Italie : L'Etat se prostitue et vend une île pour réduire sa dette


Tout comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie en est réduite à se « prostituer » pour rembourser sa dette, et ce en bradant son identité culturelle et son pays au plus offrant. Ne riez pas, c'est déjà en cours en France ! Pour rappel, cette dette est issue du traité de Lisbonne, celui la même rejeté par référendum en 2005, et malgré tout imposé au peuple français... Le veilleur
 
Rien à faire. Ni la mobilisation des Vénitiens et des amoureux de la lagune, ni les articles dans la presse internationale n'ont pu empêcher la future « privatisation » de l'Ile de Poveglia. A 11 h 07, mardi 13 mai, ce petit bout de terre où subsistent un Campanile et quelques bâtiments, témoignages de l'époque où elle abrita un asile psychiatrique, a été adjugé pour 513.000 euros pour quatre-vingt-dix-neuf ans à un certain Luigi Brugnaro, propriétaire d'une agence de recrutement. Un prix à peine suffisant pour acheter un petit appartement dans le centre historique de Rome...
 
Prêt à tout pour éponger son énorme dette de plus de 2000 milliards d'euros (132 % du PIB), l'Etat italien, dont le patrimoine est estimé entre 300 et 400 milliards d'euros, l'a mise en vente il y a quelques mois en même temps que des casernes, des phares, des palais et des châteaux. Déjà envisagée par le dernier gouvernement de Silvio Berlusconi, étudiée avec intérêt par celui de Mario Monti, cette « braderie » domaniale a été décidée par Enrico Letta, alors premier ministre, en 2013. Son successeur Matteo Renzi a poursuivi l'entreprise.
 
Mais les Vénitiens ne sont pas prêts à se séparer de leur îlot sans combattre. Une association « Poveglia per tutti » (Poveglia pour tous) a été créée. En quelques semaines elle a réuni 3500 adhérents venus du monde entier. L'idée : persuader chacun d'eux de verser 99 euros pour être copropriétaire de l'île et la rendre aux Vénitiens à qui elle sert de lieu de promenade et de pique-nique quand ils sont las du va-et-vient des millions de touristes entre le Palais des Doges et le Pont du Rialto.
 
Une première ouverture des enchères le 7 mai a fait l'effet d'une douche froide. Même si l'offre de Poveglia per Tutti atteignait 160.000 euros, elle paraissait bien maigre aux côtés des 513.000 euros de « Monsieur X » (l'identité de l'acheteur n'avait pas encore été dévoilée). Une nouvelle campagne  et de nouveaux projets étaient lancés : création d'une école de voile, de jardins collectifs, d'un petit chantier naval, etc. Encore insuffisant : mardi, le collectif n'a pu renchérir qu'à hauteur de 420.000 euros.
 
Les intentions de Luigi Brugnaro sont aussi inconnues que son curriculum vitae. Agit-il pour lui-même ou pour le compte d'un groupe d'hommes d'affaires, d'un fonds d'investissement décidé à transformer Poveglia en lieu de résidences luxueuses, au risque d'accentuer encore la pression touristique sur la Sérénissime ? Pour Carlo Petrini, charismatique fondateur du mouvement Slow Food qui défend le Made in Italy et ses trésors,
 
« l'Etat n'est que le gestionnaire du patrimoine, et non pas son propriétaire. La vente d'un bien public, écrit-il dans le quotidien La Repubblica du 13 mai, rapporte de l'argent mais appauvrit l'espace public ».
« Poveglia per tutti » espère que la commission chargée d'évaluer la conformité de l'offre gagnante, la jugera insuffisante et que l'Etat annulera la vente. Une nouvelle chance pourrait alors être offerte aux Vénitiens pour reconquérir cette île dont la légende assure qu'elle recueille les restes de milliers de personnes victimes de la peste noire au Moyen-Age. Ce qui prouve au moins que Luigi Brugnaro n'est ni crédule, ni superstitieux.
 
Note du veilleur
 
Selon le site les echos, le porte-parole de Brugnaro, Alvise Sperandio, a souligné la volonté de l'homme d'affaires de faire en sorte que « l'île reste un bien pour toute la collectivité ». M. Brugnaro, a-t-il dit, a commencé une consultation avec le maire et toutes les associations locales. Selon le porte-parole,
 
« Brugnaro est prêt à dépenser 20 millions d'euros de sa poche pour financer des travaux de restauration (...) C'est pour les Vénitiens qu'il a voulu le faire, pour éviter qu'un Arabe ou un Chinois vienne et acquière l'île pour ses propres intérêts », a-t-il argumenté.



Commentaires 6

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  • Par PH7 0 0
  • Au final, rien de nouveau en Europe. Chaque pays se voit contraint de céder qui une part de son patrimoine, qui une part de son industrie, qui une part de ses ressources. Et la France n'est pas en reste là dessus, puisque cela fait des décennies qu'elle se vend aux intérêts et financements étrangers au détriment de ses petites entreprises et artisans. Ils ont fait rentrer une somme d'argent immédiat, aussitôt dilapidée mais le résultat est là ! A court terme c'est moins d'emplois, moins de rentrées d'argent frais, moins de fabrication issue de nos ressources propres, plus de cotisations pour ceux qui veulent réellement travailler et s'en sortir par eux même et c'est aussi toujours plus de lois ineptes pour mieux spolier les français. L'inconvénient réside dans le fait qu'avec un septennat et pire encore avec un quinquennat, il ne peut y avoir de plan à long terme de mis en place. On ne raisonne plus sur quinze ou vingt ans mais sur cinq ans. Le pli étant pris, il n'y a aucune raison que cela s'arrête, d'autant que nombre de mes chers compatriotes exige toujours plus qu'il ne veut donner et que l'État en profite pour demander toujours plus qu'il n'est raisonnable d'exiger. Tout est question d'équilibre mais un monde en équilibre est un monde qui s'arrête puisque seul le déséquilibre génère une force inverse proportionnelle qui entretiendra le mouvement. Le tout est de rester raisonnable sur le déséquilibre pour éviter de trop grandes forces contraires et c'est ce qui n'est pas fait actuellement.

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  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Plus le temps passe, et plus la seule issue possible à ce grand « vide grenier » se matérialise par la sortie de la zone euro. A ce propos, les prochaines élections européennes semblent inquiéter les « tenants au titre » actuels. On ne relance pas une économie ni ne rembourse une « dette » en bradant les biens d'un pays ! D'autant plus que nous savons toi et moi que cette dette illégale est issue du traité de Lisbonne, tout aussi illégal, car rejeté par référendum !

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  • Par PH7 0 0
  • Effectivement les tenants du titre ont du mouron à se faire car pour ce qui est de l'illégalité ils sont champions. A mon humble avis, ils vont finir par ne plus faire voter les gens ni faire de référendum et s'arrangeront entre-eux dans leur petit coin. Comme ça la démocratie sera vraiment morte et tout le système basculera dans une dictature Lobbyo-Politique et les simples citoyens ne seront pas plus que du bétail, tout comme au moyen-âge avec le système de servage. Il y aurait bien une solution, mais je crains fort qu'elle ne soit pas du goût de nos soit-disant « élites ». En fait on en revient au film « Divergent » sur la prise de pouvoir.

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  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Quand tu dis « A mon humble avis, ils vont finir par ne plus faire voter les gens ni faire de référendum et s'arrangeront entre eux dans leur petit coin. », et bien c'est exactement ce qu'il se passe en ce moment même à propos du traité de libre échange UE-USA... Nous y sommes !

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  • PH7 a répondu 0 0
  • Non pas encore entièrement. La bataille fait rage mais n'est pas encore gagnée ni d'un côté ni de l'autre. Des événements prochains risquent de modifier les données (avant l'été ou au cours des vacances d'été) et c'est aussi sans compter sur une certaine résistance, car même ceux qui refusent de s'informer ont vent des rumeurs qui, si elle s'avèrent véridiques, risquent fort de faire pencher la balance.

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  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Quand je disais « nous y sommes », c'est parce que ce traité totalement opaque et qui nous concerne tous, n'est aucunement soumis au référendum, en clair, non seulement on ne nous demande pas notre avis, mais on nous fait clairement comprendre qu'il compte pour peanuts

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