Le « rapport secret » de Nestlé, ou l’alarmisme d’un géant qui voulait privatiser l’eau


Il est question ici d’un rapport prétendu « secret » et « inquiétant » provenant de Wikileaks et relayé par sciencepost, dans lequel une alarme est lancée concernant les ressources mondiales en eau douce. Or, si ce danger trop peu relaté existe bel et bien, il est pour le moins curieux de voir cette menace brandie par le géant mondial qu’est nestlé, habituellement peu scrupuleux quand il est question de gaspiller le précieux liquide...

Il faut avouer que le contenu de ce rapport est habilement orienté pour coller aux revendications de nombreux écologistes, puisqu’il met en évidence une production mondiale de viande bien trop importante et fortement consommatrice d’eau. Un problème bien réel qui ajoute en crédibilité, et qui si j’ose dire, « amène de l’eau à son moulin ». Cette ingénieuse technique a bien évidemment pour but de faire peur à monsieur et madame Michu, habitués à consommer l’un des innombrables produits de la firme, et qui vont être scandalisés par cette révélation qui n’en est pourtant pas une.

De la sorte, une grande partie de l’opinion publique pourrait y voir la une réelle préoccupation altruiste de la part de Nestlé et l’assimiler à un bienfaiteur lanceur d’alerte. Cependant, les ambitions réelles du groupe semblent bien moins humaines, puisque selon Peter Brabeck, PDG de Nestlé, « l’accès à l’eau ne devrait pas être un droit » (prétendant également que le bio va nous tuer) !

Le scandale du lait en poudre

Les polémiques autour de la marque Nestlé ont commencé dans les années 70. A cette époque, Nestlé fait la promotion dans les pays d’Afrique de son lait en poudre en tant que substitut de lait maternel. Bien qu’étant sans danger en Europe, le fait d’ignorer les conditions sanitaires médiocres en Afrique ont eu un résultat désastreux puisque de très nombreux enfants sont morts (1,5 millions d’enfants par année, chiffres UNICEF).

De plus, une fois qu’une mère commence à donner à son enfant du lait en poudre, elle ne produit suffisamment de lait et se retrouve coincée : elle doit continuer à utiliser le produit Nestlé et à s’endetter. En 2010, un rapport de l’IBFAN dénonce les méthodes utilisées en Indonésie par les multinationales Nestlé, Danone et Friesland pour promouvoir le lait en poudre auprès du personnel hospitalier aux dépens de la santé des femmes et des nouveau-nés.

Des pratiques peu reluisantes

1462812318_NCS_modified.jpg Il faut savoir que le groupe nestlé fait aussi dans d’autres pratiques peu reluisantes, telles que le réétiquetage de boîtes de lait périmé, la participation active à la déforestation, le volde droits d’auteur de musique (dans les publicités), des intoxications liées à des contaminations fécales de leurs produits, l’espionnage de l’association ATTAC qui dénonce les pratiques du groupe, fraude à la viande de cheval, des manœuvres sur le lait au Cameroun ayant couté la vie à plusieurs enfants... (sources wikipédia & l'indigne du canapé)

Comme vous le constatez, la multinationale n’a pour but que de chercher le profit partout au détriment des vies humaines, et le fait que Nestlé souhaite depuis plusieurs années privatiser l’eau n’est plus un secret. Donc quand ce dernier prétend se soucier du bien être de la planète en faisant en sorte qu’un « rapport secret » soit divulgué, vous savez à quoi vous attendre !

De plus que dans ce contexte, Nestlé nous propose des solutions, comme la création d’un marché virtuel de l’eau, l’adoption de plus d’OGM pour cultiver des plantes résistantes au manque d’eau, et la libéralisation du commerce agricole mondial.

Ben voyons ! Et devinez à qui tout cela profitera ?

Le très inquiétant rapport secret de Nestlé sur les ressources mondiales en eau douce

Un rapport secret datant de 2009 et que Wikileaks s’est procuré révèle une situation alarmante concernant les prévisions de dirigeants de Nestlé à propos des ressources mondiales en eau. Avec une image simple, si le monde entier consommait la nourriture selon le standard américain, ces ressources auraient été épuisées en l’an 2000.

Tour d’horizon avec Nestlé : oubliez la crise financière mondiale, le monde est à court d’eau douce.

, tel est le nom de ce rapport daté de 2009 et resté secret jusqu’à ce que Wikileaks mette la main dessus, et qu’il soit publié par Reveal, le site de l’ONG Center for Investigative Reporting. Dans ce rapport, les dirigeants du géant de l’agroalimentaire Nestlé informent les officiels Américains d’une « trajectoire catastrophique » empruntée par la planète, avec notamment en cause la consommation excessive de viande par les Américains, et désormais d’autres pays qui lui emboîtent le pas.

Une production mondiale de viande bien trop importante, cette production étant l’une des premières sources de consommation de l’eau et de son gaspillage, quand on sait notamment qu’il faut 5 000 litres d’eau pour produire environ 1 kg de viande. La consommation de viande est déjà très importante en Europe et aux États-Unis, et la demande de bœuf, de poulet et de porc connaît désormais une forte augmentation dans des pays comme la Chine ou l’Inde.

Ainsi, selon ce rapport, une pénurie d’eau douce est inévitable, et surtout très proche en terme de temps. « Nestlé pense qu’un tiers de la population mondiale va être affectée par une pénurie d’eau douce d’ici 2025, la situation devenant plus grave par la suite et potentiellement catastrophique d’ici 2050.

Les aquifères souterrains se vident à vitesse grand V dans les grandes régions du monde, un problème qui sera plus sévère au Moyen-Orient, dans le nord de l’Inde, le nord de la Chine et l’ouest des États-Unis.

À moins d’adopter un régime alimentaire bien moins riche en viande et à grande échelle, l’eau douce va très rapidement manquer, jusqu’à ne plus être disponible.

Le régime actuel américain est de 3.600 calories par jour, avec une consommation de viande substantielle. Si le monde entier était passé à ce standard, les ressources mondiales en eau douce auraient été épuisées à un niveau de population de 6 milliards de personnes, ce que le monde a atteint en l’an 2000.

Un problème grave quand on sait que de nombreux pays suivent désormais ce modèle, sans compter l’augmentation de la population mondiale, qui pourrait atteindre 9 ou 10 milliards en 2050.

Puisqu’il est clair que « les régimes actuels à base de viande des pays développés et les modes d’utilisation de l’eau n’apportent pas un plan pour l’avenir de la planète » comme l’annonce le rapport, Nestlé pourrait vouloir créer une combinaison de quatre stratégies pour éviter une crise : la création d’un marché virtuel de l’eau, la suppression des subventions pour les biocarburants, l’adoption de plus d’OGM pour cultiver des plantes résistantes au manque d’eau, et la libéralisation du commerce agricole mondial.

Pourquoi est-ce la première fois que vous entendez cela de la plus grande entreprise alimentaire du monde ? Tout simplement parce que ces stratégies sont « controversées », et que la multinationale veut rester discrète (NDV : Ben tiens !).

Sensible à son image publique, Nestlé a gardé profil bas pour discuter des solutions et essayer de ne pas prêcher. […] L’entreprise évite scrupuleusement la confrontation et les polémiques, préférant influencer son public discrètement, par exemple.

Texte par David sur sciencepost.fr

Une nouvelle étape dans l’accaparement et la monétisation du capital naturel ?

1462812572_171388688.jpg Le terme de « capital naturel » est ici volontairement employé afin de mettre en exergue le coté monnayable des ressources naturelles dans leur ensemble, car il existe une volonté non dissimulée de la part des géants industriels de mettre un prix sur l’ensemble du patrimoine humain, afin de mieux pouvoir en tirer des bénéfices.

Ce capital naturel fait référence aux ressources telles que minéraux, plantes, animaux, eau, air, etc. Toutes ces ressources dont l’existence nous est infiniment antérieure et sans lesquelles nous ne serions même pas la ont un prix aux yeux d’un système paradoxalement incapable d’en appréhender la réelle valeur.

Parmi ces ressources naturelles, il en est qui sont plus vitales à notre survie que d’autres, et cela n’échappe pas aux groupes et multinationales avides de bénéfices comme nous venons de le voir. Par exemple, deux entrepreneurs ont mis récemment en place une entreprise de vente d’air frais australien en Chine. Selon certains, il s’agit de l’idée la plus ingénieuse depuis la vente des bouteilles d’eau (sic). Autre exemple, Moscou a invité Pékin à discuter d’un projet d’acheminement de son eau potable en Chine ou la pollution et la pénurie font des ravages.

Nous en arrivons à une étape importante, je dirais même cruciale, et ou il va absolument falloir rester vigilant, auquel cas nous verrons bientôt apparaître de nouvelles privatisations, taxes et autres impôts sur ces ressources naturelles de base dont l’accès doit absolument rester libre et inaliénable.




Commentaires 1

avatar de PH7
  • Par PH7 1 0
  • Que veux-tu, il n'y a pas de petit profit pour ces géants qui n'hésitent pas à détruire pour mieux accaparer la ressource et la transformer en argent sonnant et trébuchant. tu sais qu'ils envisageaient de taxer les forages, puits, points de récupération des eaux pluviales sous prétexte que certains utilisent cette eaux et la rejetent dans les égouts, ce qui nécessite un traitement et coûte cher aux géants de l'eau ?! Rien ne nous sera épargné pouvu que ce soit payant !

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