Grèce : Les familles obligées d'abandonner leurs enfants pour qu'ils puissent manger


Des vies et des familles brisées, voilà la réalité vécue par de nombreux Grecs car la crise économique a des conséquences de plus en plus dramatiques sur leur quotidien. Certains parents se voient dans l'obligation d'abandonner leurs enfants dans des orphelinats afin que ceux-ci puissent manger à leur faim.
 
Un bâtiment en briques rouges dans une banlieue riche d'Athènes. Ce foyer accueille des enfants qui ne sont pourtant pas orphelins. Ils sont les victimes oubliées de la crise de l'euro, certainement ceux qui payent le plus lourd fardeau, déposés là par leurs parents qui ne parviennent plus à les nourrir. Ils sont des dizaines dans le même cas, placés dans des orphelinats pour des raisons économiques.
 
D'après cet organisme de bienfaisance, 80 des 100 enfants qui sont logés et nourris y ont été déposés parce que leurs familles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins faute de travail. Du coup, la seule solution qui s'offre à eux est de déposer leur progéniture aux organismes de bienfaisance, le coeur brisé, mais l'estomac rempli.
 
Sans le sou
 
Il faut dire que près d'un tiers des adultes sont au chômage dans le pays, mais même ceux qui ont encore du travail ont du mal à survivre. Les salaires du secteur privé ont chuté de 30% en quatre ans et de nouvelles taxes ont été imposées. Une impasse financière pour de nombreuses familles qui ne peuvent plus acheter de nourriture. D'ailleurs, les cours de gymnastique ne se donnent plus car les élèves sont sous-alimentés et ils sont nombreux à chercher dans les poubelles pour trouver de quoi remplir leur ventre affamé.
 
« Ces situations sont tellement traumatisantes pour les familles. Nous avions l'habitude d'avoir des gens avec un niveau économique plus faible, mais maintenant nous en voyons arriver d'autres qui ont perdu leur emploi et n'ont nulle part où aller » 
, confie Tania Schiza, travailleuse sociale.
 
« On a pu voir un changement majeur dans la société grecque au cours des trois dernières années »
, explique Pavlos Salihos, enseignant et psychologue au sein de SOS Village d'Enfants à Vari.
 
« Nous n'avions jamais de cas comme ça auparavant, c'était juste des problèmes sociaux, mais pas d'une telle ampleur »
Survivre
 
Certains enfants arrivent en si mauvais état qu'ils peuvent à peine parler. D'après une école, un jeune sur six souffre de malnutrition. Un organisme de santé publique estime que les niveaux de sécurité alimentaire en Grèce ont chuté plus bas que ceux de certains pays africains.
 
Les taux de suicide et les problèmes de santé mentale à tout âge ont fortement augmenté au cours des trois dernières années. Pour compliquer les choses, il est de plus en plus difficile pour les organismes de bienfaisance à court d'argent de garder ces centres ouverts.
 
« Les mentalités ont changé et une nouvelle solidarité s'est installée. Mais si cette crise continue encore, comment serons-nous en mesure de prendre soin de tous les Grecs ? C'est une question que beaucoup se demandent, en particulier les parents. »
Par Caroline Albert



Commentaires 2

avatar de Golden Awaken
  • Par Golden Awaken | site 0 0
  • Bonjour le veilleur. Le sujet que tu abordes me tire les larmes des yeux. Je n'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. D'un coté, j'éprouve une énorme tristesse envers ces familles détruites tandis que de l'autre, je ne puis m'empêcher de ressentir un dégout inommable envers ces institutions qui n'ont que pour dieu, la finance et encore je reste poli mais pour combien de temps?. Cette situation ne peut plus durer, que manque-t-il aux peuples pour leur dire BASTA!!! La coupe est pleine et lorsque qu'elle débordera, je vous souhaite, à vous Messieurs Dames politiques ou financiers, des nuits sans sommeil. Juste pour terminer, je vous invite à visionner le documentaire « Quand le FMI fabrique la Misère » au lien suivant : http://ledormeur.forumgratuit.or... Bien Tristement, Golden Awaken.

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Bonjour Golden Awaken, j'ai eu la même réaction de tristesse et d'indignation que toi à propos de cette ignominie. Comme à l'accoutumée, grand silence des médias officiels, qui à mes yeux sont complices de ces atrocités ! Il est également triste de constater que personne ne bougera le petit doigt tant qu'ils ne seront pas directement concernés... Quant aux politiques, quand la coupe débordera comme tu l'évoques, il serait préférable pour eux d'aller se réfugier en lieu sûr dans leur bunker, faute de quoi, Guantanamo leur semblera être un joli camp de vacances en comparaison, ca se jouera à la flamme « bien moyen âgeuse » ! Au plaisir de te relire, le veilleur.

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