Linky : Opposé au nouveau compteur électrique, un village finit au tribunal


Le très controversé compteur Linky fait de nouveau parler de lui, ou plus précisément la méthodologie employée par Enedis (ex-ERDF) pour faire plier les maires qui osent s'opposer à son installation dans leurs communes.

Comme ce fût déjà le cas en avril de cette année ou ERDF attaquait en justice une commune de Gironde opposée au projet, c'est aujourd'hui le tour de Montferrand-du-Périgord, un petit village de Dordogne, de se voir assigner en justice pour s'être opposé à l'installation du compteur soit disant « intelligent ». Une grossière méthode d'intimidation s'il en est, puisque la petite commune qui ne comptait que 163 habitants en 2013, ne possède même pas les moyens de faire appel ou payer les frais de justice.

Toujours dénué de sens, l'imposition d'un compteur se voulant communiquant, alors qu'au dire des habitants, aucune connexion internet correcte ne semble à l'heure actuelle disponible. La stratégie Enedis semble vouloir faire des exemples dans le but de dissuader d'autres communes d'emboîter le pas aux réfractaires au boitier jaune.

Des refus plus que justifiés, et ce sur de nombreux points comme vous pouvez le lire sur le site de Stéphane Lhomme (refus.linky.gazpar), ainsi que sur Le Veilleur et bien d'autres sites sérieux. Mais le fait est que Enedis - tout comme Areva - est en très mauvaise posture financière (voir « Le scénario du Titanic se profile pour EDF et Areva »), et que la généralisation dans laquelle s'est pleinement investi le géant électrique français a pour but de faire de sérieuses économies en se débarrassant au bas mot de 4000 employé(e)s dans un premier temps (ce qui ne risque pas de faire baisser la courbe du chômage, vous en conviendrez).

C'est donc un va-tout que joue la filière, ce qui explique leur acharnement à vouloir imposer de gréée ou de force leurs satanés compteur. Si vous désirez vous joindre au mouvement anti Linky et/ou en parler à vos élus, n'hésitez pas à vous rendre sur le site de Stéphane.

Le Veilleur

Opposé au compteur Linky, un village finit au tribunal de Bordeaux

Parce qu’elle refuse Linky, la mairie de Montferrand-du-Périgord se retrouve au tribunal administratif de Bordeaux. La préfecture de Dordogne conteste une délibération municipale interdisant l’installation du nouveau compteur électrique communiquant.

La petite salle du tribunal administratif de Bordeaux est comble ce lundi matin. Plus d’une soixantaine d’anti-Linky sont là. Ils écoutent attentivement Pascal Délègue, conseiller municipal de Montferrand-du-Périgord qui se mue en avocat pour défendre sa petite commune périgourdine de 160 âmes. Celle-ci s’oppose à l’installation du compteur dit intelligent d’Enedis (ex-ERDF, filiale d’EDF).

L’histoire remonte au début de l’année 2016. Les habitants ont fait part de leurs inquiétudes face au compteur autour d’un petit-déjeuner organisé par la municipalité. Le conseil municipal se prononce deux fois coup sur coup, les 6 avril et 6 juillet, contre son arrivée. Trois lignes sur le sujet paraissent dans le confidentiel bulletin municipal. Puis, surprise, la préfecture de Dordogne se saisit de l’affaire et lance une procédure sur le fond et un référé d’urgence pour suspendre la délibération.

Pascal Délègue ne s’attendait « absolument pas » à une telle artillerie juridique. Il rappelle d’ailleurs que « ce n’était pas une priorité pour la commune » :

La pose est prévue pour juillet 2019. Nous avions prévu d’en reparler mais pas dans une telle urgence.

Leur délibération porte « une confusion », indique-t-il. Seul le maire a pouvoir de s’opposer et le conseil n’a à se prononcer que sur le soutien accordé ou non à celui-ci. Il ajoute que

Nous ne pensions que cette nuance puisse justifier une telle procédure

Le refus de sa commune s’est construit autour de quatre arguments : la raison sanitaire, motivée par les crainte des effets supposés radiofréquences émises par le boîtier, la volonté de protéger la vie privée, l’investissement engendré alors qu’on « n’est pas capable de nous fournir une connexion internet correcte » et le manque de démocratie.

Intimidation

La préfecture n’est pas représentée à l’audience, mais Enedis a dépêché au soutien une avocate, qui assure qu’aucun principe de précaution n’a été retenu lors des procédures similaires précédentes.

En France, 266 communes s’opposant au Linky ou au Gazpar (boîtier cousin pour le gaz) ont été répertoriées par l’observatoire que tient Stéphane Lhomme, écologiste et conseiller municipal de Saint-Macaire. Sa commune girondine fait partie de cette liste au même titre que des villes bien plus grosse dont Caen, Saint-Denis et Bondy.

Avec le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole, il avait appelé à une manifestation de soutien. Le chroniqueur de la revue La Décroissance s’insurge :

C’est une campagne d’intimidation contre les communes. Ils s’attaquent à des communes fragiles.

Au-delà de l’annulation de la délibération municipale, une importante somme est demandée : 4000 euros pour rembourser les frais d’avocats. De quoi faire bondir Pascal Delègue :

C’est 8 années de subvention à notre école, 20 années pour notre bibliothèque.

La délibération du tribunal tombera vendredi 14 octobre. « On ira peut-être pas jusqu’au bout pour des questions de ressources » prévient déjà l’élu périgourdin, laissant entendre que la commune n’oserait pas faire appel.

Par Xavier Ridon



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