Mars : l'atmosphère de notre « jumelle rouge » aurait été soufflée il y a quatre milliards d'années


Et si Mars avait, elle aussi, possédé une atmosphère riche en oxygène ? Le robot Curiosity a découvert que l'atmosphère de Mars avait été entièrement détruite suite à sa collision avec un objet de la taille de Pluton. Cet événement serait survenu il y a environ quatre milliards d'années. Il y aurait eu de l'eau sur Mars. Désormais, la planète aurait aussi possédé une atmosphère ! Un événement mystérieux, mais catastrophique, aurait complètement soufflé l'atmosphère de Mars, selon les premiers résultats donnés par Curiosity.
 
Un an après son atterrissage sur la planète rouge, le robot Curitosity a déjà parcouru un kilomètre. Ses instruments d'analyse embarqués ont déjà envoyé leurs premières mesures. Elles concernent notamment l'identification des gaz présents dans l'air martien, parmi lesquels figurent l'argon, l'azote, l'oxygène, le monoxyde de carbone et le dioxyde de carbone. Le mélange, qui a déjà fait l'objet de deux études publiées dans la revue Science, correspond à celui relevé par le robot Viking en 1976. Mais, avec Curiosity, les résultats se sont révélés beaucoup plus fiables.
 
« Les mesures de Curisotity sont, pour la première fois, assez précises pour être comparés aux relevés effectués sur Terre sur des météorites à l'aide d'instruments très sophistiqués »
, explique le docteur Chris Webster du Nasa's Jet Propulsion Laboratory, auteur de l'une des études. Monica Grady, professeur en sciences planétaires à l'Open University a déclaré
 
« qu'il était extraordinaire que deux études, utilisant des outils et des techniques différents, aboutissent au même résultat. Ces découvertes contredisent les résultats de la mission du robot Phoenix et clarifient les confusions sur la composition de l'atmosphère martienne », rapporte le Guardian.
Un événement catastrophique pour l'atmosphère de Mars
 
Les équipes de chercheurs estiment donc que l'atmosphère de la planète rouge a été totalement détruite il y a quatre milliards d'années. La raison ? Un événement encore inconnu mais qui s'est révélé catastrophique pour la planète.
 
Les scientifiques pensent que les différents ratios de deux formes d'argon, actuellement présents sur Mars et sur la Terre, suggèrent qu'un événement de grande ampleur a affecté leur présence. Selon Monica Grady, cela pourrait être dû à des violentes éruptions volcaniques ou à une collision avec une énorme objet spatial, probablement au moins de la taille de Pluton.
 
Mars aurait donc développé une atmosphère riche en oxygène plus d'un milliard d'années avant la Terre, selon une étude publiée le mois dernier. Des rochers, récupérés par le robot Spirit à la surface du cratère Gusev, contiennent cinq fois plus de nickel que les météorites martiennes découvertes sur la Terre. Cela révèle que la surface des pierres, vieilles d'au moins 3,7 milliards d'années, se sont formés dans un environnement riche en oxygène. Or, ce n'est pas le cas des météorites dont l'âge varie entre 180 millions et 1,4 milliards d'années.
 
Des réservoirs d'eau identiques depuis
 
Selon les résultats, depuis la catastrophe, les réservoirs d'eau et de dioxyde de carbone de la planète seraient restés quasiment identiques.
 
« Mars est petit à petit devenu une planète et son océan de magma s'est solidifié. Les vents solaires, et le possible impact d'un corps de la taille de Pluton a soufflé la majorité de l'atmosphère de Mars. Et depuis, l'atmosphère a développé un équilibre entre les éruptions volcaniques et la perte dans l'espace », détaille le docteur Webster.
Préparer l'exploration humaine
 
Les résultats de Curiosity devraient permettre aux chercheurs de simuler l'évolution du climat martien. Ils pourront ainsi déduire si la planète possédait un environnement chaud et humide et si elle possédait les bonnes conditions pour le développement de la vie.
 
« Une question fondamentale se pose sur la capacité de la jeune planète Mars : comment l'eau, sous forme de lacs ou même d'océans, ont pu persister à la surface de la planète rouge pour développer une vie microbienne »
, explique le docteur Paul Mahaffy du Nasa's Goddard Space Flight Center.
 
Ces études pourraient s'avérer essentielles à moyen terme, puisqu'elles permettraient d'adapter les systèmes de respiration des futurs voyageurs humains sur Mars. Néanmoins, des analyses plus poussées doivent être réalisées avant que les humains ne puissent poser le pied sur Mars, affirme le docteur Paul Mahaffy. Selon le scientifique,
 
« d'un point de vue pratique, nous devons connaître la composition de l'atmosphère martienne actuelle et son évolution, afin de pouvoir préparer l'arrivée d'éventuels explorateurs humains », rapporte le Telegraph.



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