Glyphosate : Les « experts » de la Commission européenne financés par Monsanto


Alors que la Commission européenne doit avaliser ou non la prolongation de la mise en vente du glyphosate - la molécule controversée présente dans le Roundup (Monsanto) - dans un vote qui doit avoir lieur les 18 et 19 mai, des preuves de corruption impliquent les lobbys responsables d'un rapport « scientifique » favorable à la vente de ce pesticide.

Ce ne devrait pourtant pas être une surprise, puisque les affinités commerciales de ces « experts » sont consultables dans wikipedia. Dans le cas de l'International Life Sciences Institute (ILSI), l'organisme prétend interdire toute activité de lobbying et annonçait sur son site internet en 2012 que

l'ILSI préconise l'utilisation de la science dans la prise des décisions qui influent sur la santé humaine et l'environnement, mais il ne fait pas de recommandations de politique ni ne chercher à influencer les résultats législatifs à l'égard d'une décision particulière.

Curieusement, les membres de cette entité (qui se présente comme « visant à fournir la science qui améliore la santé publique et le bien-être ») appartiennent principalement à l'industrie agro-alimentaire, à l'industrie chimique, à l'industrie pharmaceutique, au domaine des biotechnologie et « des industries connexes », dont par exemple la cosmétique. On y trouve notamment PepsiCo, Monsanto, Unilever, BASF, Bayer, Nestlé ou encore Syngenta (source) !

Les conflit d'intérêts touchants à eux seuls l'ILSI sont indéniables, et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ne semble pas en reste. Cette organisation qui avance vouloir « Aider à construire un monde libéré de la faim » et aider les pays pauvres et riches à mieux maîtriser leurs ressources, a développé le controversé Codex alimentarius.

En effet, des personnalités médicales pensent que le codex Alimentarius ne sert pas les intérêts des consommateurs mais plutôt ceux des grandes multinationales de l'industrie agroalimentaire, de la pharmacie, de la chimie ou de la biotechnologie, en indiquant par exemple que le codex a permis à au moins huit pesticides interdits (aldrine, dichlorodiphényltrichloroéthane, polychlorobiphényle, endrine, dieldrine, hexachlorobenzène, chlordane) d'être à nouveau autorisés, ou que le codex recommande que le bétail soit traité aux antibiotiques et à l'hormone de croissance commercialisée par Monsanto (source).

Il est donc pour le moins scandaleux que ces organisations aient le moindre droit de parole à la Commission européenne, ou même qu'elles puissent y afficher leur présence.

Le Veilleur

La présidence d’une réunion FAO/OMS sur les pesticides financée par Monsanto

L'International Life Sciences Institute (ILSI), dont l'un des hauts responsables présidait une réunion sur la dangerosité du glyphosate, aurait reçu des « donations » à six chiffes de la part de Monsanto.

Les 18 et 19 mai, la Commission européenne doit se prononcer sur le renouvellement de l’autorisation de l’herbicide. Des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont conclu le 16 mai que le glyphosate, l'un des principaux composant du désherbant Roundup, ne présentait pas de risques cancérigènes pour l'homme par exposition alimentaire.

Le glyphosate ingéré par l’alimentation ne présente pas de risques cancérigènes pour l’homme

, lit-on dans un rapport conjoint qui indique en outre que les insecticides diazinon et malathion ne représentent pas de danger non plus. Pour autant, un scandale a éclaté quand il s’est avéré que l’ILSI, dont le vice-directeur, Alan Boobis, présidait la réunion conjointe de l’OMS et de la FAO, était financé par Dow Chemical et Monsanto, les entreprises qui utilisent le plus le glyphosate, pour s’assurer que la Commission européenne autorise la vente de ce pesticide.

En 2012, l’ILSI a accepté une donation de 500 000 dollars de Monsanto et 528 000 dollars du groupe industriel Croplife International qui représente Monsanto, Dow Chemical et Syngenta. En outre, quelques mois auparavant, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’agence de l’OMS chargée d’identifier les causes de cancer, avait classé le glyphosate comme « cancérogène probable » pour l’homme.

En France, Round-up ne cède pas

Durant l’été 2015, la ministre de l’écologie française Ségolène Royal avait promis qu’à partir du premier janvier 2016 le Roundup ne serait plus en vente libre. Elle envisageait en plus d’interdire complètement l’usage de pesticides aux jardiniers amateurs dès 2022, selon un communiqué diffusé par la ministre de l’Environnement et de l’Énergie en avril 2015. Ces propositions ne semblent, pour l’heure, pas réalistes.

Source rt.com - Introduction par



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