Indonésie : L'éruption spectaculaire du volcan Sinabung fait au moins 15 morts


Les recherches de survivants ont été vaines dimanche au pied du volcan indonésien Sinabung, après une nuée ardente qui a englouti 15 personnes et laissé un paysage apocalyptique où le seul signe de vie était un téléphone portable sonnant dans le vide.
 
Équipés de tronçonneuses et de masques à oxygène, 170 secouristes environ ont repris les fouilles dimanche matin, sous les grondements du volcan tout proche et dans une couche de cendres d'une trentaine de centimètres qui a totalement recouvert le village de Sukameriah, à 2,7 km du cratère.
 
« Nous ne connaissons pas le nombre de disparus, mais les secouristes reprennent les opérations d'évacuation et recherchent d'éventuelles personnes prises au piège », a déclaré à l'AFP Tri Budiarto, un responsable à l'Agence nationale des catastrophes. « Je doute qu'il soit possible de survivre aux nuées ardentes d'hier »
, a cependant concédé le lieutenant-colonel Asep Sukarna, qui dirige les secours. Dimanche après-midi, et après seulement deux expéditions dans le village, les recherches ont été interrompues en raison de la faible visibilité et de la répétition des secousses.
 
« Nous espérons pouvoir poursuivre les recherches demain, mais tout dépend des conditions »
, a averti le lieutenant-colonel. La région a été transformée en paysage apocalyptique, où des cadavres au visage enflé et à la langue pendante surgissaient de l'épais manteau grisâtre. Le bilan « risque » de s'alourdir, a averti le porte-parole de l'Agence nationale des catastrophes, Sutopo Purwo Nugroho.
 
« Un corps a été repéré près d'un arbre, mais nous ne l'avons pas encore récupéré »
, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse à Jakarta. Les secouristes décrivaient des scènes de désolation absolue.
 
« Il n'y a aucun signe de vie. Tous les champs sont détruits. De nombreuses maisons ont été endommagées et celles qui sont encore debout sont recouvertes d'une épaisse couche de cendres », a témoigné à l'AFP Gito, un secouriste qui comme beaucoup d'Indonésiens ne porte qu'un seul nom. « Nous n'avons retrouvé aucun corps, mais nous avons ramassé un sac qui appartenait à une des victimes. Un téléphone portable était en train de sonner », a-t-il ajouté.
Les recherches pourraient être compliquées par la pluie, très probable en cette saison humide, ce qui rendrait le terrain boueux et obligerait un arrêt des opérations, a averti Robert Peranginangin, porte-parole du district de Karo, où se situe le volcan. Le bilan a été porté dimanche à 15 morts, après le décès d'un blessé grave, un jeune homme de 24 ans qui avait accompagné son père sur la tombe d'un défunt de la famille.
 
Deux personnes étaient de plus toujours en soins intensifs dans un hôpital local, souffrant de brûlures graves. L'ensemble des victimes se trouvait dans la zone rouge déclarée no man's land autour du volcan, situé sur l'île de Sumatra (nord-ouest). La plupart d'entre elles étaient des touristes locaux.

« C'est très dangereux, mais beaucoup de touristes ont pénétré clandestinement dans la zone pour prendre des photos », a expliqué M. Budiarto.
Parmi les morts figurent quatre lycéens qui participaient à une excursion, ont précisé les secours. Les autorités ont assuré qu'elles s'affairaient à installer des panneaux supplémentaires à l'entrée de la zone interdite afin de prévenir les visiteurs du danger.
 
Le volcan Sinabung était en sommeil depuis 400 ans, mais s'est réveillé en 2010 puis en septembre 2013. Relativement calme depuis la mi-janvier, il a soudainement redoublé d'activité samedi matin, crachat des nuées ardentes jusqu'à 2 km d'altitude. Depuis septembre, 30.000 personnes ont été évacuées de la région. Mais certains habitants ont été autorisés à rentrer chez eux vendredi suite à l'accalmie enregistrée.
 
L'Indonésie, située sur la « ceinture de feu » du Pacifique, est le pays comptant le plus de volcans en activité au monde (129). L'éruption récente la plus meurtrière avait été celle du Merapi, sur l'île centrale de Java. Elle avait provoqué la mort de 350 personnes fin 2010.
 
Par Ardi Ibrahim - AFP


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Commentaires 2

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Plutôt qu'interdire une zone risquée par un simple panneau d'interdiction, ils feraient bien mieux de décrire ce qu'est de mourir sous les cendres. Les cendres pénètrent dans les voies respiratoires et sont mélangées au mucus protecteur des voies, ce qui crée une boue épaisse qui ne peut être évacuée par l'organisme et permet d'agoniser lentement et très douloureusement par asphyxie. D'autant qu'en général l'air chaud assèche vite le mucus et accélère la prise des cendres en une espèce de mortier. La perte de conscience tardive laisse tout le temps de regretter sa présence en ce lieu mais trop tard ! Au fait, l'utilisation du mouchoir humide n'aide pas vraiment puisque rapidement les cendres mouillées forment une carapace empêchant l'air de passer. Pour les plus courageux désirant savoir ce que c'est, tentez de rentrer dans une zone saturée en poussière de ciment et de rester juste avec un masque filtrant ou un simple mouchoir, édifiant et instructif !!! Dans des cas comme cela, seuls des masques à cartouche filtrante amovibles peuvent assurer un délais suffisant pour sortir de la zone si l'air n'est pas trop brûlant, ou les masques à oxygène avec bouteille indépendante mais leur durée est limitée.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • C'est dingue d'être si peu « préparé » à ce type d'évènement quand on habite une zone si active, un peu comme ne pas posséder de parapluie et vivre en Bretagne, le gouvernement devrait pallier à cette faiblesse depuis longtemps ! « non mais allo quoi »

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