle du jeu mais il est indiscutable qu'elle partage également la responsabilité du drame (voir l'interview de l'ancien premier adjoint au Maire, Benoît Kandel, que j'ai d'ailleurs souvent croisé par le passé, un homme intègre, droit, honnête et ancien Colonel de gendarmerie). (...) Pour moi, La Ville de Nice tente habillement de noyer le poisson » avec cette histoire d’effacement de preuves.

En ce cas, Sandra Bertin aurait elle subi des pressions non pas de l'état, mais de Christian Estrosi, afin de la pousser à délivrer un faux témoignage poussant à discréditer l'État? Ce qui serait un acte hautement grave puisque le faux témoignage est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende, et dans le cadre d’une affaire criminelle comme c'est le cas ici, de sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende (C. pén., art. 434-14 - source Dalloz). Pour le moment, cela ne s'applique pas puisqu'il s'agit d'un témoignage auprès d'un journal, et non auprès d'un tribunal et sous serment.

Nous verrons bien prochainement si Sandra Bertin maintiendra ses affirmations dans le cadre d'une enquête que Bernard Cazeneuve pourrait bien diligenter afin de faire taire ce nouveau scandale. Il n'en reste pas moins que, comme je l'ai déjà dit dans cette affaire, aussi bien l’État que la ville de Nice ont failli à leurs obligations et sont en partie responsables de ce drame.

Mise à jour

Nous n'aurons pas eu à attendre bien longtemps, puisque peu de temps après avoir pris connaissance de ce témoignage, Bernard Cazeneuve porte plainte pour « diffamation » après les accusations de la policière municipale (Source Le Monde).

En réponse à ces « graves accusations », le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, va porter plainte pour diffamation. « Contrairement à ce que Mme Bertin affirme, ce n’est donc en aucun cas “le cabinet du ministre de l’intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU” ou qui aurait eu des échanges avec elle », peut-on lire dans un communiqué de la Place Beauvau.

Le procureur de la République de Paris, François Molins a, lui aussi, réagi dimanche 24 juillet en assurant que l’envoi d’enquêteurs sur place était parfaitement légal, et qu’il s’inscrivait dans le cadre de l’ouverture d’une enquête judiciaire, le soir de l’attentat qui a fait 84 morts.

Le Veilleur

Attentat à Nice : une policière municipale prétend avoir subi des pressions

Nouvel élément dans la polémique. Sandra Bertin, la policière aux commandes de la vidéosurveillance de Nice, le 14 juillet, le soir de l'attentat qui a fait 84 morts et plus de 330 blessés, assure dans « le Journal du dimanche » avoir subi des pressions du ministère de l'Intérieur concernant le traitement des images.

Le lendemain de l'attentat, à la question que lui pose le JDD, « La sous-direction anti-terroriste vous a demandé, le 20 juillet l’effacement complet des enregistrements de vidéosurveillance sur la Promenade pour cette nuit du 14 juillet afin d’éviter les fuites. Ce à quoi s’oppose la ville de Nice… », elle répond :

Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la place Beauvau. J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu.

Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par email une version modifiable du rapport, pour « ne pas tout retaper ». J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vu à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère ! J’ai finalement envoyé par email une version PDF non modifiable et une autre modifiable (...)

, ajoute-t-elle dans le JDD.

« Il n’y a jamais eu la moindre fuite d’images »

Une polémique oppose depuis plusieurs jours Christian Estrosi, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et maire adjoint de Nice, à Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, sur le nombre de fonctionnaires de police nationale présents ce soir-là et sur le dispositif de sécurité en général, images de vidéosurveillance à l'appui. L'inspection générale de la police nationale (IGPN) doit rendre un rapport cette semaine. De plus, la sous-direction antiterroriste (Sdat) a demandé à ce que les enregistrements vidéo soient effacés afin d'éviter la diffusion des images. La mairie de Nice s'y est opposé.

Concernant l'effacement des images, Sandra Bertin, qui est aussi secrétaire générale du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale (SAFPT) de Nice, explique qu'« il n’y a jamais eu la moindre fuite d’images de notre part ». Par ailleurs, cette fonctionnaire souligne que les équipes n’ont pas pu arrêter le camion.

On ne crève pas les pneus d’un 19 tonnes avec un revolver ! (...) Si les policiers municipaux avaient été armés comme nos collègues de la police nationale, une de nos revendications, ils auraient pu le stopper

, assène-t-elle.

Une comparaison malheureuse avec le Bataclan

Autre polémique qu'elle tente de désamorcer : le fait que le camion n'ait pas été signalé lors de repérages effectués par le terroriste les jours précédant le 14 juillet.

Le problème, c’est qu’il n’est pas aberrant de voir un camion de 19 tonnes sur la promenade des Anglais. Tous les jours, ce type de poids lourd vient livrer les hôtels, approvisionner les plages. Ce ne sera pas le premier ni le dernier

Enfin, elle salue le travail de ses collègues avec une comparaison qu'elle reconnaît elle-même comme étant maladroite.

Le camion est repéré vingt secondes après son entrée sur la promenade par la police municipale. Je suis sidérée par les accusations sur notre travail. Ce soir-là, le terroriste est neutralisé en une minute, contre deux heures au Bataclan (le 13 novembre 2015, lors d'attentats multiples à Paris et Saint-Denis). Je suis désolée pour la comparaison malheureuse.

Sources Le Parisien - Le Journal du dimanche




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