France : Panique chez plusieurs groupes de presse qui ont perdu les coordonnées de leurs abonnés


Il y a des jours comme ça ou le hasard vous réserve certaines petites surprises agréables. Ce n'est visiblement pas le cas pour de nombreux clients moutons payant un abonnement pour bénéficier de la lecture de torchons numériques mainstream.

En effet, un problème informatique auprès de leur prestataire visiblement incompétent empêche certains médias officiels tels que Les Echos, Le Figaro, Le Point ou Valeurs Actuelles d'accéder aux informations de la base de données de leurs abonné(e)s. Cerise sur le gâteau, le prestataire de services en question ne semble pas avoir de sauvegardes disponibles. Juste hallucinant, c'est le B-A BA en informatique !

Lobotomisation et propagande font donc une petite pause forcée ;-)

Mise à jour du 23/06 : C'est confirmé, plus de 40 % des titres de presse français, dont le Figaro, les Echos, le Point, Valeurs actuelles, Altice Media ont perdu toutes les données sur leurs abonnés (voir en bas de page).

Le Veilleur

Où sont passées les coordonnées de leurs abonnés ?

La défaillance du prestataire GLI plonge la moitié des groupes de presse français dans l’incapacité de facturer et gérer leurs abonnements. A l’aube des vacances d’été, période durant laquelle de nombreux lecteurs modifient leurs adresses d’envoi, les services diffusions et marketing des Echos, du Figaro, du Point, de Valeurs Actuelles sont fortement impactés et redoutent pire encore : la perte définitive de ces coordonnées.

Plus de la moitié des groupes de presse français (Le Figaro, Les Echos, Le Point, Valmonde – Valeurs Actuelles…) sont dans l’incapacité, depuis deux jours, de facturer leurs abonnements et auraient peut-être, en raison de la défaillance d’un de leurs prestataires (spécialisé en gestion d’abonnements), perdu les coordonnées de ces derniers. C’est un véritable vent de panique qui souffle dans les services diffusions et abonnements essentiellement parisiens depuis la fin de matinée aujourd’hui, mercredi 22 juin.

En effet, le groupe GLI, basé à St-Ouen et dirigé par Gilbert Libermanas et Pierre Hernandez, aurait identifié le problème informatique dès dimanche soir, et ne serait pas parvenu à le résoudre depuis, malgré l’intervention de leur prestataire informatique – une des multinationales du secteur, selon nos sources. A quelques jours du début des vacances d’été, l’impact est encore plus significatif puisque de nombreux abonnés font modifier leurs adresses d’envoi de leurs quotidiens ou magazines préférés. Les services clients qui gèrent ces abonnements par téléphone ne sont pas affectés mais, comme en témoigne l’impression écran du Figaro de ce jour, il est impossible d’accéder au service abonnement.

Le vent de panique s’explique d’autant plus que ces mêmes directeurs de la diffusion ont découvert à cette occasion que ni GLI, ni eux-mêmes, n’auraient de backups de ces données abonnés qui seraient pour l’instant, « quelque part mais on ne sait pas où », selon l’un d’eux que nous avons pu interviewer.

Comment « expliquer » une telle négligence alors même que l’un des véritables « actifs » de ces groupes de presse est précisément leur base abonnés : le métier de la gestion d’abonnements est à la fois un petit marché, très concurrentiel, et qui s’est surtout fortement concentré ces dernières années à la suite de nombreux dépôts de bilan et rachats successifs (Presse informatique, GLI, WDM et Arvato en ont longtemps été les principaux acteurs).

La pression réelle sur les prix d’achats de prestations auprès de ces groupes, opérée par des groupes de presse eux-mêmes en recherche de rentabilité, a-t-elle amené GLI à méconnaître des règles de sécurité ou à différer des investissements qui auraient été nécessaires ? Les jours qui vont suivre permettront certainement d’éclaircir cette question qui n’occulte pas la responsabilité ou la « candeur » des services diffusions qui, à l’instar de nombreuses sociétés n’ont pas la culture de la sécurisation des données en interne. Le groupe GLI était injoignable cet après-midi.

Mais cet évènement pourrait bien faire quelques heureux : Vivetic ou CCA International, par exemple, prestataires spécialisés en gestion d’abonnements et BPO (Business Process Outsourcing) qui ne risquent pas, eux, de chômer les prochains jours : Vivetic (installé en France à Pantin et Madagascar) et CCA International (qui a racheté DataBase Factory), offrent tous deux un « one stop shopping » sur ces métiers : centres d’appels, facturation des abonnements, gestion des paiements et du recouvrement. Anne Laratte, la dirigeante de Vivetic, confirmait cet après-midi même avoir été sollicitée par… de nombreux groupes de presse.

Par Jeanne-Esther Eichenlaub et Manuel Jacquinet - Source en-contact.com

Mise à jour (23 juin)

C'est confirmé, plus de 40 % des titres de presse français, dont le Figaro, les Echos, le Point, Valeurs actuelles, Altice Media ont perdu toutes les données sur leurs abonnés

Et il semble à ce stade, sauf miracle, qu’elles le soient définitivement. Lagardère Médias, Bayard presse, Mondadori et quelques autres rescapés, qui gèrent leurs abonnement en interne ou chez d’autres prestataires ne sont pas concernés. La perte d’image, financière et dans la qualité de la relation client avec ces mêmes abonnés risque d’être considérable.

C’est un tsunami, une perte énorme et incompréhensible, un peu comme si un opérateur télécom venait à perdre sa base d’abonnés

déclare un des directeurs du marketing et de la diffusion d’un groupe de presse non concerné, qui ne s’explique pas lui non plus comment cet incident a pu arriver et provoquer une telle perte, laquelle s’annonce à ce stade comme définitive. Chez GLI, la société qui opérait la gestion globale des abonnements, on recherche depuis dimanche, comme nous l’annoncions hier … ces données.

Les données abonnés des titres concernés ,parmi les plus importants de la presse quotidienne et économique en France ,auraient été sécurisées et « backupées » sur les mêmes serveurs que ceux d’origine, ce qui rend leur récupération impossible. A ce stade, il est impossible de savoir si la perte de ces données résulte d’une dégradation accidentelle ou volontaire de ces serveurs.

Dans les faits, ceci signifie que les coordonnées téléphoniques, les rib, les dates d’échéance des abonnements sont perdues et qu’il est impossible même de recontacter ces abonnés.

Suite de l'article



Commentaires 2

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Et pan dans la g...le ! Pour l'informatique. Mais pourquoi c'est pas arrivé à l'URSSAF, Bercy , le RSI et tous ces organismes « ficheurs » de gens et (censuré) ? Un bon gros RAZ et retour au carbone et à la machine à écrire.

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Arf, ces entreprises que tu cites, comme bien d'autres, ont des niveaux de sécurité pitoyables sur le point informatique. Une poignée de hackers anti-système en viendrait à bout rapidement et pourraient effectuer un « grand reset » mondial en quelques semaines. Si seulement...

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Faits divers Internet »