Massacre à Nice : L'état demande la destruction des vidéos du drame à la mairie... qui refuse


Maladresse de la part du gouvernement ou intention délibérée de leur part de supprimer toute pièce à conviction qui lui serait potentiellement nuisible, on peut se poser la question...

Il n'est pas question ici de la suppression des preuves, puisque la Justice en a évidemment fait une copie de sauvegarde, mais demander la suppression d'environs 24 heures de vidéos qui ont enregistrées le drame de la soirée du 14 juillet à Nice peut sembler pour le moins curieux. L'état voudrait alimenter les thèses complotistes qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

Cela a-t-il un rapport avec la récente polémique entre Bernard Cazeneuve et Christian Estrosi à propos du dispositif de sécurité inexistant ce fameux soir ? En effet, le dispositif policier en place à Nice a été pointé du doigt par le quotidien Libération, qui affirme que seule une voiture de police municipale interdisait l'accès à la zone piétonne de la Promenade des Anglais ce soir la, affirmation soutenue par l'ancien maire de Nice.

De son coté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dénonce une « contre-vérité » et a ordonné une enquête administrative auprès de l'IGPN, soutenant - bien que n'ayant pas été sur place - que les effectifs policiers nécessaires au dispositif de sécurité étaient présents et en place ce soir la. Malheureusement, et contrairement à ce qui est affirmé par le ministère de l’Intérieur, l’entrée du périmètre piéton de la promenade des Anglais n’était visiblement pas protégée comme elle aurait du l'être le 14 juillet au soir [1].

La demande de suppression des images vidéos serait elle en lien avec l'enquête de l'IGPN demandée par Cazeneuve, rendant ainsi impossible toute future contestation par la ville de Nice en cas d'une issue défavorable de l'enquête pour Estrosi ?

Étant donné que le motif invoqué pour la suppression des images est d'« éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images », le gouvernement craint il une fuite du centre de vidéosurveillance, ou encore un piratage de l'extérieur ? Quand on sait la curieuse réticence qui anime Christian Estrosi à propos de la sécurité informatique de son réseau de surveillance, on peut s'interroger, et à plus forte raison quand on constate à quel point il est aisé pour un pirate de diffuser des images de caméras de surveillance.

A moins qu'il ne soit question d'autre chose ? Quoiqu'il en soit, cette démarche reste curieuse dans un contexte de surveillance généralisée ou l'état se veut de plus en plus intrusif dans notre vie privée, sous le prétexte que si nous n'avons rien à cacher, cela ne doit pas nous déranger.

Pour le moment, la ville de Nice a coupé court à la demande du parquet de Paris, puisqu'elle refuse l'effacement des vidéos et demande au procureur de la République de Nice la mise sous séquestre des images.

Attentat de Nice : la ville refuse de détruire 24 heures d'images de vidéosurveillance

Une réquisition judiciaire urgente [2] a été envoyée au centre de supervision urbain de Nice mercredi 20 juillet. Le parquet de Paris évoque un souci « d'éviter la diffusion non contrôlée de ces images ». La municipalité refuse et va demander au procureur de mettre ces images sous séquestre.

Panique et incompréhension à la mairie de Nice. Mercredi à 11 heures, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition citant les articles 53 et L706-24 du code de procédure pénale et de l'article R642-1 du Code pénal leur demandant l'effacement « complet » de 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet.

De quoi mettre en état de sidération les agents du centre de supervision urbain de Nice.

C'est la première fois que l'on nous demande de détruire des preuves, précise une source proche du dossier. Le centre de vidéosurveillance et la ville de Nice pourraient être poursuivis pour cela et d'ailleurs les agents en charge du dispositif n'ont pas compétence pour se livrer à de telles opérations

La demande paraît d'autant plus étonnante que la SDAT a envoyé depuis vendredi dernier des serveurs afin de récupérer les 30.000 heures de vidéosurveillance liées aux événements. Une opération de sauvegarde qui va s'étendre encore sur plusieurs jours.

Nous ne savons pas si donner un ordre de destruction alors que nous sommes en pleine sauvegarde ne va pas mettre en rideau tout le système

, s'inquiète-t-on dans l'entourage du dossier. Contacté par Le Figaro, le parquet de Paris a confirmé l'information et précisé :

cela a été fait dans ce cas précis pour éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images

Du côté de la police nationale, on rappelle que

sur les mille caméras installées à Nice, 140 présentaient des éléments d'enquête intéressants. La police judiciaire a récupéré 100% des vidéos de ces dernières. La PJ et le parquet ont donc demandé d'effacer les images de ces 140 caméras afin d'éviter l'utilisation malveillante de ces dernières par souci de la dignité des victimes et pour éviter la reprise de ces images par les sites internet djihadistes à des fins de propagande

Enfin, à la chancellerie, on précise que la demande d'un effacement « complet » s'explique par l'impossibilité de procéder à des destructions partielles sur ce type de matériel.

Images partagées par plusieurs services

Le lendemain du drame tragique de la promenade des Anglais, des officiers de police judiciaire étaient venus faire une première recension des caméras en prise directe avec l'événement. Cela a donné lieu à un premier rapport envoyé au ministère de l'Intérieur. Étrangement, ce serait ces mêmes caméras qui sont visées par la réquisition de la SDAT.

Dès samedi, l'Élysée avait demandé copie des images de l'attentat. Une autorisation accordée par le parquet de Paris.

Ce n'est pas choquant que le président de la République ait voulu visionner l'attentat. Faudra-t-il demander à l'Élysée de restituer le CD qui lui est parvenu ?

, s'interroge un bon connaisseur du dossier. En tout état de cause, ces vidéos sont partagées par plusieurs services concomitamment à savoir ceux de la Police et de la gendarmerie nationales, de la police judiciaire et des pompiers.

Vendredi, l'avocat de la ville de Nice a indiqué à Nice-Matin que la municipalité refuserait de répondre à cette demande. Me Philippe Blanchetier a par ailleurs fait savoir que la ville s'apprêtait à demander au procureur de la République de Nice la mise sous séquestre des images,

afin de ne pas hypothéquer les éventuelles autres procédures qui pourraient voir le jour au-delà de l'enquête antiterroriste en cours

Par Eugénie Bastié , Paule Gonzales - Le Figaro

Note

[1] Cela ne devrait pour autant pas déresponsabiliser Estrosi, qui bien que n'étant plus maire de Nice, ne tarit pas d'éloges pour « sa ville ». Si le dispositif policier était insuffisant pour sécuriser cette soirée, elle aurait tout bonnement être annulée, point barre ! Quand il s'agit d'encadrer des manifestations, croyez-moi, la ville de Nice met suffisamment de véhicules de police à disposition, j'en sais quelque chose ! Pourquoi aucun plots en béton n'ont été mis aux entrée/sortie de la promenade des Anglais ? A ce propos, Christian Estrosi s'est d'ailleurs étonné de ne pas constater la présence de ces fameux plots, ce à quoi son ancien bras droit Benoît Kandel répond que

Christian Estrosi se demande aujourd'hui pourquoi des plots en béton n'ont pas été installés par le préfet sur la Promenade des Anglais... Mais quel Tartuffe ! C'est toujours la police municipale de Nice qui installe ce type de matériel. Elle a un camion spécialement équipé pour faire cela. Je le sais. C'est moi qui ai fait acheter ce véhicule en 2009... La police municipale de Nice est très efficace. Encore faut-il qu'elle soit commandée...

Bref, c'est une patate chaude que se renvoient ces deux guignols, tous deux ayant une part importante de responsabilité dans cette tragédie, et nous sommes habitués à constater des accusations mutuelles entre les membres des républicains et du ps. A ce stade pas d'étonnement, mais Estrosi a beaucoup à perdre si il était démontré que sa responsabilité sois mise en cause dans cet attentat, ce qui n'indiquerait pas pour autant que le gouvernement soit exempt de tout reproche comme nous l'avons déjà vu.

[2] Consulter le document officiel de la réquisition du parquet de Paris (youscribe)




Commentaires 2

avatar de Emilio
  • Par Emilio 1 0
  • un 11 septembre 2001 ..a la française .

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Pas impossible en effet, comme peut être pour charlie, le bataclan, mohammed merah...

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