Les empreintes digitales ne sont pas assez fiables pour être considérées comme des preuves


La fiabilité des empreintes digitales est remise en cause. Le Pacific Standard consacre une longue enquête aux empreintes digitales (lien) : doivent-elles vraiment être reconnues comme preuves lors d'un procès ?
 
Puisque deux traces digitales ne peuvent pas être complètement identiques, il est difficile d'accuser quelqu'un sur cette seule preuve. Jennifer Mnook, professeur à l'université de Californie de Los Angeles (UCLA), regrette que « ceux qui analysent les empreintes digitales témoignent en parlant de certitude absolue ».
 
David Kay, de l'école de droit de l'université de Penn State indique quant à lui : « Il est temps que les criminalistes fournissent des témoignages plus défendables scientifiquement et plus acceptables légalement. »
 
Au Minnesota, des avocats remettent en cause (lien) les empreintes digitales analysées par un laboratoire criminel, rapporte la Minnesota Public Radio. Le laboratoire, dont les analyses de drogues se sont révélées absolument pas fiables, est accusé de réaliser des analyses peu fiables dans tous les domaines.
 
Des avocats ont annoncé qu'ils refuseraient de considérer comme des preuves toutes les empreintes digitales dont les résultats sont fournis par ce laboratoire.
 
Puisqu'il reste pour l'instant impossible de prouver qu'une empreinte digitale peut correspondre parfaitement à un individu en excluant toutes les autres possibilités, certains chercheurs demandent à ce que les juges expliquent aux jurés ce que signifie réellement le fait que des empreintes correspondent.
 
Intel Dror, de l'Institut de neurosciences cognitives de l'université de Londres, expliquait dans un autre article du Pacific Standard sur les condamnations d'innocents (lien), que les déclarations des experts ont un impact psychologique sur les jurés.
 
« Si je suis prêt à dire « Oui, l'empreinte correspond à 100% »... ma conviction dans cette déclaration signifie plus pour le jury que mon CV, qui leur indiquerait en fait que je ne suis même pas un spécialiste des empreintes. »
Les empreintes de plus de 70 millions d'individus sont recensées dans la base de données du FBI, qui augmente tous les jours par milliers. Ce qui accroît les risques de correspondances accidentelles.
 
Le cas le plus probant est celui d'un habitant de l'Oregon, Brandon Mayfield. Le FBI avait affirmé que ses empreintes correspondaient à celles du terroriste qui avait posé les bombes dans le métro madrilène en 2004. Les autorités espagnoles avaient par la suite découvert que les empreintes appartenaient en fait à Ouhnane Daoud.

Un médicament rend les empreintes digitales illisibles
 
En 2009, l'agence France Presse rapporte qu' un médicament anticancéreux, la capécitabine, présente la particularité de pouvoir effacer les empreintes digitales et donc de causer des ennuis lors de voyages aux Etats-Unis, avertissent des médecins dans une revue spécialisée, les Annals of Oncology.
 
Des médecins du Centre national du cancer de Singapour rapportent ainsi le cas d'un homme de 62 ans traité depuis plus de trois ans par Xeloda (nom commercial du médicament des laboratoires Roche) pour un cancer du nasopharynx avancé. Se rendant aux Etats-Unis visiter des proches, il s'est retrouvé bloqué pendant quatre heures à la douane de l'aéroport, les agents de l'immigration n'arrivant pas à lire ses empreintes digitales.
 
Les Etats-Unis imposent la lecture des empreintes à l'entrée du territoire
 
Constatant que ce patient ne menaçait pas la sécurité nationale, les agents de l'immigration l'ont finalement laissé pénétrer aux Etats-Unis, tout en lui conseillant de voyager avec une lettre de son cancérologue mentionnant que son traitement pouvait effacer ses empreintes digitales.
 
Les patients qui prennent de la capécitabine au long cours peuvent effectivement avoir des problèmes d'identification via leurs empreintes digitales, mettent en garde les auteurs de l'article, qui recommandent aux patients de prendre leurs précautions pour ne pas subir ce genre de désagrément. Le malade n'est pas la 1ère victime de cette mésaventure...



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