Italie : Deux forts séismes secouent le centre du pays


Deux mois seulement après un séisme de magnitude 6,2 qui avait frappé le centre de l'Italie, faisant au moins 241 morts et détruisant de nombreux bâtiments, deux nouveaux séismes de forte amplitude ont secoué à nouveau le pays, s'inscrivant dans le contexte du séisme meurtrier de l'Aquila survenu en 2009.

Ces événements sont dus à la chaîne de montagnes des Apennins, qui parcourt l'Italie sur mille kilomètres du Nord au Sud, et qui est en train de s'étirer, accumulant une énergie considérable sur de grandes failles qui résistent un temps... avant de se fracturer et relâcher cette énergie stockée.

Pascal Bernard, sismologue à l'Institut de physique du globe de Paris, explique dans un interview sur Le Monde en août dernier, que :

L’Italie est une terre régulièrement touchée par des secousses, car son territoire se retrouve coincé entre les plaques tectoniques d’Eurasie et d’Afrique, qui convergent. Et, au milieu, une mosaïque de microplaques s’affrontent. Les Apennins, formés au lieu précis de convergence de deux microplaques, résultent de cette compression. Mais le séisme d’aujourd’hui, comme celui de L’Aquila en 2009, provient, on l’a vu, d’un mouvement inverse : la chaîne s’étend. L’Italie s’élargit, en quelque sorte, de 1 millimètre par an.

Tous les dix ans environ, le pays connaît ainsi des séismes de magnitude 6 à 6,5. Les secousses de magnitude 7 sont beaucoup plus rares, il s’en produit environ tous les cinquante ans. Le dernier tremblement de terre de magnitude 6,9 a eu lieu en Irpinia, à l’est de Naples, en 1980. C’est le dernier aussi à avoir fait plusieurs milliers de morts : près de 3 000.

Ajoutant que

Ce sont les mêmes causes qui avaient provoqué le séisme très meurtrier de 2009 à L’Aquila.

Malheureusement, la prévision de séismes n'est pour le moment pas une science fiable, et tout ce que l'on peut annoncer avec certitude, c'est que d'autres séisme se produiront dans l'avenir...

Le Veilleur

Deux fortes secousses dans le centre de l'Italie : deux blessés recensés

Deux secousses de magnitude 5,5 puis 6,1 ont touché le centre de l'Italie mercredi, faisant au moins deux blessés selon un premier bilan, deux mois après un tremblement de terre qui avait tué près de 300 personnes dans la même région.

Beaucoup de maisons sont écroulées, notre village est fini

, a déclaré à la télévision Marco Rinaldi, maire d'Ussita, une localité touchée, tout en précisant qu'il n'y avait probablement pas de victime.

La deuxième secousse a été longue, elle a été terrible. J'ai ressenti beaucoup de séismes mais celui-là a été le plus fort. Heureusement, tout le monde était déjà dehors après la première

, a-t-il ajouté.

Pour l'instant, il y a deux personnes blessées à Visso (à quelques km d'Ussita ndlr). Des écroulements et des dégâts ont aussi été signalés

, avait déclaré la protection civile dans un communiqué avant la deuxième secousse. Selon l'institut américain, la première secousse de magnitude 5,5 a été enregistrée à 19h10 près de Visso, dans les Marches, et la deuxième de 6,1 au même endroit deux heures plus tard.

En Italie, l'Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) a évoqué deux séismes de magnitude 5,4 et 5,9 dans la province de Macerata. Selon la presse, la deuxième secousse a été ressentie de Venise à Tarante, tout du long de la péninsule.

Cette zone est très proche de la région d'Amatrice, qui avait été dévastée le 24 août par un violent séisme ayant fait près de 300 morts et de L'Aquila où un puissant séisme avait fait plus de 300 morts en 2009. Il s'agit d'une zone de moyenne montagne, avec de nombreux hameaux isolés parfois difficiles d'accès pour les vérifications, d'autant qu'il pleuvait mercredi soir sur la région.

Il n'y a plus de courant. Il y a sûrement des écroulements, c'est vraiment dur. En plus, c'est le déluge

, a déclaré a SkyTg24 Mauro Falcucci, maire de Castel Sant'Angelo sul Nera, commune de 300 habitants située à 17 km au nord-ouest d'Arquata del Tronto, l'une des localités les plus touchées lors du tremblement de terre du 24 août. Selon la presse, de nouveaux effondrements ont été enregistrés dans les « zones rouges » du séisme du 24 août, les zones interdites d'accès en raison de la fragilité des bouts de bâtiments tenant encore debout.

A Visso, le maire, Giuliano Pazzaglini a en revanche déclaré à la télévision que les lignes téléphoniques avaient été rétablies dans sa commune. La télévision a cependant diffusé des images de gravats devant une église de la commune.

A Campi di Norcia, à une vingtaine de kilomètres au sud, l'église San Salvatore « n'existe plus », a déclaré l'archevêque de Spoleto-Norcia, Renato Boccardo, cité par la presse, qui a publié des photos de l'édifice écroulé.

La secousse a été aussi ressentie dans les villes de Pescara, L'Aquila et Ancône, où de nombreuses personnes sont sorties de leurs maisons.

A Rome, lustres, fenêtres et portes ont vibré et des gens sont sortis dans les rues. Selon la presse, l'imposant siège du ministère des Affaires étrangères a été brièvement évacué. Le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, a diffusé sur Twitter une photo le montrant dans la salle de contrôle des pompiers pour coordonner les opérations de secours.

Les localités les plus proches de l'épicentre sont Castel Sant'Angelo sul Nera, Visso, Ussita et Preci

, avait auparavant précisé la protection civile dans un communiqué.




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