Japon : d'après un expert, le séisme du 7 décembre pourrait être un « précurseur »


Seulement 48 heures viennent de s'écouler depuis le fort séisme de magnitude 7.3 qui s'est produit vendredi (lien), suivi à quelques minutes d'une autre secousse importante de magnitude 6.3. Ces évènements ont depuis été suivis de nombreuses répliques, j'en ai dénombré 28 à ce jour, allant d'une magnitude de 4.4 à 5.6 ! (lien)
 
Est-ce un évènement isolé sans gravité, ou un signe précurseur d'un remake possible du séisme de magnitude 9.0 survenu le 11 mars 2011 (wiki) ? Au vu de la forte activité qui s'est manifesté tout au long de l'année 2012, nous sommes en droit de nous poser la question, et certains experts sont quand à eux assez inquiets...
 
Un article de ce jour sur le site de l'Asahi revient sur la configuration particulière du séisme qui a frappé hier le Japon, une particularité qui pourrait laisser craindre que cet événement soit le signe précurseur d'un séisme plus important (niveau 8). Le séisme d'hier causé par un effondrement à « rebrousse-poil » accroissant un peu plus la pression sur la plaque continentale du Japon
 
Selon M. Yoshimitsu Okada, président de l'institut national Japonais de recherche sur les sciences de la terre et de la prévention des désastres, l'événement de magnitude 7.3 qui a affecté hier la plaque océanique Japonaise et secoué longuement et lentement 1 la cote Est du Japon pourrait, en accroissant la pression sur la plaque continentale, induire rapidement un nouveau glissement important de cette dernière.
 
Sur la photo d'illustration, chaque contrainte sur la plaque océanique (à droite) accroitrait la pression au niveau de la plaque continentale (à gauche) - Crédit Infographie Asahi daily 81212.

Une réplique de magnitude 8 ?
 
« Le séisme d'hier est un avertissement... »
Toujours selon M. Okada, il est maintenant confirmé que le séisme d'hier est bien lié à celui du 11 mars 2011 et il considère également qu'il pourrait s'agir d'un signal avertisseur prévenant d'un risque élevé de réplique plus importante touchant de nouveau la plaque continentale.
 
Les séismes de type « inversé » (plaque continentale) comme celui du 11 mars 2011 présentent en effet une probabilité de formation de tsunami nettement plus importante et aux effets plus dévastateurs que les glissements dits « normaux » (plaque océanique).

L'agence météorologique Japonaise appelle à « maintenir la vigilance »
 
De son côté, l'agence météo du Japon a précisé que la situation méritait toujours une certaine attention et recommandé la vigilance sur la côte Est ainsi d'ailleurs que sur la côte Ouest du pays et la majeure partie de l'île d'Hokkaïdo où d'importantes chutes de neige sont attendues prochainement. La NHK a employé un ton nettement plus alarmiste lors de l'alerte au tsunami d'hier :

« Fuyez immédiatement vers les hauteurs ! »
Il a été reproché à la télévision nationale Japonaise NHK d'avoir involontairement participé au nombre de victimes élevé le 11 mars 2011 en employant un ton calme et détaché pour avertir les populations menacées, ce qui aurait induit des comportements d'indifférence dans au moins une partie de la population concernée.
 
Cette erreur n'a pas été reproduite hier et l'on pouvait ainsi entendre un speaker de la NHK demander en boucle aux habitants de la région de Sendaï de se démener « comme si le diable les poursuivait ». Sur une reprise de cet article relayé par les moutons enragés, on peut lire un commentaire éclairé d'un technicien du domaine de prédiction sismique :
 
Eagleeyes le 8 décembre 2012 (source)
 
« Ce que je lis ci-dessus est la confirmation de ce que je décrivait hier à savoir :
 
« ... le plancher océanique à cet endroit est à 7000 m. Il semblerait, mais là les analyses sont en cours, qu'il s'agirait d'une fracture de la plaque. Déjà lors du séisme de 2011, j'avais soulevé l'éventualité d'une fracture. Ici cela semble fortement se confirmer, ce qui nous amènerait au risque élevé d'avoir un séisme encore plus fort que celui de 2011. La situation serait dès lors comparable à celle du Chili en février 2010. »
 
Quant à l'évaluation faite par cet expert, est bien en dessous de ce qui pourrait être un méga séisme, non pas de 8, ni 8.5 mais bien un 9 voire un 9.5. La plaque océanique semble être en train de ce fissurer, et pourrait à tout moment se désolidariser de celle-ci. Si le pan est suffisamment conséquent ce que je crains, le socle sur lequel repose le littoral entre l'île d'Hokkaido et la péninsule de Tokyo risquerait de faire le grand plongeon.
 
Il ne faut pas perdre de vue qu'une faille importante nouvellement découverte, parcoure le sous-sol du mont Fuji ce qui pourrait constituer la limite de fracturation. En clair, tout ce qui se trouve à l'EST de cette faille risque fort de basculer dans les flots et ensuite dans la brèche faite dans la lithosphère. Je n'ose imaginer les conséquences d'une telle catastrophe, malheureusement l'issue semble évidente !
 
La fiction rejoint la réalité. »

Avec le séisme du 11 Mars 2011, la terre avait bougé de 10 cm sur son axe de rotation
 
Dans la vidéo présente plus bas, vous pouvez mesurer l'impact énorme du séisme du 11 Mars 2011, les géophysiciens prévoyaient dèjà de nouveaux futurs séimes. La situation sismique actuelle est pratiquement identique à celle de 2011 qui à précédé le grand séisme.

la centrale de Fukushima évacuée
 
Tepco, l'exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, a ordonné vendredi à ses employés de se rendre dans un bâtiment résistant aux tremblements de terre. Aucune anomalie n'a été relevée dans les centrales nucléaires du nord-est de l'archipel du Japon, actuellement toutes stoppées, après un violent séisme survenu vendredi au large du Japon, ont indiqué plus tôt la compagnie d'électricité et les médias nippons.
 
« Nous n'avons rien constaté d'anormal dans les mesures des six réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi (accidentée le 11 mars 2011) », a indiqué à l'AFP un porte-parole de Tepco. « Rien d'anormal n'a été signalé non plus à la deuxième centrale de Fukushima (Daini), à une douzaine de kilomètres de la première, ni à Onagawa »
, ont encore indiqué les médias.
 
« Le violent tremblement de terre de magnitude 7,3 survenu vendredi au large du nord-est du Japon, justifiant une alerte nationale au tsunami, n'a pas déclenché de mesure similaire pour le reste du Pacifique »
, a annoncé le Centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique.
 
« Il n'existe pas de menace de tsunami important et destructeur mais les séismes de cette puissance peuvent générer des tsunamis locaux qui peuvent être destructeurs le long des côtes »
, a précisé le centre américain, basé à Hawaï.
 
« Le séisme, fortement ressenti aussi à Tokyo, a eu lieu à 17H18 locale (08H18 GMT) au large des côtes nord-est, avec un hypocentre estimé à 10 kilomètres de profondeur »
, a précisé l'agence météo.

La concentration en hydrogène du réacteur N°1 augmente toujours
 
Le taux d'hydrogène à augmenté de façon très significative dans le réacteur N°1 faisant de nouveau craindre des risques d?explosion, Tepco injecte de l?azote liquide pour le neutraliser, et la situation sismique rappelle celle qui à précédé le séisme du 11 Mars 2011.
 
Le 8 décembre 2012, le Fukushima Diary rapportait l'augmentation de la concentration d'hydrogène dans le réacteur N°1. Elle augmente toujours et représente presque 0,30 vol% (source).
 
Vous l'avez compris, la situation reste préoccupante en l'état actuel, et la crainte d'un nouveau séisme à venir comparable à celui de 2011 ne fait que renforcer les inquiétudes sur le devenir de l'ile du Japon, mais aussi sur les repercussions que pourraient avoir une telle catastrophe sur le reste du globe...
 




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