Japon : Séisme de magnitude 6.8 suivi d'un tsunami de faible ampleur


Un avis de risque de tsunami a été diffusé vendredi soir à la suite d'un puissant séisme de magnitude 6.8 au large de Fukushima.

Un tsunami de faible ampleur s'est produit dans la nuit de vendredi à samedi dans le nord-est du Japon après un violent séisme au large de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. Une première montée des eaux de 20 cm a été mesurée moins d'une heure après les secousses à Ishinomaki, la ville côtière la plus meurtrie par le gigantesque tsunami de mars 2011. Des vagues de quelques centimètres ont touché ensuite divers autres points des préfectures de Miyagi, Iwate et Fukushima. La mise en garde a cependant été levée un peu moins de deux heures après avoir été émise.
 
Une forte secousse de magnitude 6,8 s'était produite samedi vers 4 heures heure locale en face des côtes de Fukushima à une profondeur de 10 km, selon l'agence de météorologie nationale. Par précaution, un conseil d'évacuation avait immédiatement été donné aux habitants de localités de la préfecture d'Iwate, au nord. L'alarme des téléphones portables de journalistes de l'AFP avait retenti une trentaine de secondes avant le tremblement de terre pour prévenir de sa probable survenue, grâce à un système de détection précoce et d'informations de l'agence de météorologie. Peu après, l'information était confirmée par l'agence météo et immédiatement apparaissaient les premiers témoignages sur Twitter, dont celui d'un travailleur de Fukushima qui a écrit « incroyable séisme ».
 
« N'approchez surtout pas des côtes »
 
Selon la chaîne de télévision NHK, une personne de 63 ans a été grièvement blessée dans la préfecture de Fukushima à cause des secousses. Quelques minutes après le séisme, la compagnie Tepco, qui gère les deux centrales nucléaires de Fukushima, Fukushima Daiichi et Daini, a indiqué qu'« aucune anomalie nouvelle n'(avait) pour l'heure été rapportée dans les installations ». Les opérateurs d'autres sites atomiques voisins, également à l'arrêt, ont donné le même type d'information.
 
La chaîne de télévision publique NHK a immédiatement interrompu ses programmes pour transmettre les informations, comme le veut sa mission d'intérêt général.
 
« N'approchez surtout pas des côtes, n'allez pas voir comment est le niveau de la mer »
, répétait sans arrêt le présentateur, tandis qu'était en permanence affichée en bas de l'écran la carte du Japon, sur laquelle la côte menacée par une brusque montée des eaux clignotait en jaune. L'opérateur de la centrale de Fukushima a aussi demandé aux travailleurs du site de ne pas rester à proximité de l'océan Pacifique voisin du complexe atomique, selon la NHK.
 
Séisme et tsunami, le scénario redouté
 
Cette mise en garde a frappé une partie de la région dévastée par le gigantesque tsunami du 11 mars 2011 qui avait fait directement plus de 18.000 morts. Le tremblement de terre de samedi est survenu alors que l'autorité de régulation nucléaire a justement souhaité cette semaine que la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) prenne des mesures supplémentaires dans la centrale accidentée Fukushima Daiichi face au risque permanent de nouvelle catastrophe. De son côté, Tepco a affirmé depuis des mois déjà que les installations étaient capables de résister à un fort séisme et que des dispositions avaient été prises face au risque de tsunami.
 
Eau contaminée...
 
Toutefois, tout le monde se demande ce qu'il adviendrait de l'eau ultra-contaminée dont regorgent les sous-sols du site si la mer arrivait jusque-là. La même question se pose pour le millier de réservoirs qui stockent des centaines de milliers de mètres cubes d'eau radioactive. Sans compter les tuyauteries, les câbles et autres équipements qui jonchent le terrain autour des bâtiments des réacteurs.
 
Ce séisme a ravivé les craintes, après que le Japon a été victime cette semaine d'un puissant typhon et d'intempéries qui ont fait 7 morts et plus de 60 blessés, endommageant ou détruisant des centaines de maisons et fragilisant de nombreuses zones désormais menacées de glissements de terrains. Cette série d'événements imparables rappelle que l'archipel nippon est à la merci de tous les grands types de catastrophes naturelles. Il subit chaque année 20 % des séismes les plus violents enregistrés sur Terre.



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