Les Tchèques disent non à la rigueur gouvernementale


Samedi 21 avril, une centaine de milliers de manifestants (120 000 selon les organisateurs) a exigé l'arrêt immédiat des plans de rigueur appliqués par le gouvernement tchèque, la démission de ce dernier et la tenue des élections anticipées. La place Venceslas, étant en réalité plutôt une large avenue, à Prague, s'est à cette occasion transformée en véritable fleuve humain.

Le geste de trousseau de clefs

Le défilé intitulé « Stop au gouvernement ! » a probablement été le plus grand rassemblement populaire à Prague depuis ceux de novembre 1989, qui avaient eu raison du régime communiste. D'ailleurs, reprenant un geste symbolique des défilés anti-communistes d'il y a 23 ans, samedi aussi les manifestants sortaient leurs trousseaux de clefs et les agitaient de concert au-dessus de leurs têtes pour sonner le glas des gouvernants actuels.

Et les sondages confirment une impopularité vertigineuse du gouvernement formé d'une coalition de trois partis de droite : en effet, plus de deux tiers des Tchèques souhaiteraient sa démission et l'organisation des élections anticipées. Les raisons de ce fort rejet sont surtout les suivantes : des scandales de corruption en série qui impliquent les partis au pouvoir, d'interminables querelles entre les membres de la coalition et l'unique précepte face à la récession économique sur lequel ces derniers réussissent à se mettre d'accord : celui de la rigueur.

Le Premier ministre pointe sur les communistes

La manifestation de samedi a été conjointement organisée par les fédérations syndicalistes, les associations d'étudiants d'université et des handicapés, durement touchés, ceux-là, par les coupes effectuées dans le système de protection sociale, ainsi que par d'innombrables initiatives populaires qui poussent comme des champignons depuis ces deux dernières années.

Le Premier ministre Petr Necas a réagi par un communiqué où il a accusé les protestataires de se faire « manipuler par les sociaux-démocrates et les communistes » et répété qu'il poursuivrait sa politique de « réformes responsables ». Pourtant, son gouvernement fait ces jours-ci face à une énième crise : Les Affaires publiques, le plus petit parti de la coalition, s'est scindé en deux et le cabinet devra procéder à un recomptage des voix de ses fidèles à la Chambre des députés pour voir s'il y dispose toujours d'une majorité.

Les représentants des syndicats, la plus forte composante des protestataires, ont déjà annoncé qu'ils discuteraient d'un scénario de grève générale pour faire plier le gouvernement.



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