Indonésie : une importante fracture de la plaque tectonique à l'origine des séismes


Les deux séismes colossaux qui ont eu lieu ces dernières années dans l'océan Indien au large de l'Indonésie auraient été provoqués par la cassure progressive de la plaque tectonique indo-australienne. Selon les études publiées fin septembre, cette plaque se déchirerait littéralement.
 
Ce sont des études préoccupantes qui viennent d'être publiées dans la revue Nature. Selon ces travaux, la plaque tectonique indo-australienne se déchirerait littéralement en deux au large de Sumatra. Or, cette fracture serait à l'origine des colossaux séismes qui ont frappé le nord-est de l'océan Indien le 11 avril 2012. D'une magnitude de 8,6 et 8,2, ces séismes jumeaux se sont révélés particulièrement exceptionnels.
 
En effet, le premier tremblement de terre a été causé par la rupture d'au moins quatre failles sous-marines en l'espace de seulement 2 minutes et 40 secondes. La seconde secousse est intervenue deux heures plus tard, lorsqu'une cinquième faille s'est rompue. C'est ce qu'expliquent Thorne Lay, de l'Université de Californie à Santa Cruz, et ses collègues dans leur étude. Ce qui est extrêmement rare, c'est que ces secousses frappent au coeur-même de la plaque indo-australienne, près de l'île indonésienne de Sumatra, et non pas à la jonction de deux plaques comme c'est ordinairement le cas.
 
« Ce qu'on est en train de voir ici, c'est la plaque indo-australienne qui se fragmente en deux plaques distinctes »
, résume Thorne Lay cité par l'AFP.
 
« Ce processus géologique va mettre des millions d'années, et il va vraisemblablement nécessiter des milliers d'autres séismes aussi puissants pour finalement aboutir à la séparation de la plaque indienne d'avec la plaque australienne »
, souligne Keith Hoper, de l'Université de l'Utah, co-auteur de l'étude. Globalement, la plaque indo-australienne se déplace vers le nord-est mais son mouvement n'est pas uniforme. Ainsi, tandis que le versant indien de la plaque entre en collision avec l'Eurasie au nord-ouest (au niveau de la chaîne de l'Himalaya et depuis environ huit millions d'années), le versant australien, lui, progresse plus facilement car il plonge sous l'île de Sumatra.
 
D'autres puissants séismes à venir

80352612_p.gifC'est dans cette zone de subduction au large de Sumatra que sont survenus les « mégaséismes » d'Aceh (magnitude 9,3) et de l'île de Nias (magnitude 8,7) respectivement le 26 décembre 2004 et en 2005.

La secousse d'Aceh avait été à l'origine d'un tsunami qui avait causé la mort de 220.000 personnes dans une dizaine de pays voisins. En avril 2012, en revanche, seules quelques petites vagues avaient été enregistrées, les failles ayant coulissé horizontalement l'une contre l'autre, sans mouvement vertical suffisamment important pour créer une lame de fond. Mais elles ont tout de même provoqué un très grand nombre de secousses de par le monde, selon une autre étude publiée dans Nature.
 
Comme le rapportent Fred Pollitz, de l'US Geological Survey (USGS), et ses collègues, la fréquence des séismes d'une magnitude supérieure à 5,5 a été multipliée par cinq dans les six jours qui ont suivi ces séismes jumeaux. Certaines ont même atteint une magnitude de 7 au Mexique. Une puissance et une distance telles que les chercheurs américains excluent qu'ils puissent s'agir de répliques classiques.
 
Note du veilleur :
 
Il est à prendre en compte car l'article n'en fait pas mention, que l'activité volcanique est nettement en hausse dans cette région, avec le réveil de nombreux volcans, et de nouvelles éruption significatives. Il y a fort à parier que l'Indonésie va encore tristement faire parler d'elle dans les mois à venir...



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