Le Conseil de l'Europe demande à la Russie l'autorisation d'interférer dans leurs élections


« Hé Poutine, tu nous autorises à mettre le bordel chez toi ? ». Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c'est à peu de choses près en langage clair la demande du Conseil de l'Europe à la Russie.

Ne cherchez pas ailleurs, seul Ouest-France a pour le moment relayé cette information pour le moins comique, tout du moins pour ceux assez bien informés sur le sujet. Plus exactement, l'organisation demande vendredi 22 septembre à la Russie de permettre à l'opposant de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, de se présenter à la présidentielle en mars 2018 et d'annuler son inéligibilité. Rien que ça !

On peut lire en effet sur l'article que

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, devrait être autorisé à se présenter à la présidentielle de mars prochain, ont plaidé les représentants des 47 gouvernements du Conseil de l’Europe dans une résolution publiée vendredi.

Le Comité des ministres de l’organisation, réuni cette semaine à Strasbourg, a « invité les autorités » russes à revenir sur « l’interdiction pour M. Navalny de se présenter à une élection ».

Mais pourquoi est-il inéligible ce brave garçon allez-vous me dire ? « Poutine est un dictateur, il fait assassiner ou emprisonner tous ses opposants » vont chanter en chœur tous les trolls russophobes privés du moindre sens d'analyse objective. Niet !

Dans les faits, il est reproché à l'opposant politique (et candidat au poste de maire de Moscou) Alexeï Navalny, et son co-prévenu Petr Ofitserov, d'avoir à grande échelle, détourné 16 millions de roubles (environ 400.000 euros) au détriment d'une exploitation forestière, Kirovles, alors qu'il était assistant du gouverneur de la région et un tribunal de Kirov l'a condamné le jeudi 18 juillet 2013 à cinq ans de camp pour ce crime.

En France, nous serions pourtant nombreux à applaudir une décision de justice consistant à rendre inéligible toute personne coupable de ce genre d'agissement. Une promesse de Macron passée aux oubliettes, mais passons, ce n'est pas le sujet ici.

Chose pour le moins étonnante (ou pas), les États-Unis tout comme l'Union européenne n'ont pas cherché à vérifier de la véracité des accusations qui sont portées contre Alexeï Navalny. Politiser une décision judiciaire est bien plus profitable et possède l'avantage de détourner l'esprit des badauds.

La Cour européenne des droits de l'homme condamne alors en février 2016 la Russie à verser 79 000 € à Navalny et à son associé Piotr Ofitserov car le procès « n'aurait pas été équitable ». Suite à cela, la Cour suprême de Russie annule en novembre 2016 le premier jugement et ordonne qu'un nouveau procès ait lieu. Celui-ci se déroule en janvier et février 2017 et Navalny est de nouveau condamné à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds et à 500 000 roubles d'amende.

Par la suite, ce personnage fait face à d'autres condamnations liées à ses diverses activités politiques, tel que diffamation, manifestations violant les règles encadrant leur organisation, infraction à sa liberté surveillée issue d'un jugement rendu précédemment, et heurts avec les forces de l'ordre. il est également condamné à trois ans et demi de prison avec sursis par le tribunal de Moscou pour avoir détourné selon l’accusation, près de 400 000 euros appartenant à une filiale russe du groupe français Yves Rocher. Certains y verront les conséquences logiques des actes d’insubordination de ce « combattant contre la corruption », alors que d'autres hurleront au complot.

Fait intéressant, le président du Parti libéral-démocrate, Vladimir Jirinovski, a demandé par la suite au ministère de l'Intérieur l'ouverture d'une enquête sur le financement de la campagne électorale de Navalny. Celui-ci aurait récolté de l'argent de la part de donateurs anonymes étrangers via un système de paiement sur Internet, pratique interdite par la loi russe.

Bien entendu Navalny crie au complot politique et est soutenu par les pays européens ainsi que les États-Unis. Il faut savoir qu'il a étudié à l'université de Yale aux États-Unis, et a bénéficié du programme du « Yale World Fellows ». En d’autres termes, il a été sélectionné pour faire partie « d’un réseau de leaders émergeants » jouissant « d’une large compréhension mondiale ».

En octobre 2011, la correspondance électronique est rendue publique par un hacker dans le but de montrer que « Navalny est un ultranationaliste corrompu financé par les autorités américaines ». Évidemment, l’intéressé nie l'authenticité de ces mails. D'après ces mêmes mails, le mouvement politique DA! dont Navalny a participé à la création aurait obtenu en 2006 un financement de la fondation américaine National Endowment for Democracy. Pour un « anti-corruption », ça la fout mal, non ?

En 2010, Alexeï Navalny part étudier à l'université Yale. Selon le média officiel russe, Russia Today, cette bourse a été obtenue grâce à Michael Mc Faul, un membre de la NED et aurait été financée par la NED dans le but de préparer une révolution orange en Russie. Sans surprise, la quasi-totalité des médias qualifie cela de « propagande russe diffusant des théories du complot ».

Pourtant, même l'économiste et journaliste américain Paul Craig Roberts dit que

La Russie a toutes les raisons d'avoir des doutes sur l'opposition politique qui semble être réunie autour d'Alexeï Navalny. Tout comme les "révolutions de couleur" dans l'espace post-soviétique, l'opposition russe est financée avec des moyens américains. Washington ne veut pas que la Russie puisse contredire sa volonté

Une phrase de Paul Craig Roberts qui prend tout son sens au vu du désappointement profond de l'establishment américain sur le dossier Syrien, alors que la reconquête de ce pays par les forces armées gouvernementales, épaulées en cela par l'armée russe, sont sur le point d'achever l'éradication des forces terroristes, dont on sait désormais clairement que ces dernières sont armées, entrainées et financées par la CIA et Washington.

On peut également observer la main américaine dans le récent coup d'état au Brésil, la tentative destructrice, mais heureusement déjouée, du renversement de Nicolas Maduro et de son régime chaviste au Venezuela, pourtant source de nombreuses avancées sociales dans le pays.

Mais dans l'affaire qui nous intéresse, quoi de mieux qu'un de leur larbins puisse « démocratiquement » accéder au pouvoir et supplanter Vladimir Poutine, permettant ainsi aux États-Unis ayant échoués à se débarrasser définitivement de la Russie lors de leur collaboration avec Mikhaïl Gorbatchev prévalant dans l'effondrement de l'ex URSS ? L'oncle Sam pourrait donc ainsi faire main basse sur les gigantesques ressources de la Russie, et qui ne se limitent pas au pétrole ou au gaz, loin de la.

Une fois encore, le « Cui bono » s'impose pour y voir clair...

L'actuelle Russie, avec Vladimir Poutine à sa tête, a su déjouer les nombreux pièges qui lui étaient tendus par l'occident, tout en augmentant son influence ainsi que ses alliés. Toute force militaire n'étant pas envisageable par l'Otan (ou qui-que ce soit d'autre), seule la possibilité d'une déstabilisation de l'intérieur est envisageable, ce que tente d'appuyer le Conseil de L'Europe.

C'est de plus une démarche hypocrite, et ce à plus d'un titre, de la part du Conseil de L'Europe quand on sait que celui-ci a longtemps refusé d'inclure la Russie en son sein avant d'accepter son adhésion le 28 février 1996. Le 30 juin 2017 survient un nouveau coup de théâtre, puisque la Russie annonce qu'elle suspend sa participation au budget du Conseil de l'Europe sous fond de tensions liées à des sanctions à son encontre.

Dénonçant une dégradation de la situation ainsi qu'une campagne de persécution frénétique visant les députés d'autres pays cherchant à normaliser les relations avec la Russie, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, prévient le président du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, que la Russie

ne contribuera[it] pas au budget du Conseil de l’Europe jusqu’à la restauration totale des droits de la délégation russe

Sur ce point, il faut savoir que les dix-huit députés russes de l'APCE qui siège à Strasbourg sont privés de droit de vote depuis avril 2014, et ce en prétexte à la soit-disant « annexion » de la péninsule de Crimée, qui n'est en fait que le résultat du choix du peuple Criméen à l'issue d'un référendum. (alors que la situation s'envenime dangereusement dans une Ukraine qui subit un coup d'état dans lequel la responsabilité des États-Unis ne fait plus le moindre doute.)

Nous sommes donc face à une démarche de la part du Conseil de l'Europe qui, sous le paravent usé de la « protection des droits de l'homme », demande à la Russie qu'elle autorise à ses propres élections la participation d'un criminel déjà condamné à maintes reprises, et qui n'est autre qu'un agent infiltré travaillant en sous-main pour les États-Unis. C'est un peu comme si Georges Soros lui même demandait à Poutine les clés du Kremlin.

Les amères loques ne doutent décidément de rien !

A Pour finir, je vous laisse découvrir qui est Alexeï Navalny dans une analyse de Xavier Moreau.


Le Veilleur

Liens connexes

Kremlin-2018 : Navalny déclaré inéligible

Alexeï Navalny, un sous-marin qui fait surface

La justice russe a-t-elle bien agi en condamnant Alexeï Navalny, et son coprévenu Petr Ofitserov ?

L’ambassadeur US McFaul interdit en Russie





Commentaires

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Evènements sociaux Politique »