Fukushima : et si le pire était à venir ?


Lors du tsunami dévastateur de mars 2011, au Japon, la centrale nucléaire de Fukushima a été considérablement endommagée, et les scientifiques commencent à peine à mesurer et à prendre conscience des retombées dévastatrices de cette tragédie. Un grand nombre de personnes pensent à tort que le pire est derrière nous, mais oublient, ou ignorent que Fukushima est situé a proximité d'une faille sismique située sur la « ceinture de feu » du Pacifique (wiki), faille très active, et qui continue de générer de nombreux séismes au large de la côte est du Japon (entre autres...).
 
Pire encore, une publication de l'European Geosciences Union datant de 2011, dont les résultats ont été divulgués dans Solid Earth annonce :

« [...] nos résultats démontrent l'existence d'anomalies structurelles similaires sous la zone de la ville d'Iwaki et sous la centrale de Fukushima. »
 
Personne ou presque ne le dit : au coeur de la centrale japonaise dort une « bombe » dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs.
 
C'est une petite piscine - et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d'eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de « désactivation » repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n'est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.
 
Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs

4259812.jpgLes risques d'une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d'un typhon (dont la saison commence fin août) ou d'un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s'écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La mise à l'air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l'atmosphère dix fois plus de radioactivité que l'accident de Tchernobyl, si ce n'est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l'ensemble de l'hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.
 
Sensationnalisme ? Délire catastrophiste de militants antinucléaires ? Malheureusement, non. Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs sérieux qui ont étudié le dossier. Jusqu'en septembre dernier, le professeur Koichi Kitazawa présidait la prestigieuse Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), qui n'est pas, loin s'en faut, une antichambre de Greenpeace. Cette année, il a dirigé une grande commission d'enquête sur l'accident nucléaire de mars 2011.
 
« Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite, raconte cet universitaire respecté. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n'importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays. »
 
Et le scientifique ajoute :
 
« Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s'abatte pas sur la centrale. »
 
Le haut responsable du département de l'Energie sous Bill Clinton, Robert Alvarez a été l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme. Il confirme :
 
« Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s'est propagée à la suite de l'accident de Tchernobyl. »
 
Notons que les explosions à la centrale de Fukushima n'ont libéré qu'un sixième de ce césium émis à Tchernobyl. Autrement dit, la chute de cette piscine, qui selon l'expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l'esprit », pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011. Cette dernière ayant provoqué l'évacuation permanente de 160.000 personnes dans un rayon de vingt kilomètres autour du site atomique, on peine à imaginer ce que « soixante fois plus grave » veut dire.
 
Une radioactivité équivalente à 5.000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima !
 
Un professeur à l'Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, Hiraoki Koide, propose, lui, une comparaison plus effrayante encore, surtout pour les Japonais.
 
« Si le bassin du réacteur numéro 4 devait s'effondrer, assure-t-il, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5.000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima. »
 
A notre connaissance, personne ne l'a contredit. [...]



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