Italie : vers une sortie possible de la zone Euro


Vendredi sur le site Agoravox, un article de taille attirait mon attention en titrant « Scoop : L'Italie quitte l'euro ! ». Cet article fait suite a des déclarations de M. Silvio Berlusconi sur Facebook qui laissent envisager ce que pensait réellement sur le moment l'ancien président du conseil Italien. Dès le lendemain, le journal l'express publie un article avec le titre « Berlusconi aurait plaisanté » dans lequel ce dernier annonce en effet avoir plaisanté lors de ses messages sur Facebook, mais plaisantait il vraiment ? pas si sûr...
 
« Il faut aller voir l'Europe et dire avec force que la BCE doit faire tourner la planche à billets. », « Si elle n'accepte pas, on devrait avoir le courage de dire "ciao, ciao" et abandonner l'euro, tout en restant dans l'UE, ou alors de dire à l'Allemagne qu'elle doit quitter la zone euro si elle n'est pas d'accord. » (Déclarations de M. Silvio Berlusconi, ancien président du Conseil italien, sur sa page Facebook, le vendredi 01 juin 2012.)
 
Le sauvetage des banques espagnoles par l'Europe au prix de 100 Milliards € a fait un vrai miracle. La veille sur les marchés, les taux des obligations espagnoles atteignaient 6,23%, le lendemain les taux sont montés à 6,52%...puis 6,80% le lendemain. L'effet du sauvetage européen a donc vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin?
 
Officiellement, le Conseil européen a lieu les 28 et 29 juin 2012 mais dès la fin de la semaine, les 16 et 17 juin 2012, le sommet européen devra préparer le sauvetage de l'Espagne elle-même. Le montant du sauvetage est estimé entre 450 Milliards € et 600 Milliards €.

Le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) dispose de 240 Milliards € disponibles dont 20 Milliards € déjà mis de côté pour le Portugal. Le FESF doit être remplacé le 30 juin 2013 par le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) doté de 500 Milliards € mais l'Allemagne ne l'a pas encore ratifié. Ce sera probablement fait à l'issue des discussions avec le Parti Social Démocrate, en principe avant les vacances du Bundestag prévues le 7 juillet 2012.

Cela explique la souplesse de la Chancelière Angela Merkel qui ressemble à un verre de lampe : la position allemande est toujours le résultat d'un compromis donc impossible à modifier.

Après l'Espagne, l'Italie.

Certes, la situation de l'Italie n'est pas comparable à l'Espagne. C'est la deuxième puissance industrielle de l'Europe, et si l'Etat est endetté pour 120% du PIB, c'était déjà vrai en 1994, par contre les ménages italiens, endettés à 40% du PIB (130% pour les ménages espagnols) sont de vraies fourmis.

Les banques italiennes sont bien gérées, leurs seuls actifs toxiques sont les obligations de l'Etat italien pour 259 Milliards € (depuis quand les obligations de l'Etat national sont-elles toxiques ?). Mais pour les marchés, l'Italie c'est la plus grosse cigale... un vrai dessert, quel délice !

Il paraît donc plus que vraisemblable qu'à partir de mi-août 2012, les investisseurs sur les marchés, dont le mandat est de fuir le risque vers la qualité, ne vont plus acquérir d'obligations italiennes. Déjà les gestionnaires de trésorerie des entreprises ferment leurs dépôts auprès des banques italiennes pour les transférer en Allemagne.

Or, lorsque fin août ou à peine plus tard, l'Italie se présentera à l'Europe avec la robe safran et l'écuelle vide de riz réglementaire, toutes les disponibilités du MES seront déjà engagées pour l'Espagne.

De plus, les enchères mensuelles sur les obligations italiennes à 12 mois ont été émises le mercredi 13 juin 2012 à un taux de 3,972% contre 2,34% pour le mois de mai 2012... alors que quand les investisseurs prêtent à l'Allemagne à 12 mois, c'est tout juste s'ils ne paient pas ! Le canot de sauvetage européen n'est donc pas loin pour l'Italie, l'ennui c'est qu'il est déjà entièrement occupé par l'Espagne...

On peut toujours espérer un nouveau Traité européen... le hic est que le Traité portant MES n'est toujours pas ratifié par l'Allemagne. Le Président du Conseil, M. Mario Monti, sera donc contraint d'admettre qu'il n'aura pas d'euros pour financer les besoins de l'Etat, pas même peut-être pour payer les carabiniers.

S'il n'y a pas d'euro, une seule sortie demeure : fermer les banques et interrompre internet l'espace d'un week-end pour remplacer les euros par des euro-lires !

Le départ de la Grèce de l'euro est une idée tellement à la mode qu'elle est devenue une sagesse convenue, mais fausse. Le premier pays à quitter la monnaie européenne ne sera pas la Grèce mais l'Italie, car l'Italie a les moyens de quitter l'euro.

L'Italie reviendra à un euro-lire équivalent de la lire fondante qui avait soutenu avec succès la compétitivité des industries italiennes. L'Italie, quittera donc l'euro en premier, et retrouvera ainsi sa compétitivité perdue depuis l'entrée dans l'euro.

Source Agoravox

Sortie de l'Italie de la zone euro, Berlusconi aurait plaisanté !
 
L'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi affirme samedi avoir voulu plaisanter lorsqu'il a écrit sur sa page Facebook, vendredi, que l'Italie devrait sortir de la zone euro si la Banque centrale européenne (BCE) n'acceptait pas d'injecter davantage de liquidités dans l'économie et de garantir les dettes souveraines.
 
"Il faut aller voir l'Europe et dire avec force que la BCE doit faire tourner la planche à billets", clamait "Il Cavaliere" vendredi sur sa page Facebook.

"Si elle n'accepte pas, on devrait avoir le courage de dire 'ciao, ciao' et abandonner l'euro, tout en restant dans l'UE, ou alors de dire à l'Allemagne qu'elle doit quitter la zone euro si elle n'est pas d'accord", ajoutait-il.

Moins de 24 heures plus tard, l'ancien chef du gouvernement revient sur sa position, en contradiction avec celle de son successeur Mario Monti, et qui menaçait de saper le gouvernement à près d'un an des prochaines législatives.

"Qu'une plaisanterie puisse être prise pour une proposition est à coup sûr une grave erreur pour quiconque prétend propager des nouvelles politiques", écrit-il samedi sur sa même page Facebook. La presse, ajoute-t-il, a pris au sérieux ce qu'il avait dit "en souriant, avec ironie".

Sous le coup de plusieurs procédures judiciaires, Silvio Berlusconi s'est tenu relativement à l'écart de la vie politique depuis sa démission l'an dernier en pleine crise de la dette.

"Je ne me souviens pas d'avoir vécu un moment plus difficile. Les gens ont totalement perdu confiance", écrivait-il vendredi sur Facebook. "Mon 'idée folle' est que la Banque d'Italie devrait imprimer des euros ou imprimer notre propre monnaie."

Source l'express



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