France : Les séismes de la région de Pau ne seraient pas naturels


Cet article fait suite à l'envoi d'un message d'une de nos amies du site.  L'objet de ce message semblait des plus anodins, jusqu'au moment où, à force d'aller en profondeur je suis tombé sur une info improbable, du moins en rapport avec le sujet. Entre temps, j'avais ameuté du monde dans la région, lorsqu'une source m'informe d'un détail qui allait faire toute la différence.
 
Tout le monde sait que depuis un certain temps, la région de Pau, Orthez et Lourdes, dans le Pyrénées-Atlantiques, est le théâtre d'essaims sismiques relativement élevés en termes de magnitude. Les analyses géologiques des différents centres qui contrôlent le secteur départemental, ne sont curieusement plus à jours, du moins pour les plus importants domaines, depuis la fin du premier trimestre 2012.
 
Selon les témoignages de plusieurs localités, un point noir entache la région, « Lacq ». Toutes mes investigations ont débuté par la recherche sur cette localité, jusqu'à la lecture d'un article du journal Le Monde. Daté du 15 décembre 2012 (1) surtout le dernier paragraphe « circonstances coïncidentes » a éveillé mon intérêt :
 
« Reste un point commun au gaz de Lacq et au gaz de schiste, que Michel Rocard en revanche n'a pas évoqué : les mini-séismes. (...) Quand vous changez la pression du fluide dans un sous-sol, vous en modifiez les contraintes, et êtes confrontés à une sismicité induite », indique l'universitaire palois. « A Lacq, les secousses enregistrées n'auraient jamais dépassé la magnitude 4. ». 
Avec ça, la messe était dite ! Mais l'auteur de l'article refrappe une nouvelle fois sur le clou en disant, je cite :
 
« A Youngstown aussi, petite ville industrielle américaine de l'Ohio, des secousses sismiques de magnitude allant de 2,1 à 4 ont été enregistrées. Une douzaine entre mars 2011 et mars 2012. Selon un rapport du département des ressources naturelles de l'Etat, rendu public le 9 mars 2012, des « circonstances coïncidentes » montrent que l'exploitation locale des gaz de schiste les aurait provoquées. ».
La question s'imposait d'elle-même par rapport à  « ... changez la pression de fluide ... », alors pourquoi un changement de pression ou changement de fluide ? Puisque nulle part, il est question d'exploitation de gaz de schiste à Lacq mais seulement l'extraction de gaz. Or et là où ça devient intéressant c'est que l'installation appartient à Total, à la recherche du rapport entre Lacq et Total, on aboutit à tout autre chose, à voir plus bas. Mais lors de mes recherches, je suis tombé sur des anomalies  qui suscitent aussi pas mal de questions :
 
1° Si il y a exploitation de gaz, il y a forcément création de cavités, or le recensement des cavités quel que soit le type (industriel), n'en reprend aucune pour tout le département, y compris Lacq d'après le BRGM, dernière mise à jour, 09/01/2013
 
2° Il en va de même pour les mouvements de terrains Lacq ne figure pas dans la liste. Mis à jour le 28/06/2012.
 
3° Quant aux retraits et gonflements des argiles, là, on retrouve entre la localité et le site d'exploitation, un aléa moyen au raz de l'exploitation.  Mise à jour 13/03/2013. A la recherche de données, il s'agit d'un gonflement, comment une extraction peut-elle conduire à un gonflement, en l'occurrence de 23,73cm !!
 
Donc la question de rapport entre Lacq et Total ajouté à cela le gonflement des argiles mais absence de mouvements de terrains et l'absence de cavités (industrielles), était impondérable. La réponse est que Total expérimente le « Captage-Stockage de CO2 » et ce, depuis janvier 2010 (2). Et pendant deux années consécutives, il en sera injecté 120.000 tonnes à 4500m. D'après la société, c'est le premier site en Europe et le deuxième au monde, l'oxycombustion n'a jamais été testée à cette échelle et selon RTFlash (3) partenaire de Total ce serait un procédé prometteur dans la réduction des émissions de CO2. C'est la première fois qu'il est stocké dans un « gisement épuisé », or on parle là en 2010, mais en novembre 2012 Total exploite toujours  2.5 millions de m3 de gaz par jour ! L'image d'illustration parle d'elle-même et fera mieux comprendre le risque encouru par la population. Source Le Figaro merci à lui.
 
Quels risques ? Des séismes déjà l'extraction du gaz posait problème, l'injection de CO2 aussi, on le verra par après, mais la combinaison des deux procédés, c'est vraiment du délire ! Le Figaro le révélait dès juin 2012 (4), le stockage géologique du CO2 à grande échelle provoquerait des séismes. Les  géophysiciens Mark Zoback et Steven Gorelick de l'Université de Stanford, ont démontré en citant le cas de séismes de magnitude faible à modérée (3 à 5,3) provoqués par l'injection dans le sous-sol, à plusieurs kilomètres de profondeur, d'eaux usées à forte pression mélangées ou non à du méthane. Ils signalent que plusieurs incidents de ce type sont survenus aux États-Unis au cours de la seule année 2011. Cela équivaut pour la fracturation cela dit au passage. Donc la combinaison des deux procédés accentue le risque d'explosion et de séisme tout aussi important que pire.
 
D'autre part, voici les deux fiches « d'inventaire historique de sites industriels » établies par le BRGM pour Total à Lacq. La première, immatriculée : AQI6400305 (5) date du 23/10/1951 pour « forage pétrolier » site réhabilité en 2004, et le site n'a pas été visité. La seconde immatriculée : AQI6402171 est créée en 2004 au regard des indications reprises sur cette fiche, vous verrez par vous-même les incohérences comme date de début d'activité 21/10/1955, qu'il s'agit d'une station-service, site non visité, etc, etc.
 
Je n'en dirai pas plus, mais je reste persuadé que les gens pourvu d'un peu de réflexion, se feront une opinion appropriée quant aux risques encourus, et ce dans le seul but de ne pas être taxé comme à l'accoutumée, de catastrophiste !! Certains sites dits d'exploitation de gaz de schiste ne seraient-ils pas ce type d'enfouissement ?
 
Par Eagleeyes sur les moutons enrages
 
Notes
 
(1) Gaz de schiste, gaz de Lacq : les erreurs de Michel Rocard et de François Fillon
(2) Captage-stockage de CO2 : le pilote industriel de Lacq
(3) L'oxycombustion : un procédé prometteur pour réduire les émissions industrielles de CO2
(4) Le stockage géologique du CO2 provoquerait des séismes
(5) Fiche détaillée : AQI6400305
(6) Fiche détaillée : AQI6402171
 
Autres documents
 
 • Le stockage du CO2 serait viable... mais pas à grande échelle
 • Image du sous sol de Lacq



Commentaires 2

avatar de Rafales
  • Par Rafales 0 0
  • Je ne voudrais pas jouer les rabats joie mais enfouir le gaz carbonique n'est-ce pas une aberration! car si je me souiviens bien le co2 ou gaz carbonique est composé de 1 atome de carbonne pour 2 atomes d'oxigene donc plutôt que de chercher des solutions pour transformer le co2 en carbonne et oxigene on préfère l'enfouir, ou est l'interret

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Tout à fait ! D'autant plus que les hypothèses selon lesquelles l'enfouissement de co2 génère des séismes semblent se confirmer ! Sans parler du fait peu médiatisé que les rejets humains en co2 sont minimes comparés aux rejets naturels, encore une histoire de fric... Quelques liens : http://www.energiesactu.fr/afp/u... et http://www.lapresse.ca/environne...

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