Linky : ERDF semble ignorer le pack de conformité de la CNIL, la LDH demande un moratoire


Cette fois-ci, c'est la Ligue des Droits de l’Homme qui s’attaque à Linky. L'organisme pointe du doigt un problème, et non des moindres, puisque selon eux, le pack de conformité préconisé par la CNIL elle-même semble être purement et simplement ignoré.

Le pack de conformité en question concerne principalement l'usage des données récoltées par le compteur indiscret, qui pourrait transmettre des données sensibles à l'extérieur, données qui pourraient également être interceptées par des tiers à des fins malveillantes.

Forte de ce constat, la Ligue des Droits de l’Homme demande un moratoire sur le déploiement actuel du « bavard jaune » d'ERDF. Un moratoire déjà demandé en février de cette année par le Comité local d'initiative citoyenne qui déplore qu'ERDF ait commencé l'installation du Linky sans aucune concertation.

Le Veilleur

Pour mettre en œuvre une directive européenne relative à l’efficacité énergétique dans l’Union, la France a décidé, en 2012, de procéder au remplacement de tous les compteurs électriques par de nouveaux compteurs joliment appelés « Linky », capables de communiquer directement à une centrale EDF, sans l’intervention de son personnel. Ce n’est pas là sa seule fonction, il permettra aussi d’adapter le contrat, autorisera la mise en service ou la coupure à distance et le client pourra surveiller sa consommation en KW en se connectant sur un site dédié et non directement sur le compteur…

Alors pourquoi tant d’usagers farouchement opposés, tant de communes (plus de quatre-vingt-dix à ce jour) prennent des arrêtés s’opposant à ce déploiement ?

C’est que Linky est très bavard : les informations qu’il collecte constituent une intrusion dans la vie privée de soixante-six millions d’habitants, car le transfert des données détaillées sur la consommation d’énergie (par exemple toutes les dix minutes) permet notamment d’identifier les heures de lever et de coucher, les heures ou périodes d’absence, ou encore, sous certaines conditions, le volume d’eau chaude consommée par jour, le nombre de personnes présentes dans le logement, etc.

Au point que la Cnil a travaillé sur un « Pack de conformité » et préconisé qu’EDF obtienne de l’usager son consentement pour le transfert de ses données. Or de ce consentement il n’est absolument pas question dans les courriers envoyés par ERDF annonçant le remplacement des compteurs.

Par ailleurs, ce transfert de données constitue une modification substantielle du contrat signé à l’origine pour la fourniture d’électricité, mais cette modification n’est en aucun cas évoquée. Il est donc pour le moins surprenant qu’ERDF procède avec une telle brutalité au changement des compteurs chez des usagers, malgré leur opposition, et que les responsables invoquent uniquement les économies et la facilité d’utilisation.

La LDH a demandé à la Cnil de vérifier le respect par EDF du Pack de conformité. Elle regrette enfin que, plutôt que de recourir aux arguments d’autorité, il n’ait pas été procédé aux expertises scientifiques nécessaires afin de répondre aux craintes qui ont pu être exprimées.

En attendant que ces expertises aient lieu et que la Cnil ait rempli sa mission, la LDH demande un moratoire sur le déploiement actuel.

Voir le pack de conformité (cnil - pdf)

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