La Chine et la Russie absents de la conférence sur la Syrie


Les deux grands soutiens du régime refusent toujours d'envisager le départ de Bachar el-Assad. Le chef de la mission des observateurs en Syrie dénonce les « discussions dans de beaux hôtels ».
 
La Chine et la Russie n'assisteront pas à la conférence des Amis du peuple syrien
 
Leur refus était attendu, il est désormais officiel. La Chine « n'envisage pas à l'heure actuelle de participer à la conférence des Amis du peuple syrien qui se tiendra vendredi à Paris », a déclaré jeudi Liu Weimin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois. « La communauté internationale devrait se concentrer sur l'application du consensus atteint (lien) lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du plan d'action sur la Syrie », a-t-il ajouté.
 
La Chine avait déjà refusé de participer aux deux précédentes réunions (lien) des Amis du peuple syrien. La conférence regroupera plus d'une centaine de pays arabes et occidentaux, desorganisations internationales et des représentants de l'opposition syrienne. Un second invité sera absent: la Russie, autre important soutien de Damas. Le départ de Bachar el-Assad n'est pour l'instant pas dans les projets de ces deux pays, alors que c'est l'une des revendications principales des Amis du peuple syrien.

Le chef de la mission des observateurs en Syrie critique les « discussions dans de beaux hôtels »
 
Le général norvégien Robert Mood, chef de la mission des observateurs en Syrie, a déclaré mercredi qu'il y avait « beaucoup trop de discussions dans de beaux hôtels, lors d'agréables réunions, alors que l'on agit trop peu pour aller de l'avant et arrêter la violence ». Cette critique intervient alors que la mission du général est suspendue depuis le 15 juin (lien) « car le niveau de violence était devenu trop élevé, rendant difficile l'application du mandat de la mission ». « Nous réexaminons quotidiennement la situation et dès que les conditions sur le terrain nous permettent de mener à bien notre mission, nous la reprendrons », a-t-il ajouté.

Enquête sur une grenade d'origine suisse découverte en Syrie
 
Il y a quelques jours, le journal Sonntagszeitung a publié la photo, prise en Syrie, d'une grenade à main supposée de fabrication suisse. Le reporter, qui a déclaré avoir photographié cette grenade le 28 juin 2012 à Marea, au nord d'Alep, réalisait un reportage aux côtés des rebelles de l'Armée syrienne libre.
 
Problème: la Suisse n'exporte aucune arme à destination de Damas depuis avril 1998, date de l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur le matériel de guerre. D'après le Département fédéral de l'économie, la grenade photographiée a bien été fabriquée par l'entreprise suisse Ruag et proviendrait d'une livraison effectuée aux Émirats arabes unis en 2003. Selon l'Agence France-Presse, 225.162 grenades à main avaient alors été livrées à l'armée des Émirats arabes unis dont le commandement avait signé une déclaration de non-réexportation.
 
Les autorités ont annoncé mercredi qu'elles enquêtaient sur cette information et le Secrétariat d'État suisse à l'économie a déclaré que « jusqu'à présent, rien ne prouve que des grenades à main suisses soient parvenues en Syrie. Les clarifications se poursuivent ». Dans l'attente d'un rapport définitif, le Secrétariat a « immédiatement bloqué toutes les autorisations d'exportations de matériel de guerre vers les Émirats arabes unis ».



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