La « démocratie » selon Her Wallz : Interdiction de manifester et nouveau 49.3 envisagé pour la Loi travail


Avant d'aller plus loin, un petit rappel s'impose sur le terme « démocratie » utilisé si souvent et nerveusement par le general Wallz.

Le terme démocratie désigne le régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir, ce qui n'est visiblement plus le cas dans notre pays. A contrario, une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu'aucune loi ou institution ne les limite. Selon Encyclopædia Universalis :

La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert soit à précipiter l'évolution en cours (dictatures révolutionnaires), soit à l'empêcher ou à la freiner (dictatures conservatrices). Il s'agit en général d'un régime très personnel ; mais l'armée ou le parti unique (NDV : ou dans notre cas un état policier) peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles.

Les bases étant posées, je vous laisse constater par vous même dans lequel de ces deux régimes politiques nous errons actuellement, si toutefois des doutes subsistaient encore dans votre esprit.

Loi travail : « Il faut aller vite et faire adopter ce texte » affirme Manuel Valls

Le Premier ministre a réaffirmé qu'il n'y aurait « ni retrait du texte, ni modification de sa philosophie ». Manuel Valls, qui assume un « désaccord de fond » avec les syndicats contestant le projet de loi travail, estime dans un entretien au Journal du Dimanche que « maintenant, il faut aller vite et faire adopter ce texte », sans répondre sur un nouvel usage du 49-3.

« Ni retrait, ni modification »

S'il dépeint la CGT comme « une grande organisation syndicale » dont l'« histoire se confond avec celle du Front populaire, de la Résistance, de la reconstruction après-guerre », le chef du gouvernement martèle que

il n'y aura ni retrait du texte, ni modification de sa philosophie, ni réécriture des articles qui en constituent le cœur

Alors que le projet de loi revient à l'Assemblée le 5 juillet, le locataire de Matignon lance que

la démocratie sociale, ce n'est pas l'expression permanente de la contestation, c'est le respect des temps démocratiques. Maintenant, il faut aller vite et faire adopter ce texte

Prié de dire si ce souci de vitesse signifie un deuxième recours à l'arme constitutionnelle du 49-3 pour faire adopter le texte sans vote à l'Assemblée, Manuel Valls se borne à répondre

Je prends les étapes les unes après les autres

« Annuler » les manifestations jeudi

Interrogé pour savoir si les nouvelles manifestations prévues jeudi contre le projet de loi seront interdites, le Premier ministre juge que

compte tenu de la situation, des violences qui ont eu lieu, de l'attentat odieux contre le couple de policiers mais aussi de la tenue de l'Euro, les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements

« C'est du bon sens ! » estime Manuel Valls.

Si les organisateurs ne veulent pas prendre leurs responsabilités, se désolidariser clairement des violences, si nous constatons que ces manifestations font peser de nouveau un danger pour les forces de l'ordre et les biens publics, alors le gouvernement prendra ses responsabilités

Source Sudouest

Pour Bruno Le Roux, « s'il faut le 49-3, il y aura le 49-3 »

Selon le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, le gouvernement n'hésitera pas à utiliser une nouvelle fois l'article 49-3 de la Constitution pour faire passer en force la loi El Khomri en seconde lecture.

Le passage en force à l'Assemblée nationale, le gouvernement connait. Le pouvoir socialiste, dont les ténors et le président lui-même dénonçaient pourtant un déni de démocratie quand ils étaient dans l'opposition, n'exclue pas d'utiliser à nouveau l'article 49-3 de la Constitution pour imposer une loi dont personne ne veut. La gauche frondeuse et l'extrême gauche dénoncent un texte de droite, Les Républicains refusent une loi vidée de sa substance au fil des reculades du gouvernement, pressé par les syndicats. La majorité ne devrait donc pas être réunie à l'Assemblée pour permettre au gouvernement de faire passer la controversée loi travail.

La ministre ne retirera pas la loi travail et encore moins l'article 2... Moi je dis que s'il faut le 49-3, il y aura le 49-3

, a affirmé le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, sur Radio Classique.

Le 10 mai, le gouvernement avait déjà eu recours à cet article, qui lui permet de faire passer une loi sans vote du Parlement, en engageant la responsabilité gouvernementale. 56 députés socialistes avaient donc tenté de déposer une motion de censure contre leur propre gouvernement. Actuellement, le texte est en cours d'examen au Sénat, qui a voté le controversé article 2 en le durcissant, pour le faire ressembler à sa version initiale. Vendredi matin, la rencontre entre la ministre du Travail Myriam El Khomri et le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez n'a pas permis de trouver un accord.

Source Valeurs actuelles

Après la CGT, FO maintient l’appel à manifester

N’en déplaise au gouvernement et malgré les mises en garde de Manuel Valls, les syndicats ne veulent pas céder. Après le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, son homologue de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, maintient son appel à manifester les 23 et 28 juin contre le projet de loi travail, déclare-t-il dans une interview publiée lundi 20 juin par Le Parisien.

La veille, Manuel Valls a réitéré dans Le Journal du Dimanche ses mises en garde aux syndicats en pointe dans la contestation contre le texte réformant le marché du travail, examiné au Parlement.

Menace d’une interdiction de manifester

Compte tenu du climat actuel de violence, des incidents qui ont marqué les derniers cortèges et du déroulement de l’Euro de football, les organisateurs de ces manifestations « devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements », a notamment déclaré le premier ministre, brandissant de nouveau la menace d’une interdiction. M. Mailly déclare au Parisien n’avoir pour le moment « aucune information allant dans le sens d’une interdiction ».

Valls « se comporte en pyromane »

De son côté, Philippe Martinez a redit, lors du « Grand rendez-vous » i-Télé-Europe 1-Le Monde, qu’il n’était pas question d’annuler les journées d’action de jeudi et du 28 juin. Pour Jean-Claude Mailly, « le bon sens » voudrait que le gouvernement examine les propositions de la CGT et de FO. Et d’ajouter :

Voici ce qui, selon moi, permettrait une sortie par le haut et sonnerait l’arrêt des mobilisations […]. A chaque fois que le premier ministre intervient, prend la parole dans les médias, il se comporte en pyromane au lieu d’apaiser la situation.

Source Le figaro

Où en sont les mouvements de grève ?

Si une partie des syndicats s’opposent toujours au texte défendu par Myriam El Khomri, la situation est revenue à la normale dans les secteurs les plus perturbés.

Les mois passant, il devient difficile d’y voir clair. Cela fait déjà plus de trois mois que le projet de loi Travail défendu par Myriam El Khomri suscite la polémique, provoquant grèves et manifestations à répétition. Et ce n’est peut-être pas fini : le gouvernement campant désormais sur ses positions, la CGT et FO menacent d’organiser de nouvelles journées de mobilisation, d'autant que la rencontre vendredi entre le secrétaire général de la CGT et la ministre du Travail n'a pas changé la donne. En attendant de voir comment évolue le mouvement, où en est la mobilisation actuellement ?

Participation en baisse à la SNCF

Les cheminots avaient deux raisons d’être aux avant-postes de la mobilisation : ils disposent d’une capacité de nuisance non négligeable mais ils sont aussi en train de négocier un nouvel accord d’entreprise et de branche qui doit régir l’organisation du temps de travail dans le secteur. Les employés de la SNCF ont donc été parmi les plus actifs depuis le début de la contestation.

Mais le temps a érodé la mobilisation et, surtout, le gouvernement a forcé la main de la direction de la SNCF, priée de ne pas mettre davantage d’huile sur le feu lors des négociations propres au secteur du rail. Résultat, la SNCF a accepté de prolonger les règles actuelles, alors qu’elle espérait améliorer la productivité de ses équipes, et la mobilisation des cheminots est allée decrescendo. Elle est pour l'instant suspendue, la SNCF évoquait jeudi des perturbations « résiduelles », en attendant de voir comment évoluent les négociations avec le gouvernement.

Retour à la normale dans le secteur pétrolier

C’est grâce à la mobilisation dans ce secteur que les syndicats opposés à la loi Travail ont réellement engagé un bras-de-fer avec le gouvernement mi-mai. Un mois plus tard, tous les sites ont redémarré leur activité : la raffinerie de Feyzin a voté la reprise du travail le 7 juin, suivie trois jours plus tard par la raffinerie de Donges puis par celle de Gonfreville-l’Orcher le 11 juin. Les terminaux pétroliers du Havre ont également voté la reprise du travail le 10 juin au soir. Hormis des débrayages le 14 juin à l’appel de l’intersyndicale, l’activité est désormais revenue à la normale dans tout le secteur.

Au final, seuls quelques blocages persistaient jeudi en région parisienne et dans les Bouche-du-Rhône, où des éboueurs ont bloqué des sites de traitements des déchets.

La menace de nouvelles journées de grève persiste

Si la mobilisation contre la loi Travail ne provoque plus de perturbations majeures, les opposants n’ont pas pour autant déposé les armes : la CGT, la FSU et Solidaires prévoient toujours deux nouvelles journées d’action afin de maintenir la pression sur le gouvernement. Et la rencontre vendredi entre le secrétaire général de la CGT et la ministre du Travail n’a pas permis de faire bouger les lignes.

Les syndicats mobilisés maintiennent donc pour l’instant leur appel à des grèves, des rassemblements et des manifestations le 23 juin puis le 28 juin, jour du vote du projet de loi au Sénat. Des manifestations que le gouvernement envisage d’interdire au nom de la sécurité, une menace qui a ravivé la colère des syndicats :

Il faut arrêter de stigmatiser, de mélanger tous les sujets. Pendant ce temps, on ne parle pas de la loi travail. J'ai une colère contre le Premier ministre

, a réagi mercredi le numéro un de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly.

On a l'impression que tout ce qui se passe dans le pays, aujourd'hui, c'est de la faute de la CGT. (...) Le gouvernement, au lieu de jeter de l'huile sur le feu, devrait un peu se calmer

, a renchéri jeudi Philippe Martinez.

Source Europe 1

Et si l'on devait anticiper la suite ?

Sans vouloir pour autant investir le rôle d'un Cassandre, je vous avoue être assez pessimiste quant à la suite des évènements à venir. En effet, comme vous l'avez vu, les mouvements s’essoufflent comme l'escomptait la Kommandantur, car un gréviste doit aussi manger et payer ses factures, et la durée des mouvements de contestation semble avoir raison de la détermination du plus grand nombre.

Bien sûr, le fait de brandir une interdiction de manifester ravive les colères, et l'utilisation possible d'un second 49.3 pour cette même Loi travail pourrait accentuer encore plus le mécontentement général, mais cela sera-t-il suffisant pour apporter un second souffle à la gronde sociale et l'amener à la victoire finale ? J'ai de sérieux doutes à ce sujet !

D'une part le gouvernement a su calmer certaines ardeurs en « lâchant du lest » de façon à apaiser les mécontentements de certains, affectés différemment par les diverses facettes de cette loi, prouvant ainsi le manque de convergence de l'ensemble des luttes. D'autre part, le facteur temps a eu, ou aura raison de ces mêmes luttes des ouvriers qui n'ont pas su, ou voulu, adopter la « virilité » des révoltes passées soutenues par nos aïeux, alors bien moins intoxiqués par les dépendances au système actuel, et bien plus défenseurs des droits et libertés durement acquises.

Les jeux du peuple, tels ceux de la Rome antique, ont eu raison malgré tout de l'élan populaire, pendant que les chaînes grand public continuent de distiller la propagande utile à la diversion des masses, alors que celle-ci s'apprête à profiter de ses congés annuels, tout en oubliant l'origine de ceux-ci, et qu'ils disparaitront ou s'amenuiseront au fil des prochaines lois imposées par Bruxelles.

La surprise d'un renversement de situation n'est jamais impossible, mais pour l'instant, l'avenir me paraît bien sombre...

Le Veilleur

Note

Le site a été assez inactif ces derniers jours, et cela est dû au fait que quelques travaux étaient nécessaires à la maison. Travaux divers de rajeunissement dans la cuisine et la salle de bains m'ont pris du temps et devraient bientôt être terminés. Merci de votre compréhension ;-)




Commentaires 5

avatar de PH7
  • Par PH7 1 0
  • Qu'est-ce que tu veux commenter là-dessus ? Rien a faire de leurs bêtises, plus rien à faire pour la France qui n'est plus que l'ombre d'une idée de ce qu'elle fût ! Ils ont déjà presque tout vendu ou devrais-je dire « Soldé » aux intérêts américano-sionistes-arabes. Notre seule chance actuelle est bel et bien le mauvais temps qui les retarde dans leurs sinistres projets, mais c'est tout. Eux, sont bien à l'abri, tellement bien qu'ils votent la nuit pour ne pas être emmdés et mieux détruire le pays. Pendant ce temps, ceux qui aimeraient simplement vivre et jouir de leur travail ne le peuvent même pas, pas plus qu'ils ne peuvent espérer du soutien de la justice car les lois qui sont altérées et inversées (On emprisonne sauf les terroristes, les grands casseurs, les vrais bandits, les vendeurs de drogues, ...). Mais à ce sujet, il faut aussi faire le point de ce qui se passe ailleurs en Europe et relier les événements car il n'y a pas qu'en France que la grogne monte. Difficile de respecter la charte des commentaires avec de tels articles.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Eh oui, c'est le « casse du siècle » à grande échelle ! Pendant que les badauds ont les yeux rivés sur un tournoi de ballon rond corrompu et un possible brexit qui n'aura jamais lieu, le totalitarisme s'enracine en détruisant tout droit humain sur son passage...

avatar de PH7
  • PH7 a répondu 0 0
  • Pour le brexit, je réserve mon opinion. Il y a des événements qui peuvent encore jouer mais les anglais ne sont pas seuls à vouloir quitter l'Europe. Un grand chambardement en France pourrait au contraire inciter certains pays à abandonner l'Europe de Bruxelles plus vite qu'ils n'y sont rentrés.

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Faudrait il encore pour cela que le NOM les « autorisent » à s'en extraire, rien n'est moins sûr !

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Tu parles Charles ! Faire exploser l'Europe c'est ce qu'ils veulent le moins, contrairement aux populations qui ne touchent ni subventions, ni salaires pharamineux de la part de l'Europe mais au contraire ne peuvent que constater la dégradation accélérée de leur mode de vie. D'où l'intérêt de pousser le bouchon un peu trop loin pour engager un conflit avec le moyen-orient et la Russie. Ça occupera les populations en les détournant des problèmes quotidiens générés par la volonté du NOM.

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