La plaque tectonique indo-australienne se déchire


Les mégaséismes ressentis au cours des dernières années dans l'océan Indien au large de l'Indonésie sont provoqués par la cassure progressive de la plaque tectonique indo-australienne, qui se déchire littéralement en deux au large de Sumatra, selon des études publiées mercredi.
 
Les séismes « jumeaux » qui ont frappé le nord-est de l'océan Indien le 11 avril 2012, le premier d'une magnitude de 8,6, le second de 8,2, sont exceptionnels à plus d'un titre.
 
La première secousse a été causée par la rupture d'au moins quatre failles sous-marines en l'espace de seulement 2 minutes et 40 secondes. Elle a été suivie par la rupture d'une cinquième faille deux heures plus tard, ce qui a généré le second séisme, expliquent Thorne Lay, de l'Université de Californie à Santa Cruz, et ses collègues, dans une étude publiée par la revue britannique Nature.

Fait extrêmement rare, ces secousses ont frappé au coeur de la plaque indo-australienne, près de l'île indonésienne de Sumatra, et non pas à la jonction de deux plaques comme c'est ordinairement le cas.
 
« Ce qu'on est en train de voir ici, c'est la plaque indo-australienne qui se fragmente en deux plaques distinctes »
, résume Thorne Lay.
 
« Ce processus géologique va mettre des millions d'années, et il va vraisemblablement nécessiter des milliers d'autres séismes aussi puissants» pour aboutir à la séparation de la plaque indienne d'avec la plaque australienne »
, ajoute Keith Hoper, de l'Université de l'Utah, co-auteur de l'étude.
 
La plaque indo-australienne se déplace vers le nord-est mais son mouvement n'est pas uniforme. D'un côté, le versant indien de la plaque entre en collision avec l'Eurasie au nord-ouest, butant contre elle au niveau de la chaîne de l'Himalaya depuis environ huit millions d'années. De l'autre, le versant australien progresse plus facilement car il plonge sous l'île de Sumatra.
 
C'est dans cette « zone de subduction » au large de Sumatra que sont survenus les mégaséismes d'Aceh (magnitude 9,3) le 26 décembre 2004 et de l'île de Nias (magnitude 8,7) en 2005.
 
Contrairement à la secousse d'Aceh, qui avait déclenché un tsunami dévastateur faisant 220.000 morts ou disparus dans une dizaine de pays voisins, seules des vaguelettes ont été enregistrées au printemps dernier. En effet, en avril 2012, les failles qui ont rompu coulissaient horizontalement l'une contre l'autre, sans mouvement vertical suffisamment important pour créer une lame de fond.
 
En revanche, les deux séismes d'avril 2012 ont provoqué un très grand nombre de secousses de par le monde, selon une autre étude publiée dans Nature.
 
D'après Fred Pollitz, de l'US Geological Survey (USGS), et ses collègues, la fréquence des séismes d'une magnitude supérieure à 5,5 a été multipliée par cinq dans les six jours qui ont suivi ces séismes jumeaux. Certaines de ces secousses ont atteint une magnitude de 7, jusqu'au Mexique. Une puissance et une distances telles que les chercheurs américains excluent qu'ils puissent s'agir de répliques classiques.



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