France : Scénario catastrophe d'un séisme et d'un tsunami sur Marseille


Des spécialistes européens de la sécurité civile se sont entraînés, entre Fos et Aix, lors d'un scénario catastrophe mais « pas si fou que cela » : un séisme provoque un tsunami sur Marseille et des dégâts monstres dans l'arrière-pays.
 
Vous n'avez rien ressenti, jeudi en fin d'après-midi. Pourtant, dans le scénario catastrophe auquel est confrontée, depuis vendredi et jusqu'aujourd'hui, la centaine de sauveteurs des sécurités civiles de cinq pays européens - ainsi que des pompiers du SDIS 13 et de l'école nationale supérieure des officiers des sapeurs pompiers (Ensosp).  Marseille et son arrière pays vitrollais et aixois ont connu le premier jour du reste de leur histoire et ont été propulsés à l'ouverture des journaux télévisés du monde entier. Un puissant séisme, au large, a fait trembler le littoral méditerranéen, et provoqué un tsunami qui a déferlé sur Marseille, tuant 553 personnes, en blessant 4528 autres. Plus de 400 personnes ont disparu.
 
« Cette éventualité, pour la région, n'est pas si folle »
 
Hop hop hop ! Pas de panique ! Tout ceci n'est qu'un exercice volontairement exagéré afin de pousser les acteurs dans leurs retranchements.
 
« Quand la sécurité civile déboule c'est que ça va mal, que l'on doit prendre en charge tous les effets secondaires d'une catastrophe type séisme. Cette éventualité, pour la région, n'est pas si folle, a priori pas à un niveau tel, mais tout de même, ça n'est pas si fou »
, confie le capitaine Franceschi, responsable de l'équipe de la sécurité civile de Brignoles, durant cette simulation d'envergure, bon pied bon oeil (ouvert) depuis vendredi, 6 h 30, soit 52 heures sans sommeil au moment de notre rencontre, hier matin !
 
Il faut dire que tout s'est bousculé à l'annonce d'un tel séisme, de conséquences humaines dramatiques, et que le mécanisme européen de protection civile - qui s'étoffe un peu plus à chaque exercice de ce genre - est monté en puissance... Et là ça n'avait plus rien de fictif !
 
Interopérabilité et autosuffisance
 
Vendredi, dans la journée, et après plusieurs heures de route, une centaine de secouristes a établi son camp à l'Ensosp aux Milles. Plusieurs dizaines de spécialistes donc, à bord d'une quarantaine de véhicules notamment un engin purificateur d'eau (Danemark) capable de rendre potables 38.000 litres par jour (pour 19.000 personnes, à raison de deux litres par jour et par personne), un module de pompage haute capacité (Autriche), deux véhicules français et italiens « NRBC » (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique), ainsi qu'une assistance technique finlandaise.
 
« On teste l'interopérabilité de nos équipes, l'autosuffisance de chacune d'elles (chaque pays est autonome en couchage, sanitaire et alimentation, Ndlr), la compatibilité des matériels mais aussi les contacts avec les autorités »
, analyse Richard Biagioni, directeur du pôle de compétitivité « Risques », organisateur de l'exercice qui a été commandé par la commission européenne et dont la société Falck (Danemark) a remporté l'appel d'offres.
 
Les secouristes ont tout eu
 
Et pour démontrer que la mayonnaise commence à bien prendre entre les partenaires de l'UE, rien ne leur a été épargné ! Samedi, c'est au chevet d'un complexe pétrochimique à Fos-sur-Mer, représenté en l'occurrence au CIREEX (le Centre de formation du SDIS 13 pour la lutte contre le risque industriel), que les secours se sont portés.
 
« Les sites pétrochimiques de l'Étang de Berre, seraient, avec la solidité du barrage de Bimont (à Saint-Marc-Jaumegarde), les deux endroits les plus sensibles à la suite d'un séisme dans la région »
, estimait le lieutenant-colonel Faure, de la direction du SDIS.
 
Là, les secouristes ont tout eu : problèmes d'alimentation en eau, cuves et autres tuyauteries fragilisées par le séisme, fuites gazeuses, liquides aussi, de produits dangereux, comme l'acide cyanhydrique, qui provoquent des nuages toxiques néfastes pour la population et qui s'incrustent aussi dans le sous-sol... et pour clôturer la journée, une réplique du séisme !
 
Les rebondissements ont plu
 
« Ce second événement a chamboulé les priorités de nos élus locaux (fictifs toujours !) et de la chaîne de commandement »
, expliquait Richard Biagioni. Du coup, le gros des effectifs s'est rendu dans le village de 2000 âmes lourdement touché par la réplique, représenté pour l'exercice sur le plateau technique de l'Ensosp. Là, les rebondissements ont plu comme à Gravellote : accident de véhicules transportant des produits toxiques, fuite de gaz, effondrement d'un mur et qui dévoile un obus, finalement inoffensif etc.
 
Après un programme haletant de trois jours non-stop et après avoir éprouvé leurs méthodes et leur partenariat, nos amis européens devaient languir de regagner leurs pénates...
 
Par Romain Capdepon

Note du veilleur
 
Ne prennez pas cette information à la légère, car les autorités prennent de leur coté ce risque au sérieux. Même si les tremblements de terre sont assez rares en France, il n'en a pas toujours été ainsi (wiki). La France connaît environ 1.500 séismes de faible intensité chaque année, mais un tremblement de terre plus important n'est pas à exclure. Par exemple, le 11 Juin 1909 un séisme majeur d'une magnitude de 8.5 s'est produit à Lambesc en provence ! (lien)
 
Il en est de de même pour les tsunamis :
 
« La France Métropolitaine a connu des tsunamis de faible amplitude en 1564 et 1887 sur la côte d'Azur, en 1755 sur la façade ouest de la Corse et en Atlantique suite au séisme de Lisbonne, en 1846 sur la région de Marseille et en 1986 aux Saintes-Maries-de-la-Mer. En 1979, l'effondrement d'une partie du remblai de l'aéroport de Nice (construction d'un port de commerce) génère un tsunami local inondant les quartiers de la Garoupe et de La Salis à Antibes, atteignant à La Salis une altitude 3,5m. Plus récemment, le 21 mai 2003, le séisme de Boumerdès-Zemmouri (Algérie) a généré un tsunami affectant les côtes françaises de la Méditerranée, générant la perte de plusieurs embarcations. Il a notamment affecté les ports du Lavandou, de Fréjus, de Saint-Raphaël, de la Figueirette, de Cannes, d'Antibes ou encore de Menton. » wiki
Traversée de failles, la Méditerranée a déjà connu des raz-de-marée meurtriers. Le phénomène pourrait se reproduire, d'après des experts. Le risque de tsunami existe en Méditerranée. « A partir du moment où l'on a une activité sismique et un plan d'eau, le risque de tsunami existe et il n'est pas négligeable ». (Michel Villeneuve, géologue français à l'Université de Provence)
 
En Méditerranée, « le moteur sismique est la zone de subduction entre la plaque africaine et la plaque eurasienne, qui se situe sous l'Atlas nord-africain, du Maroc jusqu'en Tunisie et se prolonge en mer jusqu'au nord de la Sicile », précise ce géologue. En Grèce, il existe une faille « semblable à celle de Sumatra, qui va de la mer ionienne jusqu'à Rhodes », selon le sismologue grec Vassilis Papazahos. Elle fut à l'origine en 365 d'un tsunami qui a fait des dizaines de milliers de morts jusqu'en Sicile et en Egypte. source Tf1 (oui je sais...)
 
Liens connexes
 
 • http://www.slate.fr/story/40823/prochain-seisme-france
 • http://www.risquesmajeurs.fr/le-risque-sismique
 • http://www.franceseisme.fr/
 • http://www.afps-seisme.org/index.php/fre/Seismes/Derniers-seismes/Derniers-seismes-en-France...
 • http://www.sisfrance.net



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