Le buzz du zombie : une réelle invasion est elle possible ?


Cannibalisme, automutilation et démembrement : les derniers faits divers font froid dans le dos. Après l'histoire du cannibale du Miami (lien) qui a mangé le visage d'un homme encore vivant en pleine rue et celle de l'homme du New Jersey jetant des bouts de son intestin à la tête de policiers éberlués (lien), la folie mutilatoire a même touché la France, hier, avec l'histoire de cet homme de Montauban qui aurait arraché l'oreille droite de sa victime pour la mâcher aux deux tiers (lien).
 
Mais, comme le rappelait Le Monde des religions (lien), les histoires de cannibalisme, aussi horribles soient-elles, ne sont pas nouvelles. Il y a à peine une semaine, on découvrait l'histoire de ce Chinois qui dépeçait ses victimes et vendait leur chair sur le marché en la faisant passer pour de la viande d'autruche (lien). On pense aussi au prisonnier Nicolas Cocaign qui s'était violemment jeté sur son codétenu en juin 2010 et lui avait mangé une partie du poumon (lien), croyant consommer son coeur. Ce qui distingue l'histoire du "Cannibale de Miami" des autres faits divers, c'est le fait qu'il ait attaqué en plein jour, dans la rue, comme le rappelle le site de France Télévisions (lien).

"Il s'est retourné et il a grogné"
 
Mais le détail qui a véritablement enflammé les imaginations, ce sont les paroles d'un témoin de la scène, Larry Vega, comme l'a très justement souligné Alexandre Coste dans son article publié sur le site Marianne 2 :
 
"L'homme était en train de le déchirer en morceaux avec sa bouche. (...) Je lui ai dit de descendre, mais il continuait de bouffer l'autre, de lacérer sa peau. Un officier de police est arrivé et lui a dit de descendre plusieurs fois, puis a fini par grimper sur la cloison et, une fois en face de lui, a répété : 'Descendez !' Mais l'homme s'est juste retourné, avec un morceau de chair dans la bouche, et a grogné."

Et le témoin d'ajouter : "L'homme, il ressemblait à un zombie, il gouttait du sang. La chose que j'ai vu qui s'en rapprochait le plus ? The Walking Dead", la célèbre série de zombies. Ça y est, le mot est lâché : tous ces faits divers mélangeant cannibalisme, folie et fascination pour la chair humaine rentrent dans la grande tradition des films de zombies, dans lesquels des humains perdent leur conscience, contrôlés par des forces maléfiques ou autres manipulations chimiques, ou encore infectés par des spores d'une nature en pleine rébellion. Il n'en fallait pas tant pour enflammer la Toile.
 
En l'espace de quelques heures, le hashtag #zombiebukkake est propulsé "trending topic" sur le Twitter français et mondial, une sombre référence à une histoire de zombies gores. Dans le même temps, les médias américains s'inquiètent : la menace d'une attaque de zombies rentre-t-elle dans la sphère du réel ?
 
Toujours prêts
 
Alors que le site Gawker.com s'ingénie à faire la liste de tous les faits étranges (lien) ayant eu lieu en Floride et se rapprochant bizarrement des scénarios classiques dans les films de zombies, le site de Long Island Press.com titre ironiquement : "Doit-on considérer sérieusement une Apocalypse des zombies ?" En ligne de mire : une campagne de prévention mise en place par les centres de prévention des maladies (CDC - lien) pour apprendre les bons gestes à adopter en cas d'invasion de zombies. Avec, en introduction, ces quelques mots du docteur Ali Khan : "Si vous êtes, d'une manière générale, bien équipé pour faire face à une attaque massive de zombies, vous serez également préparé à affronter un cyclone, une épidémie un tremblement de terre ou une attaque terroriste. Alors s'il vous plaît, prenez un kit, organisez-vous et soyez préparés." Une manière de toucher un nouveau public, plus jeune, d'après la direction du CDC.
 
Dans les médias français, la principale inquiétude réside dans le point commun qui relie toutes ces affaires : la prise de drogues et/ou d'alcool. Sur son site, Le Figaro s'interroge : "Des drogues peuvent-elles mener au cannibalisme ?". En filigrane, il y a cette question : "y a-t-il un cannibale qui sommeille en chacun de nous et ne demande qu'à se réveiller ?" Le professeur Michel Lejoyeux, spécialiste de psychiatrie et d'addictologie à l'université Paris-7, se veut rassurant : les effets hallucinogènes des drogues sont connus depuis longtemps et peuvent mener à des situations extrêmes. Dans le cas du "Cannibale de Miami", il serait plus opportun de parler de "comportement désorganisé" plutôt que de véritable cannibalisme.

Une invasion de zombies, c'est possible ?
 
Si l'on considère le zombie dans sa dimension monstrueuse, et non comme la population au regard vide qui prend le métro tous les matins, Ipod dans les oreilles et gestes mécaniques exécutés sans une étincelle de vie, une menace de ce type est... scientifiquement plausible.
 
C'est en tout cas ce que soutient Samita Andreansky, virologue à l'Université de Floride de Miami (tiens donc, mais ne serait-ce pas la ville d'origine de notre « patient zéro » ?) dans un documentaire de la chaîne National Geographic : « La vérité sur les Zombies ». Il affirme en effet combinaison du virus de la rage avec un virus de la grippe mutée pourrait jeter les bases d'une pandémie de zombies dans le monde entier, similaire à celle entrevue dans « 28 jours plus tard ».
 
Reste qu'une telle hybridation naturelle entre deux virus aux propriétés radicalement différentes est de l'ordre du jamais vu, scientifiquement parlant. Mais les amateurs de sensations fortes peuvent se rassurer, la piste de la création laborantine demeure : « Il est théoriquement possible mais extrêmement difficile de créer un virus hybride rage et grippe en utilisant des techniques modernes de génie génétique », a déclaré Andreansky à l'Université de Miami. Et puis, qui investirait dans de telles recherches, et dans quel but ?



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