Grippe aviaire H5N1 : vaccin préventif ou future pandémie annoncée ?


Vaccin testé sur 17 personnes et ils ne tarissent pas d'éloges. On a tous compris qu'il va être fortement conseillé de se faire vacciner contre le « redoutable » H5N1, en espérant qu'il ne soit pas question de nous l'imposer comme il en a déjà été question (constaté personnellement dans une école de la drôme il y a 2 ans), ou pire encore, qu'il ne soit pas lui même un vecteur de déclenchement ou de transmission.
 

La grippe aviaire n'a pas fini de faire parler d'elle...
 
Les récents évènements, dont les élections, ont occulté la menace de grippe aviaire et son futur vaccin universel contre ses différents sous-types.
 
Mais les laboratoires Inovio n'ont rien occulté, bien au contraire, et viennent d'annoncer que leur nouveau vaccin contre la grippe aviaire Syncon génère des anticorps IHA contre six souches différentes du virus H5N1. Ils ne tarissent pas d'éloges sur la « large couverture » de ce vaccin à ADN synthétique codant pour 3 antigènes grippaux, alors qu'ils ne l'ont testé que sur 17 personnes qui ont reçu une vaccination complète en deux injections intramusculaires, suivies de deux injections avec vaccins à un seul type d'antigène.
 
Pour eux,

« le vaccin a été bien toléré et les effets indésirables rapportés étaient légers à modérés et n'ont nécessité aucun traitement. »
L'article de News-medical.net prouve bien que l'on prépare progressivement l'opinion publique à une nouvelle alerte de « pandémie », une de plus, sous le prétexte d'un réassortiment possible entre le H5N1 et une souche comme le H1N1. Au cas où la nature ne créerait pas ce réassortiment, une équipe de scientifiques du centre médical Erasmus de Rotterdam, aux Pays-Bas, tout comme le Pr Bruno Lina au P4 de Lyon, ont consacré leurs efforts pour créer une variante extrêmement dangereuse du virus aviaire H5N1 et démontrer qu'on pouvait rendre les virus H5N1 plus transmissibles d'homme à homme.
 
Comme le demandait Le Monde du 23 septembre 2005 :
 
« Faut-il lancer des recherches visant à mettre au point un vaccin contre l'actuel H5N1, alors même que ce virus n'a pas encore acquis, par mutation, les propriétés structurales qui lui permettraient de se transmettre de l'homme à l'homme ? »
Dans le même numéro, Bernard Valat, directeur général de l'office international des épizooties, confirmait :
 
« Personne au monde n'est capable de chiffrer la probabilité d'un passage massif à l'homme, après mutation, de l'actuel virus H5N1 »
Pourtant, les chercheurs ne se privent pas de l'expérimenter.
 
Nous devons nous rappeler qu'il y a eu une soixantaine de cas mortels de grippe aviaire tandis que deux milliards de personnes ont été exposées. C'est sans doute pour cette raison qu'il y a « par conséquent, un besoin clair de vaccins antigrippaux universels, capables de protéger contre de multiples et changeantes versions du virus grippal. » Ce que nous cache la firme pharmaceutique Inovio, à l'origine de ces recherches, c'est que la prétendue utilité du vaccin ne repose que sur sa seule capacité à induire des anticorps.
 
Or, la littérature médicale a montré qu'on peut contracter la maladie malgré la présence d'anticorps vaccinaux et des chercheurs ont récemment démontré le caractère non indispensable des anticorps dans la défense de l'organisme contre différents virus. Il est important de dénoncer le caractère aléatoire et incontrôlable de ce type de technologie, car personne ne peut garantir que cet ADN n'interférera pas de façon préjudiciable avec le nôtre.
 
Pour ces chercheurs, le vaccin induirait soi-disant une forte réponse, spécifique, impliquant les lymphocytes (T) de l'immunité cellulaire. Toutefois, nous ne devrions pas oublier que les risques de ces nouveaux jeux d'apprentis sorciers se mesurent déjà aujourd'hui avec la survaccination et l'immersion toxique de notre monde actuel, comme le signale News-medical.net.
 
Le Dr J. Joseph Kim, président de Inovio a déclaré :
 
« Notre objectif a été de développer un vaccin véritablement universel contre la grippe capable de fournir des années de protection au niveau de sous-types et souches. [...] Nous prévoyons d'autres initiatives de développement de ce programme et attendons avec impatience les données supplémentaires sur notre vaccin universel pour la grippe H5N1 et H1N1. »
Pour résumer ces initiatives, les laboratoires et leurs apprentis sorciers vont finir, tôt ou tard, par déclencher la véritable pandémie de grippe aviaire qu'ils nous promettent vainement depuis longtemps. Et il ne faudra pas compter sur leur vaccin pour la juguler, bien au contraire. Mais personne ne s'en inquiète vraiment !
 
Manipulation du virus H5N1
 
La création d'un virus de la grippe aviaire contagieux entre mammifères a provoqué inquiétudes et débats, tant au niveau scientifique que politique (Dossier Sciences et Avenir mars 2012). En laboratoire, des chercheurs ont génétiquement modifié le virus H5N1, le virus de la grippe aviaire qui n'est pas transmissible entre humains. Leur objectif : savoir s'il pouvait devenir très contagieux entre mammifères.
 
Leur résultat : le H5N1 est bien devenu transmissible entre furets - le modèle animal favori pour la grippe - et donc potentiellement entre humains. Les autorités américaines, qui financent en grande partie ces travaux via les NIH (National Institutes of Health), s'en sont inquiétées et ont demandé aux chercheurs de ne pas publier intégralement leurs recherches (lire Quand la sécurité prime sur la science).
 
Fait rare, les chercheurs ont décidé d'un moratoire sur leurs recherches de deux mois, moratoire qui a été prolongé. Pourquoi manipuler ainsi le virus de la grippe ? Ces manipulations sont-elles risquées ? l'expérience est-elle facile à reproduire? Faut-il publier les résultats ?
 
Pour répondre à ces questions, Sciences et Avenir a interrogé de nombreux chercheurs, dont les avis sont parfois très divergents !
 
« Je pense que ce genre d'entreprise n'aurait pas dû être mené. Les micro-organismes qui nous parasitent ont une énorme plasticité génétique. C'est le cas du virus du sida (...) Les mutations de ce dernier ne seront jamais là où on les attend ! »
 
Pr Luc Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008

« Il n'y a pas d'interdit dans la recherche » estime de son côté le virologue Jean-Paul Gonzalez, de l'IRD, « on peut publier avec des réserves ». « Mais aujourd?hui la grippe c?est la grande peur, hyper-médiatisée », déplore le directeur du centre de recherches médicales de Franceville (Gabon), qui héberge un laboratoire de haute sécurité (lire son interview en ligne).

Pour ou contre la publication ?
 
« Que ces deux articles soient publiés sans certaines données sensibles est ridicule. Lorsqu'une connaissance scientifique est établie, il faut la communiquer »
 
Bruno Lina, virologue, directeur du Centre national de référence des virus de la grippe

« C?est une recherche dangereuse qui ne devrait pas être publiée ».
 
Patrick Berche, chef du service de microbiologie à l?hôpital Necker-Enfants malades (Paris) (lire son interview en ligne)

« Nous sommes entrés dans l'ère de la mécanisation du vivant et les moyens techniques rendront ces manipulations de plus en plus aisées et les risques de dérives de plus en plus grands »
 
Ali Saïb, professeur titulaire de la chaire de biologie au CNAM (Paris).

 
Sur le même sujet (sciences et avenir):
 
 • Virus H5N1 muté : moratoire prolongé sur les recherches
 • H5N1 : une pause dans des recherches controversées
 • H5N1 : quand la sécurité prime sur la science


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