Green attitude : La grande arnaque du recyclage électro-ménager


Vous l'avez peut être remarqué, vous payez une écotaxe lors de chaque achat d'un appareil électronique ou électroménager neuf, et cette taxe est censée financer le recyclage dudit appareil une fois en fin de vie.

Seulement voilà, toutes les entreprises chargées du recyclage ne jouent pas le jeu, et seulement un faible pourcentage des appareils concernés sont réellement traités, puisque une récente enquête annonce que 40% seulement des déchets électroniques censés être recyclés sont en vérité illégalement envoyés vers les pays en voie de développement.

C'est toutefois une enquête optimiste, puisqu'une autre faite en mai 2015 nous confie que 60 à 90 % des déchets électroniques ne seraient pas traités, au profit de filières criminelles, manipulés sans précaution, ou tout simplement dispersés dans la nature ! Une fois de plus, chaque initiative se voulant positive au départ est récupérée sans vergogne par des industriels mafieux afin de générer du profit.

Que ce soit à propos du Bio, du développement durable ou encore du commerce équitable, on vous fait miroiter de beaux concepts, mais qui sont dans la réalité bien loin de ce qu'ils prétendent être. A tous les aficionados des tris sélectifs et autres poubelles aux couvercles colorés, une fois encore, on se moque de vous !

En 2015, le Figaro lui même annonçait que les trois quarts des déchets ne sont pas recyclés, alors qu'en 2010, le journal Le Point nous confiant que le tri sélectif ne servait à rien. Pendant ce temps là, ces beaux containers ont un prix que l'on vous facture. On est loin des chiffres mirifiques qui nous sont annoncés par le site officiel...

Le Veilleur

Recycler ici pour mieux polluer ailleurs ? Le secret du recyclage électro-ménager

Un nouveau rapport publié par le Basel Action Network révèle les mauvaises pratiques en vigueur dans la plupart des centres de recyclage d’électro-ménager américains. Avec son initiative visant à rendre les pratiques de recyclage des grands groupes plus transparentes, l’association de veille jette un pavé dans la mare. Elle avance qu’aujourd’hui, 40% des déchets électroniques censés être recyclés sont en vérité impunément envoyés vers les pays en développement, mettant en péril humains et environnement.

Amener ses équipements à recycler : et après ?

Lorsqu’ils lancent le projet « e-Trash Transparency », les membres du Basel Action Network (BAN) se posent cette question :

Est-ce que le public doit encore craindre qu’une fois leurs déchets électroniques remis à un centre de recyclage ou à une association, ceux-ci aient une forte chance d’être exportés vers un pays pauvre plutôt que d’être recyclés sur le sol américain ?

Malheureusement, les conclusions tirées de leur enquête y répondront par l’affirmative. Pour réaliser leur enquête, les membres du BAN n’y sont pas allés par quatre chemins : ils ont tout simplement décidé de tracker par GPS pas moins de 200 objets électroniques envoyés au recyclage. Pour l’établissement de leur rapport, ses instigateurs se sont concentrés sur la géolocalisation de trois types d’électro-ménager en particulier :

  1. les écrans LCD, dont le rétro-éclairage contient du mercure ;
  2. les écrans d’ordinateurs cathodiques ;
  3. les imprimantes.

Sur les 205 objets tracés, 152 ont été directement remis à des centres de recyclage spécialisés. Le reste a été envoyé vers des associations ou des magasins d’occasion. Le but était donc ici de voir ce qui se passe une fois les équipements électroniques obsolètes remis à des entités censées en assurer le recyclage, ou la revente.

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40% des déchets électroniques remis en centre de recyclage finissent exportés

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette petite « embuscade » lancée aux recycleurs américains a opéré dans le sens des révélations. Ainsi, le rapport déplore la pratique de ces exportations sauvages de déchets électroniques occidentaux vers des pays en développement en Asie et en Afrique.

En dépit d’années d’éducation, notamment au sein de l’industrie du recyclage, mais aussi de l’éclairage médiatique apporté aux effets dévastateurs de ces exportations sur les PED, et malgré le développement de certifications en vue de limiter les dommages engendrés, les exportations de déchets électroniques américains continuent à un taux alarmant.

Et pour cause : sur les 205 objets géo-trackés remis à des recycleurs, associations ou magasins, BAN a constaté que 34% étaient envoyés tout simplement vers l’étranger. En ce qui concerne les exportations pures et simples, c’est 93% qui sont expédiées vers les pays en développement, avec un avantage certain pour l’Asie (qui reçoit 87% de celles-ci).

Sur les 152 déchets électroniques remis directement à des centres de recyclage, ce sont 40% qui font l’objet d’exportations (contrairement à 15% pour les objets remis à des œuvres caritatives ou à des revendeurs). Les écrans LCD sont, en outre, les objets les plus à même d’être exportés, avec une proportion de 53% — ils sont aussi les plus toxiques des trois catégories d’objets choisies pour l’étude.

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Les pays en développement, premières victimes d’un trafic illégal

Le rapport publié par le BAN s’est également interrogé sur la légalité de ces exportations-importations d’ordures polluantes. S’agissant là de déchets contenant pour la plupart des produits extrêmement toxiques pour l’homme comme pour l’environnement, il est normal de constater que leurs déplacements sont encadrés par des législations internationales, notamment par la Convention de Bâle entrée en vigueur en 1992, et qui vise le « contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination ».

Sur ce point, force est de constater que les États-Unis continuent d’exporter une grande quantité de déchets électroniques dans l’impunité générale et l’illégalité vers des pays en développement où se forment de gigantesques décharges à ciel ouvert. D’après le rapport, 150 pays seraient concernés par ce trafic illégal. Et parmi les territoires les plus touchés par ces exportations sauvages, on trouve la Chine, plus précisément la région des Nouveaux Territoires de Hong Kong, où la moitié des localisations GPS mènent.

D’après les données GPS récupérées, la région compterait au moins une cinquantaine de décharges différentes. Les travailleurs y passent des journées à démanteler ces déchets électroniques, peu au fait des dangers que cela implique pour leur santé, les réglementations locales étant légères voire inexistantes. Pourtant, les risques liés à l’inhalation de produits chimiques toxiques et à la pollution des nappes phréatiques sont bien réels pour ces populations qui n’ont d’autre horizon que ces montagnes de déchets venus de l’Occident.

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Sources : BAN.org / Environmentalleader.com

Notes

Pour finir cette lecture et comprendre l'ampleur de ce désastre mondial ainsi que ses retombées, je ne saurais que trop vous recommander le visionnage de cet excellent documentaire de Mr Mondialisation sur le « greenwashing » durable :

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