France : Vers la privatisation de la Sécurité sociale sans le moindre débat démocratique


Le gouvernement s'attaque à une conquête du mouvement ouvrier qui remonte à plus de 60 ans. En effet,  en France, la sécurité sociale a été définie juste après la Seconde Guerre mondiale, par le Conseil national de la Résistance (CNR[1].
 
Ce combat mené par nos aïeux dans l'interêt des citoyens, et devenu depuis un droit de la constitution, est en train discrètement d'être bafoué sous nos yeux, et dans l'indifférence générale. Que faudra il encore, combien de droits et acquis va-t-on encore nous voler avant que les dociles moutons que nous sommes ne se décident enfin à se transformer en loups et revendiquer ce qu'il leur revient de droit ? Le veilleur
 
Une pétition dénonce la privatisation de la Sécu
 
Alors que la Sécu ne rembourserait plus que 50% des soins courants.140 personnalités de gauche comme de droite demandent un débat public sur la santé.
 
« Si l'on poursuit dans cette voie, la protection sociale ne prendra bientôt plus en charge que les patients les plus démunis et les malades les plus gravement atteints »
, dénonce les 140 personnalités du monde de la santé et de la politique de gauche comme de droite signataires de cette pétition lancée par le professeur André Grimaldi. Par le biais de cet appel révélé ce dimanche matin en une du Parisien, les auteurs de ce cri d'alarme appellent les usagers et les professionnels de santé à se mobiliser pour arrêter la dérive actuelle qui sonnerait le glas de notre sécurité sociale universelle et solidaire.
 
Les signataires de cette pétition pointe tout particulièrement du doigt la dérive de la prise en charge actuelle.
 
« Nous sommes en train de passer, sans débat démocratique, d'une logique de prise en charge solidaire pour tous à une logique d'assistance pour les plus pauvres et d'assurance pour les plus riches » 
, lancent-ils dans leur appel. Selon eux, depuis dix ans, au lieu de renforcer la lutte contre les dépenses injustifiées et de donner un nouvel élan au service public de l'assurance maladie, le choix a été fait de transférer progressivement la prise en charge des soins courants (les soins hors hospitalisation et hors affections de longue durée ALD) vers les assurances complémentaires.
 
Des mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs privés à but lucratif qu'ils jugent moins égalitaires (tarifs variables et plus élevés en fonction du risque assuré), moins solidaires, et plus chères puisque leurs frais de gestion dépassent souvent les 15% des prestations versées contre moins de 5% pour la Sécu.
 
D'autre part aux yeux des pétitionnaires, l'accord national interprofessionnel de 2013 généralisant les complémentaires à tous les salariés favoriserait également ce processus de « privatisation rampante » de l'Assurance maladie.
 
« De prime abord, cela ressemble à une avancée sociale. En, réalité on habitue peu à peu les Français à souscrire obligatoirement une complémentaire santé. C'est une première marche vers une dissolution de la Sécu obligatoire » 
, confie le Pr André Grimaldi dans les colonnes du Parisien. Tous les signataires de ce texte demandent donc qu'un débat public soit lancé, suivi d'un vote à l'Assemblée nationale.
 
« Nous demandons que s'ouvre un large débat citoyen, suivi d'un vote solennel de la Représentation nationale, sur le choix entre le financement des dépenses de santé par la Sécurité sociale ou par un assureur privé dit complémentaire » 
, conclut la pétition des 140. Source nouvelobs
 
La privatisation, une très mauvaise idée
 
Pour les responsables politiques français, l'effet d'aubaine est majeur : le transfert des cotisations obligatoires de santé vers des cotisations complémentaires pourrait laisser croire que les dépenses obligatoires de la France tendent à baisser. Les cotisations des assurances complémentaires santé finiront par être requalifiées en dépenses obligatoires en pesant à nouveau sur le déficit public.
 
Privatiser la Sécurité sociale est plus qu'une mauvaise idée : les coûts de gestion et les réserves financières obligatoires des assureurs complémentaires induisent de payer ses soins a minima 20% plus chers que s'ils avaient été pris en charge par la Sécurité sociale.
 
En outre, le temps viendra vite où les professionnels de santé seront limités dans leurs possibilités de soins par les complémentaires elles-mêmes qui les contraindront selon les garanties contractuelles et le profil de chaque patient.
 
Au final, non seulement les malades paieront leurs soins plus chers, mais ils perdront l'égalité d'accès aux traitements, les spécificités des contrats prenant le pas sur les principes d'universalité. De plus, l'activité de médecine de ville finira par être transférée vers l'hôpital mieux remboursé et les dépenses de santé continueront donc à se dégrader. Privatiser la Sécurité sociale ne fera que peser sur la dégradation des comptes publics.
 
Si on y rajoute les surcoûts et la rupture d'égalité de soins pour les malades, la perte d'indépendance pour les professionnels de santé, la voie de la réduction de l'accès aux soins de ville s'avère une mauvaise opération à moyen terme.
 
Source huffingtonpost - article complet
 
Notes
 
[1] Selon l'ordonnance du 4 octobre 1945 :
 
« art. 1er - Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu'ils supportent. »
La Sécurité sociale figure explicitement dans le préambule de la constitution de la Quatrième République française qui :
 
« garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs » (alinéa 11). Source wikipédia



Commentaires 3

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Où commence la dictature et la tyrannie d'un gouvernement envers la nation ? En général par prendre des décisions unilatéralement au profit d'un dessein ou projet n'entrant pas dans le cadre législatif normal d'un pays et/ou contraire aux intérêts généraux d'une nation. On s'en aperçoit lorsque l'on peut lire que la gestion de caisses de retraites privées sera dorénavant confiée à des fonctionnaires qui y termineront leur carrière --- lettre mensuelle de la CARMF n°35 juin 2013 page 3 --- CARMF caisse autonome de retraite des médecins français. On peut constater qu'il existe depuis un certain temps une volonté de remplacer progressivement la sécurité sociale par les organismes privés tout en maintenant le contrôle des fonds gérés par ces caisses afin de pouvoir les ponctionner à loisir. Cet article n'est donc que la confirmation d'un projet mûri depuis un certain temps.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • En fait, il suffit d'étudier le modèle américain, la France s'en inspire , car il faudra bien leur ressembler une fois que le pacte transatlantique aura été ratifié...

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Ça c'est le drame de la France qui s'inspire du pire au lieu de développer le meilleur comme antan. C'est ainsi que notre pays se dégrade en suivant et non plus en ouvrant le chemin. La flamme de la statue de la liberté s'est éteinte depuis bien longtemps, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'est plus qu'un souvenir qui s'efface dans le temps, la Marseillaise n'a plus de sens car plus de réalité et notre belle langue s'est noyée dans les anglicismes et arabismes. Quand à la France, nos petits et arrières petits enfants diront un jour : Et c'était où ce pays merveilleux ? Est-ce qu'il a vraiment existé ? Et que sont devenus ses habitants ? Que répondre à cela si ce n'est : « Oui il a vraiment existé et les vrais français ont dus s'installer ailleurs dans le monde, les autres sont devenus gros et gras, avachis dans leur petit conformisme, envieux et méchants à se faire procès sur procès pour un oui ou un non, ils se sont américanisés ! »

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